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Airbnb veut tuer l'impôt

Le 22 oct. 2015

Airbnb annonce le retrait anticipé de sa campagne publicitaire à San Francisco. Très peu appréciée des habitants, elle posait la question de l'efficacité des taxes de l'Etat.

Depuis 2014, à San Francisco, le site de location de chambres ou d’appartements entre particuliers est mis sur le même plan que les hôtels au niveau fiscal : il doit collecter auprès de ses clients la taxe de séjour, pour ensuite la reverser à l’Etat. Un coup dur pour un site de réservation en ligne que les utilisateurs utilisent surtout pour une nuit sur un bout de canapé et qui n’a pas un vrai statut d’hôtel.

Pour souligner son mécontentement, Airbnb a sorti des affiches provocantes à l’encontre des services publics de San Francisco. Les publicités sont très simples mais percutantes, on peut y lire : « Chères bibliothèques municipales, nous espérons que vous utiliserez un peu de nos 12 millions de dollars de taxe de séjour pour ouvrir vos établissements un peu plus tard le soir », ou en s’adressant aux travaux publics « Nous vous prions d’utiliser nos 12 millions de dollars de taxes pour faire construire plus de pistes cyclables », et d’autres encore.

Ces affiches n’ont pas du tout fait l’unanimité parmi la population, qui  rétorque qu’il est tout à fait normal de payer ses impôts. Une professeure d'université, Martha Kenney, s'en est d’ailleurs plainte sur son compte Facebook. « Cher Airbnb, je suis très heureuse d'apprendre que tu as payé tes impôts. Moi aussi ! En revanche, j'ai bien calculé, et sur les 12 millions de taxes que tu as versés, seulement 1,4% revient aux bibliothèques », écrivait-t-elle. « Tes impôts serviront, au mieux, à les garder ouvertes une ou deux minutes supplémentaires ».

On concède tout de même à Airbnb qu’à San Francisco, la taxe de séjour est particulièrement élevée : 14% du prix du logement, contre 4% à Chicago ou 5% à Amsterdam par exemple. Depuis le 1er octobre, le site de location doit également payer la taxe à la Ville de Paris. Mais pas de panique, le prix n’est fixé qu’à 0,83€ par nuit et par personne, et les touristes ne fuiront pas la capitale.

La marque a essayé d’étouffer dans l’œuf le scandale de cette campagne et a annoncé le retrait immédiat de toutes les affiches. Elle s’est excusée envers toutes les personnes offensées, en admettant qu’elle avait utilisé le « mauvais ton ». 

 

 

 

 

Wow.

Une photo publiée par Eric Eberhardt (@idontlikewords) le 21 Oct. 2015 à 13h02 PDT

 

Source photo: frenchweb.fr

L'ADN - Le 22 oct. 2015
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