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Hally oracle du net

Hally, l’Oracle qui vous explique les dessous du Net

Le 26 sept. 2017

« Clic clic clic, mon cerveau est tout engourdi ». En partenariat avec la CNIL, Hally lève les dessous de la gouvernance algorithmique dans un projet éducatif et militant.

Victoria Duchatelle se présente comme une exploratrice numérique. Etudiante à l’ENS AAMA, elle publie un mémoire dont le thème résonne comme une mélodie de plus en plus familière : « Peut-on hacker son auto-prophétie ? »

Non, ce n’est pas là qu’un jargon destiné aux pros du web : tous les internautes que nous sommes sont formatés par les algorithmes. Mais au fait, c’est quoi un algorithme ? Comment ça marche ? A quoi ça sert ? Pour qui ?

En résidence à la CNIL pendant plusieurs mois, Victoria met au point Hally, « l’oracle du  net » qui, non content de se délecter de cookies à l’heure du goûter, explique en détail la façon dont les algorithmes structurent et influencent nos interactions numériques.

Hally, l'oracle du net qui dévoile la face cachée de votre navigation
Un poil glaçant, mais efficace. Sur le site dédié, Hally, vous invite à vous confier à lui. Ou plutôt, à lui confier les clés de vos réseaux. En ajoutant l’extension Chrome développée pour l’occasion par Victoria, Hally vous guide pas à pas dans les méandres de Facebook, Twitter et Google. « Il est fascinant de découvrir un phénomène tel que les contagions émotionnelles, qui ne s’opèrent pas uniquement lorsque l’on clique sur un bouton, mais aussi avec les traces que l’on génère. C’est imperceptible, ça se constate sur le long terme », explique Victoria Duchatelle.

Grâce à une analyse structurelle, elle a pu découvrir les schémas qui existent au travers des différents services. « C’est assez révélateur de leur manière d’interagir avec les utilisateurs, et on découvre des aspects qui ne sont pas forcément visibles dans les "à propos" ».

En parallèle, sur le site, une partie dédiée aux « tendances web » permet d’accompagner l’internaute sur des sujets tels que la gouvernance algorithmique, l’économie de l’attention, la quantification de soi, l’effet de foule, les bulles filtrantes, les revenus générés par les données… En plus d’une présentation complète de chaque tendance, on trouve des modes d’action pour récupérer un peu le contrôle. Pour « échapper » à la gouvernance algorithmique, rien de tel qu’un check-up de sa privacy Google, ou de désactiver les annonces personnalisées. Pour s’assurer de la sagesse de la foule plutôt que de l’effet mouton, l’extension des Décodeurs du Monde peut être un précieux allié. Vous voulez comprendre comment des tiers se font de l’argent sur vos données ? Ghostery est là.

L’objectif est de créer une prise de conscience chez les internautes, mais aussi de proposer un outil de pédagogie : nous voulons que les gens puissent apprendre grâce à nous, et puissent agir.
Agir en étant plus impliqués en tant que citoyens numériques. « Nous proposons des alternatives, des pistes de réflexion sur les concepts philosophiques du web ».

Le projet est expérimental. « C’est un témoignage de ce que la CNIL essaye de faire en termes de design : le design a des implications éthiques ». A l’heure où l’enjeu est primordial dans le numérique, on minimise trop souvent l’impact du design dans la façon dont on oriente l’utilisateur. « Or un même service peut être plus éthique en changeant la façon dont il propose des interactions ». Victoria précise : « on réduit souvent l’éthique d’un produit à la partie ingénierie, mais il faut prendre le temps de bousculer les codes, de repenser l’intérêt humain au-delà de l’intérêt économique ».

Bousculer les codes demandera du temps, mais la prise de conscience qui s’opère chez les grands (Facebook ou la CNIL) comme chez les plus petits (studios indépendants et internautes) laisse à penser que l’on pourra, pas à pas, avancer sur un terrain où chacun trouve un peu plus son compte…  « Il faut questionner ce que l’on a généralisé trop rapidement ».

Vous souhaitez contribuer ? Le projet est accessible en open-source. « Si une communauté a envie d’appliquer Hally à d’autres services, ce serait super ». Instagram, prochain sur la liste ?

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