deeptech

Grands groupes et startups : un cercle vertueux

Le 4 avr. 2017

Intelligence artificielle, impression 3D d’organes, LiFi… les innovations deep tech de certaines startups cassent les codes de nombreux secteurs mais manquent de financement et d'accompagnement. Une opportunité à saisir pour les grands groupes.

La deep tech est une innovation de rupture fondée sur des avancées scientifiques difficiles à reproduire et qui repoussent les frontières technologiques. Elle contribue à bouleverser le mode de conception et de production de nombreuses entreprises, dont les grands groupes.

Les startups issues de la recherche sont des acteurs centraux de cette révolution deep tech et s'appuient ainsi sur l'intelligence artificielle, les nanotechnologies, l'Internet des objets ou encore la robotique. Elles accumulent les financements, comme dans les biotechnologies (7,9 milliards de dollars en 2016 contre 1,7 milliard de dollars en 2011) ou dans la réalité augmentée, la réalité virtuelle et les drones qui ont permis à eux seuls de lever plus de 3,5 milliards de dollars de capitaux en 2015.

Pour mieux comprendre les attentes, les défis et les conditions de succès de ces startups, le Boston Consulting Group et Hello Tomorrow publient un rapport basé sur une enquête auprès de 400 startups du réseau Hello Tomorrow, majoritairement issues de la recherche et provenant de plus de 50 pays.

Les startups de la deep tech, limitées par des besoins de financement sur le long terme

Ces startups ont besoin de financer leurs équipements et infrastructures, qu'ils soient scientifiques ou technologiques.

Mais le principal défi cité par 30% des startups deep tech touche principalement aux délais de mise sur le marché de leur innovation. Souvent sous-estimés (40%), ils peuvent créer une période d'incertitude pour les jeunes entreprises, notamment concernant les débouchés de leurs innovations.

Ces startups deep tech sont majoritairement soutenues par l'écosystème d'innovation (incubateurs, business angels, venture capital, institutions publiques, corporates). Philippe Soussain, directeur associé au BCG, explique : "Leurs attentes vis-à-vis de cet écosystème d'innovation vont bien au-delà de l’enjeu du financement : elles souhaitent être accompagnées dans la définition des applications industrielles et commerciales de leurs innovations. Elles doivent parfois franchir des marches importantes pour passer de la conception technologique à la définition d'un marché, d'une clientèle cible et à la définition de produits basés sur leur technologie. Elles vont chercher un appui dans cette démarche auprès de partenaires."

startupperception

80 %

Parmi les besoins d'accompagnement les plus importants mis en avant par les startups deep tech, 80% citent le financement.

L'accès au marché est aussi une priorité pour 61% d'entre elles. Parmi les autres enjeux, on retrouve la mise à disposition d'une expertise technique (pour 39%) ou encore d'une expertise business et marketing (pour 26%).

Les entreprises matures sont les seules capables de répondre à l'ensemble des besoins des startups deep tech

Si chacun des grands acteurs de l'écosystème d'innovation peut répondre à un de ces besoins fondamentaux, les entreprises matures sont les seules à pouvoir y répondre dans leur intégralité grâce à leurs expertises techniques, industrielles, et commerciales (infrastructures de tests, données clients, etc.) mais surtout grâce à un accès aux marchés. Elles sont des partenaires très attractifs.

97 %

97% des startups interrogées appellent à un partenariat de long terme avec des entreprises pour les accompagner dans leur développement.

En revanche, 57% d'entre elles y parviennent d'après Philippe Soussan.

Ce décalage s'explique par une très grande prudence des startups à l'égard des entreprises éloignées structurellement et culturellement de leur réalité. Mais pas seulement.

Ces partenariats grands groupes – startups deep tech ne sont plus le seul fait du secteur de la santé ou de l'informatique, ils touchent maintenant toutes les industries. Par ailleurs les grands groupes accélèrent l'usage des structures de type CVC ou d'incubateurs, comme l'a montré le BCG dans une étude récente sur le Corporate Venturing.

Arnaud de la Tour, vice-président d'Hello Tomorrow précise : "Les grands groupes doivent revoir leur façon d'envisager les partenariats avec les startups deep tech s'ils veulent se placer au cœur de cette révolution technologique. Il n'existe pas de modèle clé en main pour garantir cette réussite mais quelques principes de base doivent être respectés pour mieux valoriser ce type de coopérations ".

Les besoins des deep techs comme les attentes des grandes entreprises varient. Le BCG et Hello Tomorrow ont analysé ces besoins et identifié des archétypes de startups deep tech, qui se différencient selon deux axes : le degré de maturité des technologies qu'elles développent et le degré de maturité du marché sur lequel ces startups souhaitent opérer.

Quatre groupes de startups ont été identifiés :

  • les "potential quick wins", 15% du panel : Les startups qui ont un produit prêt à être commercialisé et profitant d'un marché prêt à l'adopter.
  • les "demand bets" 10% du panel : Les startups qui ont un produit prêt, mature, mais qui n'a pas encore d'opportunité commerciale.
  • les "development bets" 45% du panel : Les startups qui ont identifié une opportunité dans un marché et développent une nouvelle technologie pour y répondre.
  • les "technology bets" 30% du panel : Les startups qui ont identifié une technologie d'avenir encore peu développée dans son marché

startupcorporate

Ces 4 catégories permettent d’aider les grands groupes à ajuster leur dispositif et leurs objectifs sur ces collaborations.

Une fois que les objectifs de collaboration sont bien définis, la volonté de travailler ensemble peut se transformer en co-création de valeur sous différentes formes : partenariat (de co-développement pour une jeune pousse ou commercial pour une startup plus mûre) ou investissement.

Pour les grands groupes, une réflexion sur la taille de leur portefeuille est essentielle. Il est important de multiplier les partenariats pour diversifier ses risques, construire sa visibilité dans l'écosystème et avoir accès à un éventail de technologies plus complet.

Xavier Duportet, Président d'Hello Tomorrow

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.