habillage
premium1
habillage
actu_19839_vignette

Internet des Objets : les français sont dans la course

Le 16 janv. 2014

Selon Havas et CSA, la France a de gros atouts sur le marché de l’Internet des Objets. Pour autant, un soutien des gouvernements européens serait nécessaire pour garder une longueur d'avance.

Havas Media et CSA ont présenté hier une étude sur la perception des Français quant à l’Internet des Objets. Il apparait que la France, qui compte de nombreuses start-ups positionnées sur l'IoT (Internet of Things), n'a pas à rougir de la Silicon Valley. On pourrait notamment citer la société Sen.se qui a créé Mother, une sorte de poupée russe ultra-connectée (primée au CES 2014 de Las Vegas) ; Optinvent et ses lunettes intelligentes à réalité augmentée ; AKKA Technologies et LINK & GO, la première voiture connectée qui n’a pas été conçue par un constructeur automobile; aldebaran robotics et son petit robot multitâches nao, équipé de capteurs et de caméras, et capable d’attraper des éléments ; Withings qui conçoit des objets connectés pour le bien-être et la santé comme un capteur permettant d’améliorer le sommeil ; Parrot, concepteur de drones insectoïdes passe-partout ; ou encore d’autres comme MFG Labs qui sont à la toute pointe des algorithmes.

Des sociétés qui, pour la plupart, étaient présentes au CES 2014, le salon qui cette année a recensé pas moins de 20% de français sur l’ensemble de ces concepteurs. Selon, Mathias Herberts, fondateur de CitiZen Data et concepteur du T-Shirt connecté présenté au CES 2014, les français étaient à la pointe de toutes les tendances remarquées pendant le salon à savoir l’IoT autour de la santé, des enfants (émergence de la tablette), des drones, du 3D printing, du son et de la video.

Dans ce contexte, Havas Media, en collaboration avec CSA a réalisé une étude exclusive sur le niveau de connaissance et de perception des objets connectés par les Français (internautes 15/49 ans). Il apparait que les français sont incollables sur le sujet. L'IoT est entré dans leur quotidien : 81% des internautes interrogés en ont déjà entendu parler et ils sont 55% à savoir de quoi il s'agit.
Quand on demande aux interviewés quels sont les objets connectés déjà commercialisés, la montre connectée, annoncée par certains fabricants via des spots TV occupe la tête du classement (71% des interrogés pensent, avec juste raison, qu'elle est déjà commercialisée), suivie par la voiture connectée (62%). La perception est dans certains cas en avance par rapport à la réalité. En effet, les internautes interrogés pensent que certains objets sont commercialisés alors qu'ils ne sont pas encore diffusés auprès du grand public.

La voiture suscite un réel engouement puisque on la retrouve en première position du classement (61%) des objets selon l'intérêt suscité, la montre (49%) arrive en second suivie du réfrigérateur (48%). En termes d'intentions d'achat, la montre arrive en tête (31% d'intention), suivie par la voiture (27%) et le bracelet (27%).

L'étude met aussi en évidence la crainte des internautes de voir ces objets et les data que l'on peut en tirer, porter atteinte au respect de leur vie privée. 78% d'entre eux le pensent et ce pourcentage est plus élevé chez les plus jeunes (83% sur les 15/29 ans). Néanmoins, ces craintes ne constituent pas un obstacle à l'enthousiasme. Les avis sont plutôt positifs : 78% des personnes interrogées pensent que les objets et les services associés leur permettront de trouver leurs informations numériques n'importe où et n'importe quand, 75% estiment que ces objets sont synonymes de progrès et 71% pensent qu'ils leur faciliteront la vie.

Ce nouvel univers représente donc un réel potentiel pour les marques : mieux connaître leurs consommateurs, appréhender les usages, à condition cependant d'établir une relation basée sur le fairplay. Il s’agit de s’inspirer de la méthode du trade-off, à savoir trouver le bon équilibre entre ce que l’on donne et ce qu’on reçoit en terme de données.

 

Présent à la conférence, Luc Bretones, à la tête du Technocentre d’Orange, a néanmoins fait part de la nécessité de définir une stratégie industrielle et européenne sur le marché de l’IoT, un marché qui tend à se développer de manière exponentielle cette année. Si les USA, la Chine et la Corée du Sud ont déjà investi des sommes considérables pour rester dans la course des objets connectés, la France est aujourd’hui à la traine et il serait dommage de prendre le train en retard comme cela s’est déjà produit par le passé sur le marché des Smartphones et des tablettes. D’autant plus dommage que la France regorge d’excellents ingénieurs, traqués jusque dans la Silicon Valley et la présence de nombreuses start-up aux CES 2014  ne fait que le confirmer. Pour autant, devant le peu d’intérêt exprimé par les gouvernements européens, ces inventeurs auront tendance à vendre leurs brevets aux Etats-Unis.  

Adrien de Blanzy - Le 16 janv. 2014

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.