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Amazon teste la semaine de 30 heures

Le 1 sept. 2016

Certains salariés du siège de Seattle auront des semaines de 30 heures. C'est ce qu'annonce Jeff Bezos via un article paru dans le Washington Post, journal dont il est le propriétaire.

C’est Martine qui va être contente : même Jeff Bezos semble convaincu de l’importance de repenser nos horaires de travail. A moins que l’initiative ne soit une tentative, un peu grossière, de se refaire une virginité côté réputation employeur

 

Dans un article paru le 26 août dans le Washington Post, Amazon annonce qu’il va mettre en place la semaine de 30 heures pour quelques-uns de ses cadres. Ils recevront les mêmes avantages que leurs collègues à temps plein, et 75% de leur salaire. L'objectif déclaré est de favoriser l'équilibre entre travail et vie personnelle. Toutefois, il n’est pas question d’étendre ce dispositif test à l’ensemble de l’entreprise.

 

L’annonce a de quoi surprendre. Le discret Jeff Bezos s’est toujours exprimé très clairement sur sa vision des ressources humaines. En gros, la boutique tourne sur un principe simple : recruter les meilleurs pour en tirer le meilleur… quoi qu’il en coûte… pourvu que cela n’impacte ni la grille des salaires, ni celle des notes de frais. Mais question horaire de travail, la maison semble oublier qu'elle sait si bien compter.

 

Vous pouvez travailler longtemps, dur ou intelligemment,

mais chez Amazon.com

vous ne pouvez pas choisir deux options sur trois.

 

Jeff Bezos

Côté col blanc, le siège d’Amazon avait pris en pleine face l’excellente enquête « Inside Amazon : Wrestling Big Ideas in a Bruising Workplace » parue en août 2015 dans le New York Times. Elle révélait, nombreux témoignages de cadres à l’appui, de la brutalité des méthodes de management du géant. Si certains reconnaissaient avoir beaucoup appris dans les bureaux de Seattle, tous évoquaient la folie sciemment entretenue de la pression.

 

J'ai vu pleurer presque tout le monde au bureau.

 

Bo Olson, ancien salarié du service marketing

Côté employés des entrepôts, même constat. Dans son livre « En Amazonie. Infiltré dans le meilleur des mondes » paru en 2013, Jean-Pierre Durand s’était fait embauché comme intérimaire à Montélimar. Et le récit était affligeant : surveillance, pression, délation…

 

Mais dans un univers technologique où il devient difficile de recruter certains profils, la concurrence est trop rude pour s'offrir le luxe d’une réputation épouvantable. Aussi, l’annonce d'Amazon ressemble plus à un coup de com'. visant à redorer son image, qu’à un changement majeur des méthodes sociales prônées par son fondateur.

 


Crédit photo : Ruth Fremson/The New York Times

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