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Jeune femme à vélo sur une route de campagne

Fermes d’Avenir : révolutionner le monde agricole

Le 6 juin 2017

Ingénieur de formation, Maxime de Rostolan a créé en 2013 l'association Fermes d'Avenir dont l'objectif est de promouvoir et d'accompagner les formes d'agriculture respectueuses de l'environnement. Il sera présent au festival We Love Green qui aura lieu les 10 et 11 juin au bois de Vincennes, à Paris.

Vous entamez, à partir du 15 juin, le premier tour de France dédié à l’agroécologie et la permaculture. Dans quel but ?

Maxime de Rostolan : L'idée est de donner à voir, pendant trois mois et au travers 30 étapes, ce qui se fait de mieux en matière d'agriculture et de faire comprendre aux gens comment la nourriture arrive dans leur assiette. A chacune des étapes, il y aura entre quatre et dix fermes à visiter à portée de pédales, puisque les gens seront plutôt à vélo. Le premier soir, des conférences seront organisées, le deuxième, une « agriculteuf » avec des artistes engagés, et le troisième jour sera réservé à la projection de documentaires. Il y aura aussi un chapiteau restauration, un bar, une scène extérieure, un camping. Le tour Fermes d'Avenir, c'est l'occasion de passer des vacances en famille, bien entouré et de voir 150 fermes remarquables partout sur le territoire.

Maxime-De-Rostolan

Pourriez-vous nous donner quelques exemples de fermes que vous avez choisi de mettre en avant et nous dire pourquoi ?

M.d.R : Il y a la ferme du Vieux Poirier en Alsace - une ferme complètement permacole -, qui dispose d'un système d'élevage couplé à de l'agroforesterie et à une partie maraîchage. Ils font de la transformation sur place et de la vente directe. Dans le sud-est, à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, la ferme du Cayre de Valjancelle cultive plus de 150 variétés de plantes qui ont un goût incroyable et approvisionne des grands chefs. On a aussi des projets collectifs, notamment du côté de Toulouse, à Saint-Félix-Lauragais. Une quinzaine de personnes font du maraîchage mais aussi de la grande culture. Ils ont des céréales panifiables, font eux-mêmes leur pain et produisent de l'énergie renouvelable in situ. Voilà des projets qui sont à la portée de tous. Des gens qui font bien les choses et qui réfléchissent leur modèle économique en même temps que leur impact écologique et leur qualité de vie.

Cette notion d'accessibilité, c'est d'ailleurs ce qui a motivé la création de Fermes d'Avenir. Vous vouliez montrer, en créant votre propre ferme expérimentale, qu'une autre voie était possible...

M.d.R : L'objectif de Fermes d'Avenir est de faire la révolution dans le domaine agricole, parce que le modèle dominant, qui détruit la santé, le climat, la biodiversité, les emplois... nous emmène dans le mur. Comment faire pour renverser le système et produire avec la nature et non plus contre elle ? La première des étapes de Fermes d'avenir, cela a été de dire : évaluons la viabilité économique, technique et sociale d'une agriculture qui s'inspirerait de la permaculture et qui aurait pour objectif de vendre en bio, local, etc. Donc on a monté cette ferme de la Bourdaisière qui est effectivement un premier laboratoire. Force est de constater que la permaculture n'est pas une recette magique et que c'est compliqué. Compliqué de sortir un ROI à deux chiffres en faisant des légumes. On espère atteindre l'équilibre économique l'année prochaine.

Vous insistez aussi sur l'importance de faire du lobbying pour promouvoir l'agroécologie. Vous étiez par exemple invités à Matignon le 2 juin dernier...

M.d.R : Pour changer le système en profondeur, il y a beaucoup de leviers à actionner, et notamment des leviers politiques. Il y a une distorsion de concurrence terrible entre l'agriculture industrielle et chimique – qui est soutenue par des lobbyistes qui arrivent à faire en sorte que la conjoncture leur soit favorable -, et l'agriculture bio. C'est d'autant plus dommageable que l’agriculture bio se doit de compenser tout un tas d'effets négatifs produits par l'agriculture industrielle : santé des gens, protection du vivant, problèmes de pollution de l'eau, de chômage... Dans cet objectif de rééquilibrer les choses, Fermes d'Avenir s'est construit autour de trois axes : la R&D, d'une part, le conseil, la formation, la sensibilisation, d'autre part, puis le lobbying. Ce que je faisais par exemple ce matin en allant à Matignon, hier en rencontrant Nicolas Hulot et ce que je ferai la semaine prochaine avec le ministre de l'Agriculture.

Vous avez une formation d'ingénieur. Pourquoi avoir choisi le champ plutôt que le bureau d'études ?

M.d.R : Mes parents m'ont transmis des valeurs humanistes. On a souvent voyagé et j'ai eu la chance de découvrir beaucoup de pays et comprendre qu'on n'était vraiment pas grande chose face à ce monde-là. Juste après mes études, j'ai fait un tour du monde sur le thème de l'eau. Je pense que l'ouverture et les voyages font partie de cette construction personnelle.

Ivan Capecchi - Le 6 juin 2017
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