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Génération Telespect’Acteur

Le 29 avr. 2015

A l'heure des nouvelles écritures, du transmédia et du social TV, le monde de l'audiovisuel change. Rencontre avec Laurine Garaude, director of the television division du MIPTV et MIPCom et Sarah Hemar, digital executive producer du MIPCube.

Le MIPTV, rendez-vous incontournable des professionnels de l'audiovisuel fête son 50ème anniversaire et débute le 8 avril prochain. Laurine Garaude, director of the television division du MIPTV et MIPCom et Sarah Hemar, digital executive producer du MIPCube nous ont confié les temps forts de cet événement.

 

Quels sont les enjeux, tendances qui se profilent pour le monde de l'audiovisuel?

Laurine Garaude: Ce sont les 50 ans du MIP. Le MIPTV a toujours été en avance sur les tendances et a toujours anticipé les changements et les évolutions du marché. Le plus grand des changements reste néanmoins ce grand échange entre tous les écrans, le MIP est le marché de la télé sur tous les écrans. La création de contenu mobilise et engage le public. L’application est désormais la suivante : retenir, construire, fidéliser une audience, le téléspectateur  devient Telespect’Acteur. Il est désormais très actif, adepte du multitasking, réagissant sur les réseaux sociaux.  Tous ces usages créent un grand écosystème.

Il y a une tendance à souligner qui est le « factual entertainment », cela se situe entre le documentaire et la real TV. Tout ce que nous voyons sur le web, génère ce type de contenu. Le mélange du réel généré par le public est une grande tendance et plaît beaucoup.

Ce que nous notons particulièrement, ce sont les grands acteurs de l’audiovisuel qui créent des contenus originaux pour Netflix, comme par exemple House of Cards (avec Kevin Spacey), ou Hermlock Grove qui débutera en avril sur Netflix.

Le contenu original sur les plateformes digitales est une vraie tendance.

Pour la web série, Mortal Kombat, Lan Sloan et Kevin Tancharoen, réalisateur de Fame et Mortal Kombat  Legacy (65 millions de vues sur Machinima) lanceront la seconde saison en avril.

C’est un grand échange de la création en réalité. On parle au MIPCube  de la télévision réinventée mais c’est exactement  cela.

Cela vient d’échanges entre producteurs établis comme Anthony E.Zucker, créateur des Experts, qui lance une nouvelle série Cybergeddon sur le web, et  tous les nouveaux producteurs-vidéo. Nous lançons pour la première fois, les Original Online Contents Screenings en partenariat avec YouTube.

Sarah Hemar : Lors de cette première édition des Original Online Contents Screenings, Golden Moustache, Studio Bagel, la chaîne de Jamie Oliver, Pixie Who seront présents. Les screenings sont présents de manière traditionnelle au MIP, The Wit en révèle les tendances des différents formats. C’est la première fois, que nous traitons de ce qui arrive du web, nous explorons les nouveaux formats, genres, talents et nouvelles écritures.

Jamal Edwards, a à peine une vingtaine d’années, possède un groupe media sur YouTube, SBTV, un MTV du rap. Il a commencé par filmer ses copains à l’âge de 15 ans avec une caméra offerte par sa mère.

C’est cette génération qui pour la télé arrive un peu de nulle part mais est vraiment très en phase avec l’audience. Nous créons le contexte pour que ces rencontres aient lieu. Le web peut élargir le champ des possibles et créer de réelles opportunités comme cela a pu arriver à Kevin Tancharoen qui avait envie de réaliser un film d’action et a pu le faire grâce au web.

 

On l’a vu le social TV devient plus qu’incontournable pour les chaînes pour engager les téléspectateurs. Qu’en est-il du transmedia qui permet de toucher un public sur différents écrans ?

Laurine Garaude: Depuis plusieurs années, le transmedia est un enjeu que nous abordons. Nous avons d’ailleurs dans un concours appelé le Content 360, une catégorie dédiée au transmedia.

