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Film AI alien

Siri ne comprend pas le franglais et c'est une bonne nouvelle !

L'ADN
Le 16 mars 2018

Loïc Le Meur, serial entrepreneur français basé dans la Silicon Valley, profite du SXSW pour discuter intelligence artificielle. La bonne nouvelle, c'est que Siri est encore bien loin de se transformer en Terminator !

Du 9 au 18 mars 2018 se tient le festival SXSW à Austin. À cette occasion, Loïc Le Meur a discuté innovation en matière d'IA avec ses invités :

  • Adam Cheyer, co-fondateur de Siri qui développe actuellement « le Siri de Samsung»
  • Daphne Koller, co-fondatrice de Coursera, lauréate du prix McArthur Genius et professeur d’informatique à Stanford
  • Nell Watson, entrepreneur et ingénieur qui a écrit deux livres sur la philosophie et l’éthique des machines

Comment demander une bonne recette à Alexa ou à Siri ? Votre prochain employeur sera-t-il une machine ? Comment apprendre à votre ordinateur à vous aimer ? Florilège des meilleurs moments du panel.


Siri ne comprend pas mon « franglais »

Pour moi, le meilleur moment était sans aucun doute lorsque je me suis plaint à Adam du fait que Siri ne comprenne jamais mon accent. Ce à quoi il a répondu «  je ne comprends pas non plus ton accent, tu t’attendais à quoi ? ». Tout la salle a ri. Très bon moment.

Comment pouvons-nous déjà nous inquiéter de la création d’une intelligence artificielle à la Terminator alors qu’on ne peut toujours pas dire à Alexa « j’ai des aubergines et du parmesan, donne moi une recette » ?  Ça ne fonctionne pas très bien, quant à Google et Youtube, ils renvoient simplement une bonne recette … d’aubergine à la parmesane.

J’ai aussi appris que les deux questions les plus demandées à Siri sont, d’après Adam, :

  1. Veux-tu m’épouser ?
  2. Est-ce que tu m’aimes ?

Apparemment, les humains ont vraiment besoin de l’amour des machines !

 

Pas de Terminator avant 1 000 ans

Adam Cheyer nous a affirmé qu’une intelligence artificielle ne dépasserait pas l’intelligence humaine avant des centaines d’années, peut-être même mille. Pour lui, aucune raison s’inquiéter d’une intelligence artificielle à la Terminator. Il pense que Open AI, le projet à 1 milliard d’Elon Musk pour le développement d’une « IA sûre », est un exercice louable mais que la menace immédiate n’est pas réelle.

 

Qu’est-ce que l’intelligence humaine ?

Jusqu’à quel point est-ce que l’on comprend notre propre intelligence et qu’est-ce qui la rend différente de celle des machines ?

Daphne Koller nous a répondu que ce n’était pas une question pertinente pour comprendre ou créer une intelligence artificielle. Point. Il n’est pas nécessaire de comprendre l’intelligence humaine pour créer une IA. Adam va encore plus loin, il affirme qu’il vaut mieux ne PAS enseigner l’intelligence humaine à une machine pour obtenir une IA. C’est en laissant la machine apprendre toute seule que Google/Deepmind a réussi à battre les meilleurs joueurs de Go du monde à maintes reprises. Pas en lui enseignant la façon de jouer d’un humain.

Ce qui rend l’intelligence humaine différente c’est sa capacité à apprendre à partir d’une expérience unique. Un enfant qui se brûle avec une flamme, par exemple. Pour apprendre, une machine a besoin d’expériences répétées, une seule nous suffit.

 

L’IA brouille la frontière entre réalité et fiction

Aujourd’hui, on trouve des vidéos d’Obama générées par des machines qui lui font dire, de manière remarquablement « vraie », des propos qu’il n’a pas tenus. Elle sont si bien faites que les humains n’arrivent pas à distinguer le vrai du faux et ça ne va faire qu’empirer. Les fake news vont avoir l’air plus réelles que les vraies et nous devrions nous en inquiéter. Les machines se nourrissent aussi des informations et des réseaux sociaux pour nous diffuser des publicités hyper-ciblées. On imagine facilement que l’histoire des publicités russes sur Facebook durant la campagne de Trump ne sont qu’un début. On ne pourra bientôt plus faire la différence entre réalité et fiction.

 

Des machines avec des valeurs humaines

Nell Waston a fait une remarque intéressante sur la nécessité d’enseigner la morale humaine aux machines pour qu’elles ne nous détruisent pas. Je ne vois toujours pas comment mais, pour être honnête, c’était un panel très court. J’aimerais mieux comprendre ce sujet. Si une machine apprend des atrocités humaines qu’on peut trouver sur internet, ça va être difficile de lui inculquer « l’éthique humaine ». Nous ne sommes même pas d’accord sur cette notion d’éthique nous-mêmes.

 

Que vont faire les 8 millions d’Américains qui gagnent leur vie en conduisant une voiture ou un camion lorsqu’ils auront perdu leur travail ?

J’ai eu la réponse classique. Les révolutions agricoles et industrielles ont aussi détruit des millions d’emplois. On trouvera bien une solution. Nell a ajouté que dans le futur proche elle pense que des millions de personnes seront employés par des machines. Oui, elle croit que nous allons de plus en plus travailler pour des machines qui gèrent des business de façon autonome, sans supervision humaine.

 

Allons-nous rester l’espèce la plus intelligente de la planète à l’avenir ?

Les experts de l’IA s’accordent tous à dire qu’ils n’auraient jamais cru possibles les exploits de l’IA de ces dix dernières années. Ils nous invitent à nous concentrer sur le positif et les applications incroyables qui commencent à montrer des résultats dans les domaines de la biologie, de l’agriculture ou de l’énergie. Utiliser l’IA et le machine learning pour soigner des maladies semble être le meilleur des futurs pour l’humanité.

J’ai trouvé cette conversation fascinante et je suis reconnaissant d’avoir eu l’opportunité d’organiser et de modérer cette session.

 


Traduit de l'anglais par Alice Huot

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