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Agrumes variés et colorés
© Photo by Edgar Castrejon on Unsplash

Zéro déchet, cantines intelligentes… La Foodtech lutte contre le gaspillage

Le 28 janv. 2019

Elles nous incitent à consommer responsable, réduire nos déchets ou recycler les invendus. Plusieurs startups françaises sont engagées dans la lutte contre le gaspillage, avec des résultats prometteurs.

Plus de 10 millions de tonnes de déchets alimentaires sont jetées chaque année en France, dont 2 millions de tonnes d'ingrédients encore consommables. Dans la consommation des ménages, cela représente 20 kg par an et par habitant, dont 7 kilos de produits encore emballés. Pour en finir avec ce gaspillage évitable, plusieurs startups françaises réinventent notre façon de consommer, de stocker et de produire. À vos fourchettes, citoyens !

Anticiper la demande pour réduire ses déchets

Le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas. De cet adage est née Meal Canteen, une startup qui propose de réduire le gaspillage en amont de la consommation. L’application permet aux consommateurs de commander la veille sur un self virtuel leur entrée, plat et dessert. Résultat : les cuisiniers ne préparent que ce qui sera réellement consommé le lendemain.

Récupérer les invendus

OptiMiam, Graapz, Too good to go, Zéro-Gâchis ou encore Mummyz… De nombreuses startups mettent commerçants et consommateurs en lien pour récupérer à bas prix les invendus de la journée. « Le gaspillage alimentaire représente 14% des commerces de bouche. Nous avons choisi de nous attaquer à ce moment qu’est la fermeture d’un magasin, où les invendus partent normalement à la poubelle, pour agir, explique Camille Colbus, directrice ventes et innovation de Too good to go. L’idée est d’avoir un outil qui permette de s’engager de manière simple et efficace au quotidien. »

Et ça marche : Graapz revendique 33 357 kg de fruits et légumes sauvés, Zéro-Gâchis annonce sur son site le sauvetage de 315 tonnes de produits, tandis que Too good to go a permis de sauver 3 millions de repas rien qu’en 2018 !

Changer l’intitulé des dates de péremption

D’après une étude publiée en 2011 par la Commission européenne, la mauvaise compréhension des dates de péremption serait responsable de 18% du gaspillage alimentaire. En cause, la confusion qui existe entre la date limite de consommation et la date de durabilité minimale, les deux mentions qui figurent actuellement sur les aliments. « Aujourd’hui, on trouve sur de nombreux produits la mention “à consommer de préférence avant le”. Or, même si le produit reste consommable après, beaucoup de personnes le jettent car cette formulation sème le trouble », souligne Camille Colbus, de Too good to go. L'application, engagée depuis 2016 contre le gaspillage alimentaire, a lancé le 16 décembre dernier une pétition pour changer l’intitulé de la date de durabilité minimale. « Nous militons pour que les marques et les industriels ajoutent la phrase “mais toujours aussi bon après” », précise Camille Colbus. L'initiative a déjà reçu le soutien de grands noms de la distribution comme Carrefour ou Auchan.

Veiller à la conservation de ses produits

Rappelez-vous, on jette en moyenne 7 kg d’aliments encore emballés par an et par personne en France. Un geste qui pourrait être évité, à condition d’avoir l’oeil sur les produits conservés. C’est justement là qu’intervient l’entreprise Cryolog qui a développé une pastille thermosensible, capable de donner l’état de santé d’un aliment. Placée sur l’emballage, cette pastille passe du vert au rouge pour signaler que la conservation a été altérée. Cette solution est déjà utilisée pour les plateaux-repas d’une cinquantaine de professionnels de la restauration collective et par des traiteurs.

La logique est la même pour Biotraq, incubée par Rungis&Co, la structure d’accompagnement du Marché International de Rungis. La startup propose des solutions pour aider les industries agro-alimentaires et pharmaceutiques à savoir s’ils peuvent conserver leurs produits ou s’ils doivent les jeter, et pourquoi. Grâce à des capteurs connectés, Biotraq délivre aux opérateurs des informations en temps réel sur l'état et la qualité des produits dont ils ont la responsabilité. Et crée de facto une date limite de consommation dynamique, car électronique.

Développer le troc et le don grâce à la foodtech

La loi Garot relative au gaspillage alimentaire oblige les enseignes à réduire et à gérer leurs invendus. Depuis son entrée en vigueur le 11 février 2016, 34% des enseignes auraient initié une politique de lutte contre le gaspillage. Elles peuvent pour cela s’appuyer sur des startups comme Comerso ou Phénix qui se chargent de collecter ces invendus pour les redistribuer à des associations sous forme de dons ou d’achats à prix cassés.

La plateforme Jettepaspartage organise les dons entre particuliers, associations et entreprises. Qu’il s’agisse de produits alimentaires ou de produits d’hygiène dont la date d’expiration approche et qui ne seront pas utilisés, chacun est libre de donner ou de collecter les produits proposés, en s’enregistrant sur le site.

Réutiliser ses déchets

La startup 1001 Noyaux collecte les fruits invendus pour transformer les noyaux en ingrédients cosmétiques. Le projet se concentre pour l’instant sur les mangues non commercialisables mais propres à la consommation pour fournir à l'industrie cosmétique du beurre de mangue issu de l’économie circulaire. De son côté, Love Your Waste permet aux restaurateurs de transformer leurs biodéchets en énergie. Pour cela, la startup les accompagne pour mettre en place le tri puis organise la collecte et la valorisation des déchets en biogaz et en engrais naturels. « Depuis avril 2015, 609 tonnes de déchets ont été valorisés », se félicite-t-elle.

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