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Les réseaux sociaux, supports incontournables des politiques ?

Le 27 nov. 2015

Impossible aujourd’hui ou presque de dissocier l’homme ou la femme politique des réseaux sociaux tant leurs déclarations y sont relayées à outrance. Jeremi Lepetit, CEO de Make Me Viral, analyse la présence des politiciens sur ces nouveaux canaux de communication.

 

Avec ses 28 millions d’utilisateurs actifs, Facebook est le premier réseau social du pays. La Page y est le format dédié aux entreprises, marques et personnalités publiques. Tous les ténors de la politique nationale (Baromètre politique Octobre 2015 TNS) ont leur page sur Facebook (gérée le plus souvent par leurs équipes) à l’exception de J.P. Raffarin, B. Hortefeux et M. Sapin, mais pour le reste du corps politique français la présence via un simple compte utilisateur reste d’usage.

 

Pourtant c’est bien sur Facebook que s’échange l’opinion des gens et avec elle l’intérêt qu’ils portent à une personnalité. Ces discussions, qui sont dans leurs extrêmes majorités privées, aucun outil ne peut en scanner la teneur. En revanche Facebook offre un indicateur de choix qui permet d’évaluer le volume de personnes qui font mention du nom de la personnalité dans leur discussion privée. Cela en temps réel dès lors que la personnalité en question dispose d’une page Facebook.  On se rend compte par exemple que sur cet indicateur après les évènements du 13 Novembre, Marine Le Pen devance Jean Luc Mélenchon, Marion Maréchal Le Pen et François Hollande puis de loin Nicolas Sarkozy, Nadine Morano et Alain Juppé. On connaît bien sûr l’hyper activisme des extrêmes sur les réseaux sociaux mais cette donnée mérite d’être observée et suivie.

 

 

(Filtre : Personnes qui en parlent / Liste Facebook : Personnalités Politiques / Outil : Make Me Stats)

 

Finalement, c’est sur Twitter que les hommes et femmes politiques sont les plus représentés et où contrairement à Facebook, majoritairement ils gardent la main, à tort ou à raison, sur les publications.  Twitter qui en France peine à toucher le grand public reste le terrain de prédilection de la sphère médiatique. Il est donc finalement assez naturel d’y retrouver la classe politique dans ses grandes largueurs. Pour preuve, 73% des membres du bureau national Socialiste, 82% des membres du bureau politique des Républicains et 92% des 50 principales personnalités politiques, ont et animent un compte Twitter. L’usage du média diffère selon les personnalités et les caractères de chacun. L’expression y est souvent personnelle et débridée. Il n’est pas rare d’ailleurs que des tweets donnent lieu ensuite à des accusations de piratage pour sortir d’une polémique maladroitement créée.

C’est justement cette forme d’authenticité que les journalistes recherchent sur Twitter et inversement les politiques savent qu’ils disposent là d’un relai médiatique de premier plan à même d’amplifier leur visibilité. Récemment d’ailleurs, Nadine Morano qui s’illustre régulièrement sur Twitter, a su s’appuyer sur la plateforme pour amplifier la polémique suite à ses propos, l’alimenter et ainsi gagner en visibilité dans la durée.

On peut constater très nettement l’impact de ses propos sur ces graphiques et même revenir sur le détail des déclarations (tweets) qui ont suivi.


  

(Focus sur le compte de Nadine Morano via MakeMeStats)

 

Cette stratégie de médiatisation porte clairement ses fruits puisque depuis 2 mois Nadine Morano a un taux d’activité sur Twitter très nettement supérieur (+0,15pt Oct)  à celui de son président et chef de file Nicolas Sarkozy.  

 

 (Comparaison des comptes Twitter  de Nadine Morano vs Nicolas Sarkozy via MakeMeStats)

 

Canaux de communication indissociables de la vie politique, les réseaux sociaux sont encore globalement mal et sous exploité par notre classe politique. Véritable caisse de résonance de la société, les réseaux sociaux ne se limitent pas au divertissement du peuple, ils catalysent les opinions, les angoisses, les ferveurs, les engagements, les craintes et contribuent activement à faire ou défaire le climat politique et social.

Au-delà d’un acte de présence et de tentatives plus ou moins réussies d’exploiter ces supports, c’est la maitrise des codes, des usages et de la puissance de ces nouveaux médias qui en feront demain un facteur clé de la communication politique et un véritable prisme d’observation de la société.

 

Jérémi Lepetit – CEO @Make_Me_Viral

 

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Mélanie Roosen - Le 27 nov. 2015
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