Amy Plant

Amy Plant, la youtubeuse qui casse le(s) code(s) !

Avec Macif
© Amy Plant

« J’aime l’informatique, le rap, et faire des vidéos YouTube. » Voilà comment Amy Plant, 23 ans, se présente sur Twitter. Avec des vidéos comme Comprendre l’intelligence artificielle ou Je hack une webcam, cette étudiante-entrepreneuse partage sa passion à près de 122 000 abonnés* sur YouTube. Repérée par des médias comme Konbini ou Télérama, la jeune vidéaste et future développeuse met à mal les clichés autour de l’informatique. Entretien.

Peux-tu présenter ton parcours ?

J’ai grandi en région parisienne, dans les Yvelines. Après mon bac ES, j’étais tentée par une école d’art mais j’ai opté pour la licence Humanités à la fac de Nanterre, une formation pluridisciplinaire en lettres et sciences humaines. Pendant ma deuxième année, j’ai voulu créer une entreprise en parallèle de mes études. C’était un projet de plateforme de mise en relation entre particuliers pour faciliter des séjours linguistiques. Comme je ne savais pas coder un site web, j’ai décidé de me former. 

J’ai envisagé The Hacking Project, une formation gratuite de 3 mois pour apprendre à développer, mais elle est devenue payante quand je m’y suis intéressée ! Je me suis tournée vers l’école 42 et j’ai tenté sa fameuse Piscine, une période de recrutement intensif étalée sur un mois. 

Tu avais déjà une attirance pour le domaine informatique, plus jeune ?

Pas du tout, au contraire ! Au lycée, je n’en avais vraiment pas une bonne image, ça avait l’air nul de l’extérieur, je me disais que je ne ferai jamais ça de ma vie. C’est l’envie de monter des projets plutôt que de rester dans la théorie qui m’a attirée vers le numérique. Après ma licence Humanités, je suis entrée en Master 1 Systèmes d’information, Réseaux et Numérique à l’Université Paris-Dauphine, parallèlement à mon arrivée à l’école 42.

Comment s’est passée l’intégration dans cette école au fonctionnement particulier, fondé sur le travail de groupe ?

J’ai rencontré des gens très bienveillants, avec une vraie diversité des profils. C’est un domaine de passionnés ravis d’aider quand on a besoin d’un coup de main. Même si on est devant un écran, il y a presque un côté manuel dans le code, ça me plaît beaucoup. Et puis, souvent, on n’a pas vraiment l’impression de travailler, en réalité. Si on aime se casser la tête et résoudre des énigmes, c’est très gratifiant quand on trouve la solution ! Il faut être tenace, et surtout ouvert d’esprit.

As-tu déjà une idée du métier et du genre d’entreprise qui pourraient t’attirer, après tes études ?

Par rapport à mes convictions, je me verrais mal travailler pour un GAFAM [cet acronyme désigne les géants du numérique Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft, ndlr]. Leur pouvoir et la façon dont ils concentrent nos données personnelles m’inquiètent beaucoup, et je ne suis pas sûre de vouloir participer à cela, de les renforcer via mon travail. J’ai quand même passé un entretien de stage chez Google, histoire de voir, mais sans le préparer. Ça a été une catastrophe, mais ce n’est pas grave ! Le poste qui me correspondrait le plus, c’est celui de software engineer [ingénieure logiciel]. C’est de l’algorithmique, et ça me passionne.

On caricature souvent les développeurs en solitaires, et le télétravail s’est beaucoup développé. Tu préfèrerais travailler en solo ou entourée au sein d’une entreprise ?

Ce n’est pas si solitaire, l’informatique. On travaille souvent en équipe, et il existe des outils de codage collaboratifs. Sur de gros projets, on ne peut pas travailler tout seul en développement. J’aime bien bosser avec les autres. Je pensais d’abord faire mon stage de fin d’études au sein d’une entreprise, mais j’ai pas mal d’opportunités qui se présentent côté YouTube. Je vais donc plutôt me mettre à temps plein sur ma chaîne, pendant six mois, et forcément, je serai assez seule pour faire ça !  

Tu vises donc une professionnalisation de tes activités de vidéaste ?

Pour l’instant, j’ai le statut de micro-entreprise, et je me renseigne pour créer une SARL. Au départ, c’était seulement une passion, j’attendais de passer le cap des 100 000 abonnés avant de faire tout partenariat. Et c’est le cas depuis début 2022. L’an dernier, je ne gagnais sur YouTube que le revenu tiré du nombre de vues, ce n’est pas énorme. Les partenariats seront plus rémunérateurs, mais je ferai attention à ne travailler qu’avec des marques fiables, comme des opérateurs ou logiciels que je connais et recommande réellement. 

L’informatique reste un métier ultra masculin. Comment faire pour attirer plus de femmes vers ce secteur ?

Je pense que c’est un écart qui commence et se creuse très tôt, dès l’école primaire. Les jeux vidéo, par exemple, attirent principalement les garçons. Quand j’étais petite, je n’avais aucune copine qui jouait, pendant que les gars étaient à fond sur Habbo. C’est une question d’image, peut-être faudrait-il sensibiliser tout le monde, et rendre les jeux et l’informatique un peu plus « girly » . Et en plus le gaming, c’est de l’art, et c’est dommage de s’en priver. 


Retrouvez Amy Plant sur YouTube et Instagram


Cet entretien a été initialement publié dans le Guide des Métiers de demain proposé par la Macif, et réalisé par L'ADN Studio.

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