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homme essayant de parler a un autre

Streaming musical : YouTube doit faire beaucoup mieux

Le 27 oct. 2017

À l'heure du streaming musical de masse, YouTube se contente du strict minimum dans sa gestion des droits d'auteurs et des revenus que la plateforme propose aux artistes.

Composer une chanson, c’est bien. Malheureusement, tout le monde ne peut pas avoir le succès de Rihanna, Coldplay ou Kendrick Lamar. Si vous décidez un jour de tout plaquer pour vivre de musique et d’eau fraiche, attendez-vous à manger des pâtes assez régulièrement. D’autant que, si un jour, par un heureux hasard, vous réussissez à composer un morceau qui plaît, il faudra ensuite s’attaquer à l’épineuse question des droits d’auteurs et de la diffusion.

Malgré l’essor des plateformes de streaming et d’achat de musique comme YouTube ou iTunes, il n’est pas particulièrement simple de diffuser votre musique, mais le plus dur n’est pas là ! Il faudra ensuite réussir à dégager un revenu des écoutes et des ventes. Si vous avez réussi ou choisi de signer un contrat avec une maison de disque, elle prendra en charge ce processus, en grignotant vos pourcentages, logique. Sinon, c’est là que le fun commence.

Des législations qui divergent

Les sites de streaming sont loin d’être équivalents en termes de revenus et de législation. Le témoignage de Samuel Orson, un artiste indépendant, le confirme. Sur iTunes ou Bandcamp le pourcentage touché par l’artiste est de l’ordre des 77%. Si l’on passe à Spotify, le constat n’est pas le même : à chaque écoute, Samuel Orson reçoit par exemple 0,004 dollars.

La palme revient tout de même à YouTube. La plateforme reverse à l’artiste la somme ridicule de 0,0004 dollars par écoute. Si sa vidéo avait été vue 1 million de fois (ce qui n’est évidemment pas le cas) Samuel Orson aurait touché 400 dollars. De plus, Orson avait payé pour activer toutes les options commerciales disponibles sur YouTube...

Pour dénoncer ces pratiques et pousser la filiale de Google à revoir sa valorisation des contenus crées par les artistes, le collectif Content Creator Coalition (C3) a réalisé une campagne.

YouTube Can Do Better - Pennies vs Dollars
Le collectif C3, avec à sa tête le bassiste de Rollins Band Melvin Gibbs tire les mêmes conclusions que l'artiste : Google est assis sur une pile de billets verts alors que les artistes peinent à s'en sortir.

De plus, et c’est le sujet de la seconde vidéo, si la vidéo n’a pas été uploadée par l’artiste, celui-ci ne touche absolument rien. Un musicien indépendant devra donc constamment être sur la brèche pour demander la suppression de chaque vidéo utilisant sa musique. Si des artistes comme David Bowie l’ont fait avec l’aide de leur maison de disque, c’est tout simplement impossible pour un artiste seul. Et ne comptez pas sur YouTube pour les aider.

YouTube Can Do Better - Take Down Shake Down
Si la crise du disque a fragilisé l’industrie, YouTube profite aujourd’hui de sa position dominante face aux artistes pour pratiquer des tarifs parfois indécents. Le géant de la vidéo doit faire beaucoup mieux s’il veut un jour s’approcher d’une solution équitable. À l’heure actuelle, les petits artistes sont bien plus proche d’Inside Llewyn Davis que de Justin Bieber.
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