Une photo vintage pasée sous photshop dans les tons bleus et roses

Miniverses et quatrième espace : la revanche du physique sur le virtuel

© PSD Smart Object

Né des algorithmes et des communautés en ligne, le concept de « quatrième espace » marque le retour du virtuel vers le tangible. Cette nouvelle typologie de lieux incarne physiquement nos cultures de niche pour recréer du lien social et des rites partagés au-delà des écrans.

On connaissait le tiers-lieu, ces espaces de socialisation qui ne sont ni la maison, ni le travail, théorisés par le sociologue américain Ray Oldenburg. Dans son livre Cracker l’Algorithme, le dirigeant d’agence de pub et spécialiste des réseaux sociaux Laurent François esquisse une nouvelle typologie de lieux, le « quatrième espace », sorte d’incarnation réelle des communautés virtuelles. « Le quatrième espace naît d’interfaces, d’algorithmes, de communautés en ligne, mais aspire à produire des effets concrets dans le réel comme des rencontres, des événements, des projets, voire des rites partagés », définit-il dans son ouvrage.

Internet « post-naïf »

Il cite pour exemple la communauté autour de Banh Mi Media. Le média associatif s’est d’abord structuré en ligne autour de récits et contre-récits sur la culture asiatique. Puis il a transposé ces liens dans le monde réel à travers des évènements physiques réguliers : salons de thé militants, talks culturels, dîners communautaires, soirées, festivals.

Ce concept fait écho à celui de miniverses, développé par les analystes du studio de recherche et stratégie berlinois co-matter. Dans un internet « post-naïf », expliquent-ils, les créateurs internet ne construisent plus des métavers - de nouveaux environnements pour notre existence digitale - mais se concentrent plutôt sur des miniverses, tournés vers des besoins spécifiques. Ceux-ci ont pour spécificité de reposer sur des communautés, y compris physiques, soulignent les analystes.

Ils prennent pour exemple Trust, un réseau créatif et critique de « conspirateurs utopiques ». Leur activité se déroule principalement sur Discord, à raison d’une adhésion de 15 euros par mois. L’association partage également un espace de coworking à Berlin où ils organisent des événements, qu’ils retransmettent sur Twitch. Une gouvernance hybride qui répond à une double exigence : une hyperpersonnalisation communautaire pour une génération biberonnée aux cultures de niches et la reconstruction d’un lien physique, dans une époque où la solitude est devenue un enjeu de santé publique.

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