actu_23085_vignette

Le Monde change

La rédaction a repensé l’expérience du papier. Jérôme Fenoglio, Directeur des rédactions du Monde nous a accordé un entretien pour le lancement de la nouvelle version du quotidien, lancée ce jour.

 

Ce jour, Le Monde lance une nouvelle formule du quotidien, relooke M, son magazine du week-end dès le 10 octobre, et ouvre une nouvelle rubrique M sur Le Monde.fr. Sur sa version papier, la page Style, pilotée par Marie-Pierre Lannelongue, directrice adjointe de la rédaction chargée de M, le magazine du Monde, se construira chaque jour autour d’un univers à part entière: voyages, mode, gastronomie, design, automobile et vie personnelle. Lancée il y a quelques mois sur lemonde.fr, la rubrique Pixels, dédiée à la révolution numérique, intègre le cahier quotidien Eco & Entreprises. Le traitement de la télévision et de la radio bascule dans le premier cahier du quotidien, avec une page quotidienne et quatre pages le week-end qui prennent le relais du supplément «TéléVisions».  La page Universités & grandes écoles est à retrouver chaque mercredi dans le premier cahier du quotidien.

Au-delà, les fondamentaux restent les mêmes ces nouvelles formules sont accompagnés du lancement d’un nouveau système éditorial.

Interview de Jérôme Fenoglio.

 

Parlez nous de cette nouvelle formule ?

Jérôme Fenoglio : C’est une nouvelle formule qui est accompagnée d’un changement majeur, celui du changement de système éditorial. Pour la première fois tous les rédacteurs du Monde travaillent sur un système qui est, en première intention, dédié à la publication numérique, lui-même relié à un autre système qui permettra de produire le journal papier. Nous considérons désormais que la maison dans son ensemble a fait le basculement numérique et travaille dans un système éditorial beaucoup plus sain, plus facile d’utilisation qui permet immédiatement de publier les contenus en numérique.Ce nouveau système, « Le 8 », développé au Monde, permettra de surmonter les derniers obstacles techniques qui consistaient à faire dialoguer un journaliste du site avec un journaliste attaché au print.

 

Vous êtes enfin une rédaction bimedia ?

J.F. : Oui, pour moi il n’y a plus de journalistes tournés vers le print ou le web, il y a des rédacteurs spécialisés par thèmes pour certains, par formats pour d’autres. Nous avons une rédaction dont le premier objectif est la publication numérique de ses contenus. Ensuite, on en tire un journal papier que nous avons voulu plus beau, plus élégant, plus resséré, qui met encore plus en avant la plus value du papier. Nous ferons en sorte d’être plus selectif, nous mettrons donc des photos plus belles, plus grandes. Nous allons essayer d’aller au bout d’une logique print : nos contenus doivent être irréprochables du point de vue de la forme, du fond et de la mise en page. Nous allons insister sur le fait d’avoir une maquette qui sera le grand spectalcle de l’actualité, qui s’adaptera à chacune des informations mises en scène et qui permettra de mieux rendre compte et mettre en valeur les infos.

 

Pourquoi ces changements ?

J.F. : Nous changeons pour accompagner cette réforme de système éditorial, aller au bout de cette logique qui fait que les rédacteurs travaillent directement sur l’offre abonnée du numérique car notre enjeu est de recruter des abonnés sur le numérique. Nous changeons également car nous pensons que c’est le moment de faire un journal qui correspond plus à l’objet que l’on doit mettre en vente à un prix certain. Un quotidien où le lecteur doit s’attendre à chaque page à avoir une actualité maximale à la fois dans sa mise en scène et sur le fond des papiers.

Nous voulons garantir au lecteur qu’il ait des papiers où il est certain d’avoir appris, compris, d’avoir été surpris par la découverte d’une information. Une mise en page et différentes données lui permettront de bien comprendre le contexte de cette information publiée.

C’est vraiment ce type de journal là qu’il faut que nous défendions. C’est un journal qui a des spécialistes qui vont chercher des infos, qui vont sur le terrain car le reportage, c’est crucial. C’est ce qui fait notre différence. Nous avons une rédaction qui est capable de partir à tout moment, valider ou invalider des infos en allant sur le terrain. Elle peut partir avec des photographes ce qui permet de ramener des récits et des photos que nous pouvons mettre en scène dans le quotidien mais aussi de réaliser les objets numériques de demain comme par exemple Fukushima III.

 

Allez vous poursuivre les longs formats ?

JF : Oui bien entendu. Quand j’ai fait Fukushima an III, j’étais grand reporter. Les papiers des grands reporters passent dans la page « enquête » du journal. Celle-ci sera mieux mise en valeur dans la nouvelle formule, mais il est possible à chaque fois de recréer ce type de long format grâce à leur travail et celui des phographes. De plus en plus de photographes font aussi de la vidéo, nous avons une équipe numérique très forte dans l’invention de nouveaux objets adaptés aux contenus.

 

Quels sont les changements sur M, Le Magazine du Monde?

J.F.: Nous sortons dans quelques jours, une version vraiment numérisée de M qui reprend l'esprit du magazine qui s'est imposé comme un titre haut de gamme, différent et chic. L'idée est d'avoir une rédaction dédiée qui va développer des secteurs complets, des formats numériques. Il y aura une rédaction M numérique qui explorera de nouveaux secteurs notamment autour de l'univers personnel, de la psychologie... On peut inventer une manière M de parler du tourisme par exemple via des infos compatibles avec des formes de consommation plus numériques, plus rapides et plus visuels.

 

 

Propos recueillis par Virginie Achouch

 

photo de Jérôme Fenoglio, c : AFP / Fred Dufour

 

 

 

 

 

premium2
commentaires

Participer à la conversation

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.