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film sur les réseaux sociaux

Le cynisme des réseaux sociaux résumé en un court métrage

Le 9 févr. 2018

Surréaliste et grinçant, le film « Picture Wheel » pose la question : en nous empêchant d'oublier, est-ce que les réseaux sociaux ne nous empêchent pas de rêver notre avenir ?

 

 

Elliott, employé de bureau au teint cireux et à la dégaine mollassonne a le cœur brisé. Sa petite amie est partie filer des jours heureux avec un autre homme. C’est du moins ce que nous laissent entendre les photos accrochées au casque qu’il porte constamment sur la tête, un mécanisme aux bras articulés qui entrave le moindre de ses mouvements.

film sur les réseaux sociaux

Hanté par l’échec de sa relation amoureuse, Elliott en est là, et comme tous ses contemporains, il erre dans les rues et rumine ses idées noires au bureau, restant hermétique à toute nouvelle rencontre.
"Picture Wheel" Sci-Fi Short Film - DUST Exclusive Premiere
Alors, on fait rapidement le lien avec les réseaux sociaux et leur cynisme, on pense à ces amours perdus dans la vraie vie qui finissent inexorablement par ressurgir en ligne sous la forme de photos ou de commentaires, au détour de deux vidéos potaches.

Pour David O’Donnell, réalisateur et scénariste du film, l’objectif premier n’était pas de railler les dérives des réseaux mais plutôt d’explorer le thème de la mémoire, celle qui peut s’avérer aliénante et nous couper du monde : « La roue à laquelle sont accrochées les photos est une figure métaphorique de l’esprit, ce même esprit qui vous piège et vous aveugle lorsque vous essayez vainement d’oublier une relation amoureuse, une obsession, une pulsion ou tout autre obstacle qui vous hante », raconte le réalisateur australien.

Chez le réalisateur, l'emprisonnement, la mémoire et la répétition de schémas normés et étouffants sont des thèmes récurrents. Pas étonnant qu’il se soit inspiré du succès de Michel Gondry « Eternal Sunshine of the Spotless Mind » pour réaliser son film. « Brazil », de Terry Gilliam, l'a aussi grandement influencé, notamment pour ses attributs Sci-Fi un peu mécaniques et totalement absurdes.

On pense aussi à l'univers de la série Black Mirror, et notamment de l’épisode « The Entire History of You » où des puces implantées derrière l’oreille permettent aux protagonistes de visualiser indéfiniment l’intégralité de leurs souvenirs. « J’ai vu l’épisode après avoir réalisé le film et si je l’ai beaucoup apprécié, je ne voulais pas utiliser ce même levier technologique », confie-t-il.

 

Black Mirror - The Entire History Of You
Brazil (1985) Official Trailer - Jonathan Pryce, Terry Gilliam Movie HD
En ligne, certaines personnes débattent à propos de l’identité d'un des personnages, un vieil homme itinérant, qui parvient finalement à délivrer le personnage principal de ses photos et de ses vieux démons.

« Ce qui est fascinant, c’est quand le public vous apprend des choses à propos de votre film et de son interprétation. », poursuit David O’Donnell. « Certains disent qu’il représente Dieu, d’autres le pardon ou le temps qui passe… moi, je le perçois comme une force qui nous permet de lâcher prise et de passer à autre chose… ». Un genre d’ange gardien dont nous aurions bien besoin sur les réseaux...

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