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Vladimir Poutine sur un requin

Macron, propagande russe et culture pop

Le 31 mai 2017

Lors d’une conférence de presse organisée à l’occasion de la rencontre entre Emmanuel Macron et Vladimir Poutine, le chef de l'Etat français a justifié le fait d’avoir mis à l’écart deux médias russes durant sa campagne, qu’il accuse d’être des « organes d’influence ».

La rencontre a eu lieu, lundi 29 mai, à Versailles. Non pas à L’Elysée, réservé traditionnellement pour les visites officielles. Tout un symbole, donc, et une façon de tenir  à distance son homologue russe. Emmanuel Macron s'est montré tout aussi ferme lors de la conférence de presse. Une journaliste de Russia Today l’accuse alors d’avoir empêché des journalistes russes de couvrir sa campagne présidentielle. « La journaliste russe, explique-t-elle, avait eu des difficultés pour avoir accès à votre quartier général, à votre bureau ».

La réponse du chef de l’Etat ne s’est pas faite attendre, devant un Vladimir Poutine impassible : « J’ai toujours eu une relation exemplaire avec les journalistes étrangers, encore faut-il qu’ils soient journalistes. » Voilà pour la mise en bouche. Puis, vint le direct du gauche (enfin de la droite ou du centre, on ne sait plus trop) : « Quand des organes de presse répandent des contre-vérités infamantes, ce ne sont plus des journalistes, ce sont des organes d’influence. Russia Today et Sputnik [deux médias financés par l’Etat russe, NDLR] ont été des organes d’influence durant cette campagne qui ont, à plusieurs reprises, produit des contre-vérités sur ma personne et ma campagne. »

Et Emmanuel Macron de conclure, sans sourciller : « […] donc j’ai considéré qu’ils n’avaient pas leur place, je vous le confirme, à mon quartier général. La totalité de tous les journalistes étrangers, y compris russes, professionnels, ont eu accès à ma campagne. C’est simple, les règles sont ainsi et seront toujours les mêmes. […] Et, à cela, je ne céderai rien. Rien Madame. »

Macron fustige les médias russes "Sputnik" et "Russia Today"

D’après le quotidien russe Moskovski Komsomolets, cité par le journal Le Monde, « le président russe ne s’attendait pas à une telle pression ». « La vieille Europe, ajoute le quotidien, a désormais un nouvel “Enfant terrible” ».

La Russie adepte de la propagande ?

D’après Franceinfo, qui cite comme source un « blog letton », une chanteuse pop russe du nom d’Alisa Vox aurait été rémunérée 35 000 dollars pour faire l’apologie… de la passivité politique. Utiliser la pop culture pour faire passer un message politique, il fallait y penser. La chanson, intitulée « Baby boy », met ainsi en garde : « La liberté, l'argent, les filles, tu auras tout ça, même le pouvoir. Alors, gamin, reste en dehors de la politique et lave-toi le cerveau ». Et en profite pour délivrer quelques petits conseils avisés : « Apprends de tes erreurs. Il n’est pas trop tard. Tu veux du changement, petit garçon ? Change toi-même, mon chéri. » De son côté, Alisa Vox dit n’avoir aucune proximité avec le pouvoir.

Et pourtant. La chanson, qui a été visionnée plus de 2 millions de fois, fait suite aux manifestations anti-corruption qui ont eu lieu en Russie fin mars à l’appel de l’opposant numéro un, Alexeï Navalny. D’après Mashable, la chanteuse a justement « déclaré à une radio russe avoir écrit cette chanson parce qu'elle trouvait que les jeunes étaient trompés par Alexeï Navalny ».

Peu après les manifestations, le Kremlin a quant à lui accusé Alexeï Navalny d’avoir « menti » en disant que ces manifestations étaient « légales ». C’est nous où Alisa Vox et les autorités russes chantent en chœur le même refrain ?

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