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Jennifer Le Nechet

La meilleure barmaid de France

Le 20 sept. 2016

Jennifer Le Nechet, finaliste de la World Class Competition, se dévoile.

Comment fait-on pour devenir l’une des meilleures mixologues en France ?

« Pas de recette secrète », confie Jennifer Le Nechet. Si elle atterrit dans le milieu de la restauration par hasard, après une licence de littérature et de civilisation hispanique, c’est tout de suite derrière le comptoir qu’elle se sent le plus à l’aise. En véritable autodidacte, elle passe de la brasserie aux cocktails en s’intéressant aux alcools, aux spiritueux, aux sirops maison ou aux infusions, sans aucun référent. Ses idées, elle les trouve dans son quotidien, les pioche ici et là, et finit par atterrir au Café Moderne, aux côtés de « Mido ». Elle y découvre de nouveaux produits et élabore des recettes beaucoup plus complexes.

Si elle ne décrie pas les préceptes de l’école hôtelière, elle admet que le fait d’avoir appris sur le terrain l’aide à sortir d’une sphère de confort, de normes établies, et la pousse à cultiver sa curiosité pour proposer des cocktails toujours inédits, défiant avec brio la tradition parfois un peu lourde des alcools français. Ils sont ici retravaillés, twistés et magnifiés. La mixologie arrive peut-être un peu tard en France, mais ceux qui la maîtrisent font les choses en accéléré, et démocratisent cet « art liquide ». Une bonne nouvelle pour les barmen d’excellence qui ne jouissent toujours pas du même renom que les chefs étoilés… « même quand c’est mérité ».

Parmi les initiatives qui aident à cette reconnaissance, des concours, à l’instar de la World Class Competition. En mai dernier, Jennifer remporte la finale française. S’il est intéressant de noter que c’est la première fois qu’une femme représentera la France, Jennifer précise qu’être une femme ne lui a jamais posé de problèmes. Au contraire, cela permet parfois de se démarquer. Un public non aguerri peut imaginer que la compétition ne consiste qu’à l’élaboration de cocktails devant un jury : détrompez-vous. Entre défi scénique et storytelling, les barmen sont mobilisés pendant des mois pour préparer leurs dossiers et leurs performances. Au cours de la finale française, elle reçoit le prix du jury mais aussi celui du public, qui la sacre meilleure performeuse sur scène. « Pour élaborer des recettes, il faut toujours une histoire. L’inspiration peut venir de partout : d’un film, d’une expo, d’une rencontre, d’une déco… » Il ne suffit pas simplement de faire le bon dosage dans une recette. « Il faut échanger pour partager ses créations, faire preuve de générosité. »

Une générosité qui pourrait bien payer lors de la finale de la World Class Competition à Miami, le 25 septembre. « On a reçu les épreuves avant l’été… Je n’ai pas vraiment pris le soleil ! » Pour cause : la barmaid a passé ses « vacances » à potasser… « J’ai un classeur rempli de notes ! Je ne veux rien laisser au hasard, je révise, je m’entraîne, je fais goûter mes cocktails en amont pour avoir les conseils de mon entourage… »

Le concours se déroule en trois étapes. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elles ne manquent pas d’originalité… La première, qui réunit tous les participants sur deux jours, comporte 4 épreuves :

  • Pour le « before and after », les candidats doivent élaborer un cocktail apéritif ainsi qu’un digestif.
  • Pour « Shape of the cocktail to come », ils doivent imaginer en 3 cocktails ce que sera la mixologie de demain.
  • « Pool Party » se déroule sur le toit de l’hôtel. Un couple d’invités mystères, tiré au sort parmi d’illustres célébrités (Penelope Cruz et Javier Bardem, Uma Thurman et Quentin Tarantino, Barack et Michelle Obama, ou Beyoncé et Jay Z), viendra déguster un punch revisité.
  • Dans la « Johnnie Walker Blending Room », ils devront goûter 8 scotchs à l’aveugle et les reconnaître. Ils devront aussi être capables d’identifier les 5 scotchs utilisés par le Master Blender dans un assemblage spécialement conçu pour la compétition.

A l’issue de ces premières journées, les candidats ne seront plus que 12. Pour le 2ème round, une épreuve intitulée « American Classics ». Véritable défi de rapidité, elle demandera des candidats de réaliser entre 6 et 14 cocktails… en 10 minutes. Notre Frenchie pense pouvoir en réaliser 12. « Nous sommes jugés sur la difficulté des cocktails et leur nombre, mais aussi sur notre efficacité et la propreté de notre plan de travail. C’est un challenge qui est fait pour moi ! Evidemment, il y a toujours un risque que quelque chose ne se déroule pas comme prévu… Mais je suis quelqu’un de très organisé, dans la vie comme au travail ». Tout est planifié à l’avance : la position des bouteilles, l’ordre dans lesquels Jennifer va enchaîner les ingrédients… « Chacun fonctionne différemment : certains préfèrent réaliser les cocktails un à un, d’autres préfèrent tout faire en même temps. De mon côté, je vais les faire deux par deux. J’essaye toujours, dans la mesure du possible, de me servir de mes deux mains ».

Le dernier round peut alors commencer. Il ne restera plus que 6 candidats en lice pour le « Miami Shake Down ». « Nous aurons 24h pour monter notre bar, en mode pop up. Nous aurons tous un bout de comptoir de 3 mètres et un mur. Nous devrons nous occuper de la décoration, de la verrerie, des ingrédients… ». Les jurys viennent ensuite visiter ces bars éphémères lors de la soirée de clôture, qui couronnera le meilleur mixologue.

Good luck !

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