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Cannes Lions 2018 : alors, oui ou non, faut-il y aller cette année ?

Le 24 avr. 2018

« Ira, n’ira pas… » : qu’elles soient présentes ou non, les agences françaises semblent attendre les Cannes Lions 2018 avec une impatience particulière. Après les récents remaniements du festival, son directeur général José Papa s’exprime sur les critiques faites à l’évènement.

« Churchill l’a dit, la démocratie est le pire des régimes à l’exception de tous les autres. J’ai le sentiment que c’est pareil pour les Cannes Lions », confiait Alexander Kalchev, Directeur de création chez DDB Paris dans une interview pour L’ADN.

S’il admettait que l’évènement rassemble chaque année le meilleur de la création publicitaire mondiale, il constatait néanmoins, et comme d’autres, une certaine perte de focus, une mécanique d’industrialisation du festival au sein de laquelle on dévalorise la signification d’un Lion en les distribuant à la chaîne. « Trop cher », « trop gros », « trop de catégories », « trop de copinage », « trop business », « trop techno… » À quelques semaines du coup d’envoi du festival qui se déroulera du 18 au 22 juin, on rumine encore certains griefs à son encontre.

Au vu de ses récents remaniements (120 sous-catégories supprimées, nouveau système de notation et revalorisation des Lions, impossibilité d’inscrire une campagne dans plus de 6 catégories…), José Papa, directeur du festival, a tenu à rappeler la constance de l’évènement en matière d’adaptation aux nouveaux enjeux de l’industrie. « Je pense qu’il y a beaucoup d’idées reçues à propos du festival. Les Cannes Lions évoluent et progressent depuis plus de 20 ans pour s’adapter aux nouveaux challenges du secteur, il n’y a rien de nouveau et les remaniements de cette 65ème édition en font partie », affirme-t-il avant de faire part d’une certaine incompréhension vis-à-vis de certaines critiques.

« On pense, à tort, que les enjeux challengeant l’industrie de la pub reposent sur nos épaules. Nous sommes effectivement le miroir de cette industrie et nous nous devons d’être vigilants concernant l’héritage et la portée des Cannes Lions. Néanmoins, je trouve frustrant que le festival continue de figurer au centre du débat alors même que son rôle est de le modérer, pas d’en devenir l’unique sujet de discussion. », souligne-t-il plus loin.

Arrivée du brand content en 2000, de la catégorie marketing en 2001, changement du nom du festival (l’évènement a troqué l’étiquette 100% pub pour célébrer la créativité dans son ensemble)… Il rappelle plus loin les ajustements réalisés par le festival au fil des éditions.  « La publicité évolue et le festival n’a eu de cesse de mettre en valeur ces changements, notamment en élargissant certaines perspectives et en mettant en relation tous les acteurs, anciens et nouveaux, de l’industrie, agences, annonceurs comme acteurs de l’innovation et de l’entertainement ».

Pourtant, côté agences, certaines choses ne passent pas. Certaines n’iront carrément pas, à commencer par Publicis qui avait annoncé vouloir sortir de la course aux prix pendant un an. Dans son sillage, l’agence Marcel qui préfère, cette année, favoriser son développement à l’interne. « C’est une année charnière pour Cannes, après que Publicis ait indirectement contribué à exposer au grand jour les dérives du festival. Si les mesures annoncées par l’organisation sont réellement prises, le palmarès devrait retrouver son exigence, en étant notamment plus attentif au copinage. De notre côté, à part si des clients souhaitent inscrire des travaux eux-mêmes, nous n’y serons pas : depuis un an nous investissons le temps gagné à ne pas penser à Cannes dans la transformation de l’agence. », rapporte Nicolas Lévy, Managing Partner & CSO chez MARCEL Paris.

À voir si cette 65ème édition parvient à convaincre les plus désenchantés des patrons d'agence. Il n’y a plus qu’à attendre le début des festivités !

 

 

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