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© grivina via Getty Images

Coronavirus : comment le design peut limiter la propagation de l’épidémie

Le 28 janv. 2020

Éduquer le public sur la façon dont un virus se propage pourrait être d’une grande aide pour les responsables de la santé publique. Et cela passe en partie par des représentations graphiques plus claires, selon la designer Stephanie Evergreen.

Le coronavirus inquiète. Et pour cause, on entend tout et n'importe quoi à son sujet. Les informations et désinformations se propagent à vitesse grand V : dans les médias, sur les réseaux et ailleurs. Alors que les gouvernements multiplient les dispositifs de crise pour endiguer la propagation du virus, certains médias se donnent pour mission d’indiquer la marche à suivre en cas d’éventuels symptômes. Pour Stephanie Evergreen, designer spécialisée en représentation de données, ce sont surtout les agences de santé publique qui doivent communiquer leurs informations de manière plus claire auprès du public. Dans un article publié le 25 janvier sur Fast Company, elle explique comment l’usage de la data visualisation peut être décisif dans la gestion de l’épidémie.

Une méthode en trois temps

« Les graphiques peuvent montrer aux gens où se trouvent les maladies, comment elles se propagent et comment arrêter l'épidémie », explique la designer. Selon elle, une méthode en trois temps serait efficace pour vulgariser informations et protocoles auprès des populations, et mieux, pour les y préparer avec le moins de panique possible.

  1. Que se passe-t-il ?

La première étape ? Montrer où la maladie a été identifiée sur une carte. Stephanie Evergreen cite notamment une carte de CNN. En France, on peut également rappeler celle de Franceinfo qui répertorie les cas de manière claire.

Carte de Franceinfo sur les zones touchées par le Coronavirus

« C’est une étape très importante. Mais le simple fait de savoir ce qu'est un virus et où il infecte les gens ne va pas arrêter sa propagation, explique-t-elle. Les responsables de la santé publique peuvent réellement amener la population à une compréhension plus profonde de la situation en créant des graphiques qui répondent à des questions plus poussées. »

  1. Qu’est-ce que ça veut dire ?

C’est l’étape 2, celle du « ok, et alors ? ». Il s’agit maintenant de donner du sens à ces données et de les présenter de manière objective (et sans fioritures). « C’est le moment où les responsables de la santé publique exposent les conséquences de la maladie, communiquent au public l'urgence de la situation et lui font ressentir une certaine émotion, poursuit la spécialiste, nous avons besoin de quelque chose de rapide et de facile à comprendre par des gens dont l'âge, les capacités et les langues varient. »

Stephanie Evergreen prend ici l’exemple d’une infographie faisant état de la progression de la grippe en Floride, laquelle utilise des icônes pour indiquer que si le virus se répand bien, il diminue également. Une information non négligeable.

  1. Et maintenant, on fait quoi ?

Troisième étape ? On passe aux dispositifs de confinement et d’éradication du virus. « Une fois que les données ont un sens, le public est susceptible de comprendre l'importance et la portée du problème. Ils est prêt à passer à l'action et se demande : "et maintenant, on fait quoi ?" »

infographie Transmission de la grippe aviaire

Source : CDC

C'est le moment où les autorités ont la possibilité d'éduquer la population et de la rassurer en lui expliquant les mesures exactes à prendre pour se protéger et aider les autres. Ci-dessus, une infographie éducative sur la façon dont la grippe aviaire peut se transmettre aux humains

Que se passe-t-il ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Que dois-je faire ?  Voilà les seules questions qu'il faut se poser en temps de crise, selon Stephanie Evergreen. « Avec un virus comme celui de Wuhan aussi menaçant à l'échelle mondiale, nous devons agir rapidement, conclue-t-elle à propos des agences de santé, mais aussi des populations. Nous, le public, devons réclamer ce type de données, présentées avec des messages clairs et des visuels forts. En particulier à une époque où certaines informations avérées sont étiquetées comme fausses et où certaines fausses informations semblent extrêmement réelles (...). »

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Margaux Dussert - Le 28 janv. 2020
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