Sarah Hemar : Aujourd’hui, on parle de transmedia et d’expériences de contenu, le mot est presque en train de disparaitre car cela devient la norme.  Il s’agit d’offrir un contenu avec différents formats, sur différents plateformes. Tim Kring, le producteur de Heroes revient avec un nouveau projet, Be Reel qui a réalisé l’expérience avec Intel et Toshiba seront également présents. Le transmedia a tendance à se généraliser.

Sur le social Tv, nous avons organisé toute une journée sur l’engagement, Dan Biddle, responsable partenariat de Twitter, sera présent.  Nous aurons, par ailleurs, le point de vue des marques et des agences, celui des TV qui interviendront pour parler de cet engagement, de la fidélisation, des fans devenus « ambassadeurs », de l’audience réunie sur un programme. Nous reconduisons, comme lors du MIPCom, le social TV workshop, qui pendant deux heures passe en revue les cas intéressants avec The Wit  par Virginia Mouseler.

 

Quel est votre point de vue sur le marché français ? France Télévisions, Canal+, Arte (Intime conviction) sont les plus actifs ?

Laurine Garaude : France Télévisions a commissionné le gagnant du 360 Content en 2012, qui était Anarchy (Telfrance) et le projet avance.
Les structures de financement sont plus longues à obtenir par rapport aux USA où cela se développe plus rapidement et où il semble y avoir plus de souplesse et d’agilité dans les productions.  Le process s’améliore et se développe dans les groupes ; la qualité de production augmente.

 

Existe-t-il une audience pour ces nouvelles formes d’écriture ?

Laurine Garaude : Les audiences sont partout. Aujourd’hui cela fonctionne par contenu, un programme intéressant est suivi sur l’ensemble des écrans.

The Voice connait un énorme succès, partout dans le monde, en TV, mais aussi en ligne grâce à ces dispositifs plus complets mis en œuvre par les chaînes.

Sarah Hemar : Cela fait appel à de nouveaux métiers comme le design par exemple afin de pouvoir répondre à l’expérience utilisateur. Au MIPTV, nous accueillerons Gene Liebel, chief of strategy officer de Huge, qui avait conçu et développé la plateforme HBO Go. Sur HBO Go, le côté recommandations, recherche de contenu, a permis à des utilisateurs de trouver des contenus qui n’étaient pas encore connus ou déployés par le marketing.
Cela correspond pour eux à une source de revenus supplémentaires.

Les programmes sont parfois conçus comme des marques à part entière, agrémentés d’un dispositif d’engagement. Les logiques d’activation des buzz auprès des différentes cibles (fans absolus et les autres) sont variés et nouvelles pour les producteurs. C’est un véritable challenge pour eux.

Laurine Garaude : C’est une ouverture de l’écosystème. Les métiers évoluent, c’est pour cela que la partie agence et marque est de plus en plus importante, car ils ont tous deux besoin de créer des contenus différemment. Les chaînes et maisons de production ont besoin de bien marketer leur programme, fidéliser et engager leur audience. Avec la TV, ces mondes se rejoignent sur l’engagement de l’audience. La problématique est commune aujourd’hui.

Nous avons créé la Masterclass brand & content pour que les agences, les marques et les producteurs puissent échanger. Nous remettrons notre prix de Branded Entertainment, dont les finalistes sont : Vice et Intel, Ogilvy Entertainment pour Coca et Moxie pour Renault Twizzie.

Nous avons une opération avec les Nations Unies, sur la sensibilisation des media et du public sur le fait qu’il y ait 60 millions d’enfants dans le monde qui n’ont pas accès à l’éducation. Gordon Brown sera donc présent au MIP. Gucci, qui vient de lancer la campagne entre « Chime for change » sur le droit des femmes dans le monde organise avec nous un déjeuner. C’est intéressant, c’est un moment important. Cela démontre bien l’évolution de l’écosystème. Tout se réinvente perpétuellement et les marques, les annonceurs et la télévision sont liés.

 

Propos recueillis par Virginie Achouch

L'ADN - Le 29 avr. 2015
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