habillage
premium 1
premium 1
malsch

Alexandre Malsch : l’après-melty

Le 30 mars 2017

Fondateur et CEO du groupe media melty, Alexandre Malsch a annoncé qu'il quittait ses fonctions lundi. Son envie ? Mettre ses compétences au service de grands groupes. Interview.

Il l'a annoncé lundi 27 mars via un post Facebook : après une aventure longue de 15 ans, Alexandre Malsch quitte la présidence de meltygroup – dont il reste actionnaire et devient Senior Advisor.

Une décision personnelle, de nouveaux enjeux professionnels, une vision enthousiaste de l’avenir… Alexandre Malsch revient sur ses motivations et ses ambitions.

« Avant toute chose, il s’agit d’une décision personnelle ». Il faut savoir que si melty a officiellement vu le jour en 2008, Alexandre Malsch travaille sur le projet depuis 2001, alors qu’il était encore lycéen. « Le moment était venu de me poser les bonnes questions : j’aurais pu continuer comme ça encore longtemps, mais j’ai préféré prendre un vrai virage. J’ai envie de voir ce qui se fait ailleurs ».

Au début confidentielle, la décision a été très rapidement partagée avec les collaborateurs. « C’était très intense. D’habitude, quand je m’adresse à eux, je n’ai jamais de notes… Là je les ai prévenus que j’allais être obligé de lire : j’étais trop ému. J’avais préparé une liste de points très importants auxquels je crois pour le futur de melty, et j’ai remercié ces équipes dingues et brillantes qui ont permis de mener à bien le projet ».

Même si la transition est chargée en émotion, elle se fait en douceur : après une impressionnante levée de fonds en 2015, Alexandre Malsch choisit Jérémie Clévy pour prendre la direction générale du Groupe. « Je voulais vraiment partager avec lui la culture de melty, mon expérience et ses enseignements. Le groupe a atteint sa maturité : c’est important d’avoir un bon gestionnaire pour prendre les rênes. Sans compter que mon rôle de président était un peu particulier : je devais prendre de la hauteur, mais ce qui me passionne vraiment, c’est le travail sur le terrain ». Son nouveau rôle de Senior Advisor lui permettra d’avancer sur les prochains projets concrets, aux côtés des équipes.

Chaque année, avec les Melty Future Awards, on se rend compte physiquement de ce que représentent les jeunes qui nous lisent : les fans sont en rendez-vous et ça donne la plus grosse cérémonie européenne suivie sur les réseaux sociaux. On a eu 33 millions de reach ! Les équipes de Facebook n'en revenaient pas.

- Alexandre Malsch

En parallèle de son implication chez melty, Alexandre Malsch continuera à aider et soutenir les startups, notamment avec Station F, dont il a rejoint le board. « Je n’ai pas pour ambition de monter un fonds et de prendre des actions chez les startups que j’accompagne », précise-t-il. Alexandre Malsch soutient les entrepreneurs à titre personnel.

C’est important pour moi de rester dans cet écosystème : beaucoup de gens se sont mobilisés autour de melty, et m’ont soutenu. Je veux pouvoir à mon tour apporter mon aide et mon expérience à ceux qui en ont besoin.

- Alexandre Malsch

Les startups, donc, mais aussi les grands groupes, qu’Alexandre Malsch aimerait rejoindre. « Je n’ai jamais eu l’occasion de travailler au sein d’une grande entreprise. Je les ai côtoyées en tant que clients et partenaires chez melty, mais pas de l’intérieur ». Or son expertise sur les millennials et le numérique pourrait être un véritable atout. « Je pourrais apporter mes compétences à un média qui cherche à s’adresser aux jeunes ou à se digitaliser, et pourquoi pas rejoindre une entreprise en rupture totale par rapport à ce que j’ai fait avec melty ».  Si Alexandre Malsch a conscience du potentiel qu’il pourrait apporter à une grosse structure, il veut aussi pouvoir apprendre en termes de process, de rigueur, de secteur et d’expérience.

Quant à la possibilité d’un retour à l’entrepreneuriat, Alexandre Malsch n’y voit pas d’objections… à condition d’avoir appris ailleurs avant. « Je ne sais pas ce qui se passera dans 5 ou 10 ans, mais je veux  d’abord voir ce que je n’ai pas encore vu : en termes de secteurs, mais aussi d’entreprises ».

Si les problématiques internationales l’intéressent, il souhaite néanmoins rester en France. « L’idée de melty était de prouver qu’on pouvait innover de ce côté-ci de l’Atlantique : c’est quelque chose auquel je crois très fort ». Alors qu’il était Vice-Président du Conseil national du numérique, il a été au CES et a visité la Silicon Valley. « Ça n’a fait que renforcer ma fierté de faire partie de la French Tech : je veux continuer à la défendre ».

Invité à l’occasion du Hacking 2017, Alexandre Malsch a d’ailleurs émis quelques souhaits à l’attention des candidats à la présidentielle. Il aimerait que les hommes politiques s’engagent sur plusieurs sujets :

  • Ne pas constituer de ministère dédié au numérique : dans la mesure où le digital infuse à toutes les strates de la société, y consacrer une entité n’a pas de sens. « Il faudrait un expert du numérique à tous les niveaux, ou à celui du Premier ministre ».
  • Ne pas oublier que la French Tech ne se situe pas qu’à Paris : toutes les grandes villes ont des pôles de compétences pointus et thématiques. « Au Pays Basque, par exemple la Ocean Tech est un label dédié aux acteurs des filières glisse, océan et activités aquatiques ».
  • Arrêter de changer les règles du jeu : qu’elles soient financières, fiscales, salariales ou sociétales, elles doivent être établies clairement et ne pas virer de cap. « Comment peut-on construire un modèle pérenne si l’on doit changer de stratégie et d’objectif tout le temps ? »
  • Faire en sorte que ces règles s’appliquent à tout le monde. « Si la moitié des joueurs a des règles qui sont différentes des autres, le jeu n’est pas très constructif… Ni très amusant… »

Hâte de voir la suite ? Nous aussi.

Et nous ne sommes pas les seuls : après son annonce, Alexandre Malsch a reçu de nombreux messages de soutien. « J’ai été très touché : qu’il s’agisse de nos concurrents, de gens qui nous aident, de gens que j’admire ou de lecteurs… Les réactions sont super positives ».

Mais avant de se lancer dans cette nouvelle aventure, Alexandre Malsch va se déconnecter. Un peu.

Il compte bien profiter de cette nouvelle vie pour faire du surf, sa passion, et s’accorder des vacances… sans portable. « Pas très longtemps, juste quelques semaines : je me connais, j’aurais trop envie de retourner travailler. Mais ce sera une première pour moi, depuis mes 15 ans… »

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.