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Inside Cannes : Lions Health

Le 24 juin 2015

La semaine dernière, en amont des Cannes Lions, se tenait le festival des Lions Health. Thomas Derouault, directeur de création chez Havas 360 et juré, nous présente l’événement en détail. Interview.

Vous avez été juré durant les Lions Health. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Thomas Derouault : Je suis le Directeur de Création d’Havas 360. Tous les ans, le festival invite un certain nombre de jurés français à participer. Quand on m’a demandé de participer aux Lions Health, qui ont été créés l’année dernière, j’ai trouvé ça intéressant. Nous avons plusieurs clients de cet univers : Mercurochrome, Roche Diagnostics… C’était super de vivre cette immersion, de voir plein de campagnes pendant une semaine. Le jury était composé pour moitié de gens qui travaillent spécifiquement sur des sujets santé, dans des agences spécialisées. Il y a deux catégories au sein des Lions Health : une catégorie « pharma », qui concerne les communications à destination des professionnels de la santé et les produits disponibles sur prescription. C’est très réglementé. De mon côté, j’étais dans la partie « Health & Wellness », qui concerne les produits qu’on peut acheter sans ordonnance, les campagnes de sensibilisation et les produits d’hygiène.

 

Pourquoi est-il nécessaire de créer un événement dédié à la santé ?

T. D. : Je pense que cela vient en partie de la régulation particulière du secteur. De plus, la volonté de ces sujets est le bien-être des gens, et dans une plus large mesure de l’humanité. Nous traitons des sujets d’importance qui méritent d’être mis en exergue. Par ailleurs, quand tu fais partie d’un autre jury, tu te sens toujours un peu désolidarisé quand tu donnes une mauvaise note aux campagnes des grandes causes. De les juger les unes par rapport aux autres ça évite ce sentiment. Enfin, la santé représente une grosse partie des budgets de communication. Ça vaut le coup d’avoir un festival dédié : il ne s’agit pas juste des remises de prix mais aussi des conférences sur le sujet et des rencontres que tu y fais.

Y a-t-il autant de créativité dans le secteur de la santé qu’ailleurs ?

T. D. : Ca dépend. Sur certains sujets, il y a de grosses réglementations qui peuvent limiter la créativité. Pour les médicaments par exemple, c’est plus compliqué : jouer avec les contraintes peut être un challenge, mais les autorités de régulation laissent moins de libertés.  Les grandes causes en revanche sont de véritables sujets d’expression pour les créatifs. On peut faire des choses ambitieuses, spectaculaires.

Un mot sur les résultats de cette année ?

T. D. : Nous avons eu tendance à récompenser les campagnes humanistes. Les marques deviennent des acteurs bienveillants au bénéfice de l’humanité. Ca plait, on s’y tourne assez facilement. La plupart des gens veulent faire le bien. A l’instar de la campagne « Intimate Words », d’Always : la marque a réuni des linguistes, des médecins et des habitants d’un village au Mexique pour élaborer un langage autour des organes féminins… qui n’existait pas jusqu’alors. Les femmes appelaient tout « le ventre ». Cette campagne transcende le média, c’est un héritage qui sera transmis. La portée est fantastique… Et cette portée se retrouve dans d’autres campagnes : Samsung, en Tunisie, a développé une application pour aider les victimes d’Alzheimer ; le Hair Fest propose aux metalleux  de se couper les cheveux pour faire des perruques… Il y a aussi eu des choses plus ludiques : la campagne Nivea avec les poupées qui prennent des coups de soleil a très bien fonctionné, à l’instar de Sport Active, qui célèbre les femmes qui font du sport sans forcément nous montrer des athlètes. Je pense que le palmarès ne sera pas récompensé qu’en santé : il s’en dégage une tendance de bienveillance de la part des annonceurs. Ce sont des campagnes qui ont du succès, elles ont quelque chose à offrir au consommateur et veulent rendre la vie un peu meilleure.

 

Le secteur de la grande consommation doit-il s’en inspirer ?

T. D. : Dans le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui, tu peux te faire détruire ton image de marque par un tweet bien placé. Celles qui sont généreuses et qui offrent quelque chose à l’humanité ont beaucoup à gagner. Nous avons beaucoup parlé de trace écologique ces dernières années. Je pense qu’aujourd’hui la trace sociale va devenir un vrai critère d’appréciation des marques.

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