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un ordinateur cassé

Les géants de la tech épinglés par Greenpeace

Le 19 oct. 2017

Greenpeace dévoile analyse l’impact environnemental de 17 grands noms de la tech. Et pour une fois, Apple n’est pas si mauvais élève.

Derrière l’innovation technologique se cachent bien souvent des chaînes de fabrication adeptes de bonnes vieilles méthodes du XIXe siècle. Sources d’énergie fossiles, composants chimiques dangereux, et designs gourmands en ressources : une réalité qui, selon Greenpeace, contraste avec les discours avant-gardistes tenus par la majorité des entreprises de la tech.

C’est pourquoi l’ONG a décidé de lancer Rethink-IT, une campagne conçue pour challenger le secteur et les sommer de prendre leurs responsabilités en matière d’empreinte écologique.

 

En parallèle, Greenpeace a publié le « Guide to Greener Electronics », qui analyse comment 17 des plus grosses entreprises électroniques assument leur impact sur l’environnement et quels sont les points d’amélioration. Entre 2006 et 2012, Greenpeace a partagé des rapports réguliers, et a constaté les progrès de certaines entreprises, notamment en matière de produits chimiques et d’énergie.

Avec cette nouvelle édition, les équipes se sont concentrées sur l’impact du design des produits et de la chaîne de fabrication à travers trois variables :

  • Energie
  • Consommation de ressources
  • Produits chimiques

 

Pour chaque point, les plus gros fabricants de smartphones, tablettes et ordinateurs en Asie de l’Est, Amérique du Nord et Europe sont notées selon des critères de transparence, d’engagement, de performance et d’efforts internes.

Greenpeace explique que ces entreprises doivent prendre en compte les conséquences directes de la fabrication d’appareils électroniques sur la planète : celles qui utilisent des ressources naturelles limitées (et essentielles) mettent souvent en danger les personnes chargées de les extraire, en plus d’avoir des conséquences écologiques désastreuses. Celles qui carburent au charbon, par exemple, contribuent au réchauffement climatique.

L’innovation ne doit pas se définir par quelques millimètres et mégapixels de plus, mais par la façon dont ces produits sont conçus – énergie renouvelable, matériaux réutilisables, et durée de vie plus longue.

Les marques chinoises gagnent des parts de marché, mais perdent des points sur l’environnement

Parmi les principaux enseignements mis en lumière par Greenpeace, beaucoup ont comme une saveur de vieille rengaine. Entre obsolescence programmée et manque de transparence, la réalité des choses est encore mal perçue par les consommateurs qui continuent à faire confiance aux marques tech.

  • Manque de transparence pour la supply chain : la majorité des fabricants ne partagent pas d’information concernant leurs fournisseurs. Difficile, donc, de se faire une idée de leur performance environnementale… Sur les 17 entreprises évaluées, seules 6 rendent publique une liste assez basique de fournisseurs, et seules Fairphone et Dell détaillent les produits et services de chacun d’entre eux. Huawei fait figure de mauvais élève : parmi les 3 premières marques sur le marché du smartphone, Huawei ne publie rien quant aux émissions de gaz à effets de serre de sa supply chain.
  • Les procédés de fabrication demandent beaucoup d’énergies polluantes : entre 70 et 80% de l’empreinte carbone d’un produit électronique est liée au procédé de fabrication. Greenpeace note toutefois d’importants progrès de la part de certaines entreprises, décidées à opérer une transition vers l’énergie renouvelable pour leurs bureaux et data centers. Apple est la seule entreprise à s’être engagée pour une supply chain 100% alimentée à l’énergie renouvelable – alors que Samsung, qui est à la fois l’un des plus grands fabricants de smartphones mais aussi de composants électroniques vendus à d’autres marques, n’en est qu’à 1%...
  • Les marques chinoises gagnent des parts de marché, mais ne sont pas les championnes du green : Huawei, Oppo et Xiamoi, trois marques chinoises du Guide, représentaient 1/4 du march du smartphone au deuxième trimestre 2017. Cependant, leurs notes sur les trois critères est largement en-dessous de la moyenne, surtout en ce qui concerne le manque de transparence et l’engagement sur les énergies renouvelables.
  • Amazon reste la marque la moins transparente en termes de performance environnementale. L’entreprise refuse de communiquer sur les émissions de gaz liées à ses activités. Par ailleurs, très peu de détails sont connus concernant l’utilisation de matériaux recyclés ou les produits chimiques utilisés dans ses produits – à noter toutefois que l’entreprise communique sur ses récents accords en matière d’énergie renouvelable.
  • L’obsolescence programmée fait partie intégrante du produit : alors qu’une plus grande partie de la population est équipée de smartphones et autres appareils électroniques, les entreprises se retrouvent face un marché saturé… Il semble que la seule solution qu’elles aient trouvée soit de fragiliser leurs produits avec un design qui rend compliqué toute réparation / mise à jour / remplacement… Apple, Microsoft et Samsung font partie des acteurs qui vont dans la mauvaise direction en termes de design durable. HP, Dell et Fairphone, de leur côté, sont des exceptions : leurs produits sont souvent réparables et possibles à améliorer.
  • La gestion des e-déchets n’est pas encore une priorité. Les e-déchets devraient dépassé 65 millions de tonnes en 2017 – et il n’existe très peu d’informations sur ce qui est fait sur le sujet. Résultat : moins de 16% des e-déchets sont recyclés, selon les estimations.
  • L’usage de matériaux de seconde main reste limité, avec quelques progrès néanmoins. Fairphone utilise du tungstène recyclé, et Dell du plastique récupéré sur leurs anciens produits. Apple s’est par ailleurs récemment engagé à réutiliser certains matériaux, comme l’aluminium et l’étain.
  • Des engagements non-tenus sur les produits dangereux : en 2017, seuls les produits Apple et Google sont garantis sans BFR ni PVC.
  • Un manque de transparence et de surveillance sur l’utilisation des produits chimiques. Les usines ont tendance à évacuer dans la nature des produits chimiques dangereux. Ces mêmes produits ont un impact sur la santé et la sécurité des employés. A ce jour, Apple, Dell, Google, HP et Microsoft sont les seules entreprises présentes dans le rapport à publier la liste des substances qui doivent être interdites dans la fabrication de leurs produits.

Résultats

classement Greenpeace des entreprises tech classement Greenpeace des entreprises tech
Pour retrouver l'étude dans son intégralité, cliquez-ici.
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