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Nicolas Hulot et Golden Moustache interpellent les jeunes

Le 8 oct. 2015

Avec « Osons », Nicolas Hulot interpelle les chefs d'Etat et invite les citoyens à en faire de même. Et pour mobiliser la jeunesse, il collabore avec Golden Moustache dans une vidéo bien pensée.

Nicolas Hulot a présenté hier son manifeste : Osons, plaidoyer d’un homme libre. Alors que la COP21 approche à grands pas, il exprime ses doutes et ses espoirs. « Aujourd’hui, un optimiste c’est un imbécile heureux et un pessimiste est un imbécile triste ». S’il ne se veut pas être défaitiste, il insiste sur un fait important : il est nécessaire de se rassembler, de s’exprimer, et d’oser montrer ses préoccupations aux dirigeants pour se faire entendre. « S’il n’y a pas de grande mobilisation citoyenne en France avant tout et dans le reste du monde, je crains que les responsables politiques qui détiennent les clefs du succès de la conférence n’agissent pas. J’appelle les citoyens à adresser un message direct, radical et exigeant pour oser le changement. Sortez du verbe et transformez-le en action ! ». Son manifeste s’adresse donc aux chefs d’Etat… Mais aussi aux jeunes. « Aucun citoyen, où qu’il soit, ne peut rester à l’écart de ce rendez-vous que l’humanité a avec elle-même. Je demande à la jeunesse de s’emparer des réseaux sociaux, d’interpeller les chefs d’Etat et de signer l’appel pour leur dire d’écrire l’Histoire à Paris, de ne pas laisser se fermer cette petite fenêtre d’opportunité que nous avons encore ! »

 

Oui, mais… voilà : comment s’adresse-t-on aux jeunes qui paraissent peu préoccupés par les problématiques climatiques ? « Trop souvent, sous prétexte qu’ils ne sont pas responsables de la situation ou qu’ils se sentent impuissants, ils ont tendance à se sentir à l’écart ». Mais pas que. « Il aurait peut-être fallu choisir un autre nom que cet acronyme barbare pour leur faire prendre conscience qu’ils seront les bénéficiaires ou les victimes d’un compromis au rabais s’ils n’agissent pas ». David Coscas, alias McFly (du duo Mcfly & Carlito) chez Golden Moustache ajoute que « le message est très technique, parfois un peu difficile à faire passer. Ce n’est pas la cause qui ne touche pas les jeunes, mais la façon dont ça leur est exprimé : le côté politique peut décourager. On a l’impression que les politiques défendent des intérêts personnels, et pas le bien commun. Or l’écologie ne doit pas être assimilée à un parti politique : c’est une cause qui conditionne l’avenir, et celui de nos enfants ». Les équipes se sont donc portées volontaires pour proposer un film bourré d’humour, dans lequel Nicolas Hulot n’hésite pas à détourner son image et à parler le langage des YouTubers, des gamers et des humoristes qui font le quotidien des jeunes aujourd’hui. Et c’est très réussi.

 

 

L’objectif est de rediriger vers une pétition appelant les chefs d’Etat à oser.  « La pétition et le manifeste sont un appel à la transparence, à la vérité, à la précision et à la cohérence ». Le format de l’ouvrage est volontairement réduit, ainsi que son prix. « Il faut qu’il puisse être accessible à tous, c’est une feuille de route qui n’est pas exhaustive mais qui fait consensus pour tous ceux qui se sont penchés sur les impératifs à respecter pour basculer sur une économie bas carbone ». Cri d’enthousiasme, vision de l’ambition, de la volonté et de la cohérence, Osons rappelle que la crise climatique peut être l’occasion de penser le monde comme un espace de solidarité. « Il faut tenir nos promesses aux pays les plus vulnérables qui subissent les conséquences d’un phénomène qu’ils n’ont pas provoqué, qui est la conséquence d’un modèle de développement dont ils n’ont pas profité et qui a parfois eu lieu à leur détriment ». C’est aussi un cri de ralliement, pour que toutes les initiatives de la société civile convergent, s’intègrent, fasse masse. « On ne peut pas se permettre de basculer du mauvais côté. On m’a déjà dit que j’étais utopiste, mais la véritable utopie n’est-elle pas de penser que nous allons pouvoir vivre en paix en laissant se combiner pauvreté et dérèglement climatique ? »

Les ambitions sont grandes, mais les moyens aussi. « Il y a le G20, en amont de la COP21, en Turquie. Il faut que les pays en profitent pour fixer un prix au carbone ». Pour Nicolas Hulot, les Etats ne doivent plus penser qu’ils vont réduire la destruction des écosystèmes, ni même viser la neutralité : « c’est la réhabilitation des écosystèmes qui doit être l’objectif ».

« Le message que les jeunes et les citoyens du monde entier doivent envoyer aux dirigeants, c’est : soyez précis, dites-nous comment faire, pas juste ce que vous voulez faire ». Il insiste sur l’importance du moment, « un rendez-vous clef pour l’humanité ». A ceux qui lui rétorqueraient que les mots sont trop grandiloquents, il répond que « si le diagnostic n’est pas à la hauteur, le traitement ne le sera pas. Osons dire la vérité : tous les outils sont déjà sur la table ; il faut les coordonner, leur apporter une vision. Ne vous résignez pas, ne regardez pas le monde se défaire derrière vos ordinateurs ».  

 

Pour signer la pétition, c’est par ici.

Et pour vous procurer « Osons », par là !

 


Mélanie Roosen - Le 8 oct. 2015
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