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Économie circulaire : comment ne plus faire cavalier seul ?

Avec CITEO
© Mali Maeder - Pexels

Passer d’initiatives individuelles à des projets de grande ampleur en faveur de l’économie circulaire, c’est à la fois possible mais aussi nécessaire. Pays et entreprises doivent et peuvent s’unir.

Le 30 mars 2022, la Commission européenne a présenté un « ambitieux plan pour une économie circulaire à l’échelle européenne » , a souligné le journal Le Monde. L’idée ? Un projet de règlement sur l’écoconception qui fera des produits durables la norme en Europe.

Cette initiative en faveur de l’économie circulaire fait partie des 12 axes du Pacte vert pour l’Europe qui avait été présenté en 2019. L’objectif, comme le rappelle sur son site le ministère de la Transition Écologique, « est de faire de l’Europe le premier continent climatiquement neutre, en atteignant notamment la neutralité carbone d’ici 2050 » .

Connecter tous les maillons de la chaîne pour passer à l’échelle

Pour atteindre cet objectif et faire en sorte que l’économie circulaire porte ses fruits, l’important est de ne plus faire cavalier seul. Anne-Sophie Michel, responsable innovation chez Citeo, rappelle « qu’il y a beaucoup d’initiatives partout dans l’économie circulaire mais qui ne sont pas encore passées à l’échelle » . En cause, la difficulté d’innover dans ce domaine avec de la recherche et du développement qui nécessitent beaucoup de nombreux investissements. Bref, une mission difficile. 

Pourtant, il devient urgent que les pays et les entreprises avancent main dans la main. Faire le colibri c’est bien, mais impulser un mouvement de grande ampleur est tout aussi nécessaire. « On réalise que l’on est tous interconnectés, tous interdépendants. Il faut connecter tous les maillons de la chaîne. On ne peut pas juste s’occuper de notre pré carré » , précise Anne-Sophie Michel.

Exemple : si l’on travaille sur l’écoconception justement et que l’on s’intéresse à l’approvisionnement de la matière, comment être certain que ce dernier soit responsable ? Il y a des chances que l’on s’approvisionne dans un pays étranger qui n’applique pas les mêmes standards de responsabilité. Conséquence, pour réussir l’écoconception d’un produit ou d’un service, il faut être en capacité de suivre l’ensemble du cycle de vie, de l’approvisionnement au recyclage. « Si je veux être cohérent sur l’ensemble de ma chaîne, tous les pays doivent adopter la même logique » , souligne la responsable innovation.

L’Union européenne montre l’exemple et donne le LA

Alors comment faire en sorte que tout le monde aille dans le même sens ? On l’a vu, l’Union européenne est un véritable moteur et œuvre à l’élaboration d’une politique européenne de l’économie circulaire. Souvenez-vous : en 2019, l’UE avait mis en place sa directive sur le plastique à usage unique. Résultat, à partir de juillet 2021, les pays européens voyaient disparaître du marché pailles, assiettes ou couverts en plastique à usage unique.

Bien que certains pays soient encore un peu à la traîne, cette initiative en a inspiré d’autres qui sont allés plus loin. C’est le cas de la Grèce, de l’Irlande ou encore de la France qui avait appliqué l’interdiction du plastique à usage unique six mois avant l’échéance européenne.

En mars 2020, c’est le plan de la Commission européenne sur l’économie circulaire qui a prolongé le processus dans le cadre du Pacte vert pour l’Europe. Avec un accent mis sur l’écoconception, l’Union compte « garantir que les ressources utilisées restent dans l'économie de l'UE aussi longtemps que possible » , indique la Commission. Le nouveau plan proposé en 2022 entend aller plus loin en rendant « la quasi-totalité des biens physiques présents sur le marché de l'UE plus écologiques, plus circulaires et plus sobres en énergie tout au long de leur cycle de vie » . Joli programme !

Mais l'UE n'est pas qu’une affaire de législation régionale puisqu’elle est capable de financer des projets en faveur de l’économie circulaire. La Banque européenne d’investissement (BEI) a pour ambition d’être la banque du climat au sein de laquelle l’économie circulaire occupe une place de premier choix.

« On a financé EcoTitanium dans la région de Clermont-Ferrand, qui recycle les productions d’alliage de titane dans le secteur aéronautique. (...) Plus récemment, nous avons également financé Carbios à hauteur de 30 millions d’euros, grâce à un financement de la BEI. C’est un petit investissement pour nous, mais très important pour le développement du recyclage enzymatique des plastiques » , détaillait Grégoire Chauvière Le Drian, directeur du bureau français de la BEI lors d’une conférence Citeo de mars 2022 intitulée « L’UE, laboratoire de l’innovation circulaire ».

Les entreprises aussi doivent s’unir et travailler ensemble

Les entreprises font donc bien évidemment partie de l’équation. « Il faut faire en sorte que les acteurs se rendent compte qu’il est important de travailler ensemble, les startups avec les grands groupes » , rappelle Anne-Sophie Michel de chez Citeo. Les entreprises doivent apprendre à collaborer pour passer à l’échelon supérieur quand il s’agit d’économie circulaire.

« La seule façon d’avancer est de pouvoir faire travailler des concurrents entre eux, ceux de la grande consommation par exemple parce qu’ils partagent des problématiques communes » , nous apprend-elle. La recyclabilité des plastiques souples est un enjeu énorme pour ce secteur, l’ensemble des acteurs concernés doit collaborer pour trouver des solutions efficaces.

Le cas du projet HolyGrail 2.0 est de ce point de vue assez représentatif de ce qu’il est possible de faire si les entreprises travaillent main dans la main. Piloté par l’Association des industries de marque (AIM) et grâce à la participation de 130 entreprises européennes, HolyGrail 2.0 développe des filigranes numériques, des codes de la taille d’un timbre poste invisibles à l’oeil nu, placés à la surface des emballages qui permettent d’améliorer la qualité du recyclage. « L’idée est de construire des standards, non pas que chacun développe des technologies qui ne soient pas compatibles entre elles. On est dans un marché unique, les produits circulent » , ajoute Anne-Sophie Michel.

Entre les plans ambitieux mis en place par l’Union européenne et le développement de consortiums déterminés à travailler de concert pour étendre l’économie circulaire, plus question de faire cavalier seul, les outils sont là !

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