premium 1
premium 1 mobile
actu_24345_vignette

Clip video je vous like

Le 29 avr. 2015

En 2015, le clip est encore omniprésent. Démocratisé, il abreuve les plateformes vidéo et inonde nos feeds. Incontournable, il est paradoxalement devenu jetable. Une tribune de Jérémy Mahieu et Mathieu Aribart de l'agence Brass.

Été 1983.

"- Allo?
- Walter, le disque n'est plus n°1. Que fait-on?
- Dormons et gérons ça demain Michael, il est 3h du matin.
- Je pense qu'il faut faire un clip pour Thriller..."

 

C'est à peu près ainsi que le vidéoclip le plus connu de la création vit le jour. Au-delà du succès du LP éponyme ce court-métrage de 14 minutes fit le triomphe de MTV, producteur exclusif éclairé qui alla jusqu'à le diffuser 2 fois l'heure. Il marqua le début de l'âge d'or de la chaîne et à travers elle, du vidéoclip en tant que format, jusqu'à une certaine prééminence sur la pop-culture au milieu des 90'.

 

En 2015, le clip est encore omniprésent. Démocratisé, il abreuve les plateformes vidéo et inonde nos feeds. Incontournable, il est paradoxalement devenu jetable.

Un groupe sans clip n'existe pas. Passage obligé d'un début de présence sur les Internet, s'en passer relève du suicide: Kickstaxez vos fans si nécessaire. La suite ? Au mieux, 24h de mise en avant exclusive sur un blog spécialisé, quelques centaines de RT/like/share et une éphémère rotation sur la toile spécialisée, avant que le média monstre ne change d'obsession.

Le fait est que la fluidification de la diffusion de l'œuvre en ligne, quoique souhaitable à bien des égards, réduit souvent son expérience à une fenêtre miniature au son surcompressé, ne transmettant qu'une impression atrophiée. Un mur où se heurtent régulièrement les ambitions artistiques de créateurs parfois aussi célébrés que Larry Clark, et ses 19 000 vues pour le clip "Got To Belong" du groupe Natas Loves You.
 
Pourtant, dès que les moyens rencontrent le savoir-faire, le vidéoclip 2.0 se révèle un territoire d'expérimentation exceptionnel aux frontières de l'art et de la communication [sans forcément aller jusqu'au Chrome Experiment d'Arcade Fire]. Stimulée, nécessaire pour sortir du bruit, la créativité est là. Le public aussi.

 

Les marques auraient à gagner en s'intéressant à l'énergie représentée par une telle frustration de talents et tel manque d'expériences alternatives à Youtube.

 

Jérémy Mahieu et Mathieu Aribart - Brass agence

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.