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Netflix

Netflix : sois bon ou va-t’en !

Le 22 juin 2017

« Nous sommes une équipe, pas une famille ». En termes de RH et de politique de recrutement, Netflix ne pratique pas la langue de bois. Dans un long document, l’entreprise présente sans concession ce qu’elle attend de ses collaborateurs.

C’est simple, Netflix ne veut que les meilleurs. Ceux qui ne tiendraient pas la cadence, malgré les preuves d’un travail acharné, sont remerciés avec une belle indemnité de départ en guise de lot de consolation. Tout le monde n’est pas apte à faire partie de l’aventure Netflix, et en fin de compte, ce n’est ni grave, ni une fin en soit, explique l’entreprise dans un nouveau document décrivant les valeurs et la philosophie qu’elle cultive.

Dans un paragraphe étonnamment long, la plate-forme de SVoD s’épanche et aborde sa vision de la « dream team » en filant notamment la métaphore de l’équipe de football :

« Si l’on prend l’exemple d’une équipe de football professionnelle, il incombe à l'entraîneur de s'assurer que chaque joueur sur le terrain est le meilleur à son poste et qu’il joue de façon fluide et efficace avec les autres. Nous sommes une équipe, pas une famille. Une famille implique l'expression d’un amour inconditionnel, en dépit du comportement parfois inhabituel de vos frères et sœurs. Une équipe de rêve consiste à vous pousser à être le meilleur des coéquipiers, à prendre soin de ceux qui vous entourent tout en gardant en tête que vous ne ferez peut-être pas toujours partie de cette équipe. »

Comment savoir alors qui est digne de rester et qui prendra la porte ? En ligne de mire : les entraîneurs de cette géante équipe de football. Par le biais d’un rite de passage communément appelé en interne « Keeper Test » (comprendre « surveillant », « gardien »), Netflix se concentre sur la capacité de ses managers à se battre et à prêcher la bonne parole lorsqu’un membre de l’équipe évoque le fait de partir travailler ailleurs.

« Si l'un des membres de l'équipe pensait partir travailler pour une autre entreprise, le manager s'efforcerait-il de l'en empêcher ? Ceux qui ne passent pas le « Keeper Test » (c.-à-d., les managers qui ne se battent pas pour garder leurs ouailles), ces derniers reçoivent promptement et respectueusement une généreuse indemnité de départ afin que nous puissions trouver une personne capable de faire de cette équipe de rêve la plus performante possible. Se passer d’un membre de l’équipe est toujours décevant, mais il n'y a pas de honte à ça. Faire partie d’une équipe de rêve peut être le frisson de toute une vie professionnelle. »

Déjà en 2009, le fondateur de Netflix Reed Hastings présentait et publiait cette vision dans un document de 124 pages. En Octobre 2016, le document avait bénéficié de près de 15 millions de vues, relève Adrien Tsagliotis dans son ouvrage « Start-Up Attitude », publié en début d’année.

Autres points clés chers à Netflix : efficacité et résultats concrets, car fournir des efforts et travailler comme un forcené ne suffira jamais. Si vous êtes un bosseur mais que vous n’apportez pas les résultats escomptés, Netflix vous attendra au tournant… une belle enveloppe à la main.

« On ne mesure pas la valeur d’une personne en fonction du nombre d’heures qu’elle travaille ou qu’elle passe au bureau », précisait Reed Hastings en 2009. Aujourd’hui, rien n’a tellement changé : « Réussir au sein d’une équipe de rêve, c’est être efficace, pas travailler dur », précise le nouveau document. Une démarche plutôt logique quand on sait que Netflix est l’une des premières entreprises à avoir proposé les congés illimités.

Une culture du plus fort que l’on retrouve aussi chez Google ou encore WhatsApp : « Notre stratégie de recrutement est de trouver les meilleurs ingénieurs. […] Nous attendons de l’ingénieur qu’il se familiarise pendant sa première semaine avec le langage et l’environnement. Si vous engagez des gens intelligents, ils seront capables de le faire. », expliquait l’ingénieur Jamshid Mahdavi dans Wired en 2015.

À l'issue du document, Netflix conclut sur une citation d’Antoine de Saint-Exupéry plutôt révélatrice de cette vision : donner envie aux salariés de rester et de se battre pour l'entreprise... sans toutefois être un tyran.

« Si tu veux construire un bateau, ne rassemble pas tes hommes et tes femmes pour leur donner des ordres, pour expliquer chaque détail, pour leur dire où trouver chaque chose… Si tu veux construire un bateau, fais naître dans le cœur de tes hommes et de tes femmes le désir de la mer. »

On vous laisse méditer.

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