premium 1
premium 1 mobile
Sans Forgetica, une police d'écriture

La typo qui va vous aider à retenir ce que vous lisez

Le 4 oct. 2018

Et si, dans la grande crise de l’attention que nous vivons, le problème n’était pas notre mémoire mais les typos utilisées ? Des chercheurs australiens ont mis au point Sans Forgetica, une police d’écriture que vous ne pourrez pas oublier.

Ce n’est pas un secret – notre attention se morcelle et c’est notre productivité qui en fait les frais. On n’arrive pas à se concentrer, on ne retient plus rien, et le coupable est tout désigné : c'est la faute d'Internet.

Plutôt que de s’y résoudre, certains tentent de trouver des solutions. Entre les bouquins qui donnent des règles pour mieux travailler, et les applications qui veulent booster notre mémoire, il y a de quoi faire.  

Des chercheurs de l’Institut Royal de Technologie de Melbourne (RMIT) ont abordé le problème sous un autre angle. Et si, le problème, ça n'était pas que notre mémoire se fait la malle, mais que les typographies actuelles sont totalement inadaptées ?

Il faut souffrir pour retenir

Pour parvenir à la police d’écriture parfaite, des experts en design typographique se sont associés à des psychologues. Une collaboration inédite, selon la doctoresse du RMIT Behavioural Business Lab, à l'origine du projet.

Le résultat : Sans Forgetica, une typographie légèrement inclinée, à laquelle il manque des morceaux. Oui, vous avez bien lu : ici et là sont grignotés des bouts de lettres. Et il y a une bonne raison à cela.

Une police d'écriture baptisée Sans Forgetica

Sans Forgetica a été conçue selon le principe de la « difficulté désirable ». Plus une tâche demande un effort important, plus son bénéfice sera pérenne. Ainsi, un texte difficile à déchiffrer sera sans doute mieux retenu. Pour la doctoresse Janneke Bliklevens, fondatrice du RMIT Behavioural Business Lab, les polices d’écriture actuelles sont toutes similaires et familières.

« Les lecteurs jettent un coup d’œil mais ne retiennent pas ce qu’ils lisent », analyse-t-elle.

Pour autant, il ne faut pas que le texte soit impossible à lire ! Sinon le cerveau ne peut pas le comprendre et ne retient pas l’information.

Des premières pistes de réflexion

Le travail du RMIT est intéressant, mais pas infaillible. L’objectif premier de la typographie était de permettre aux étudiants de mieux retenir leurs cours. Sur les 400 élèves qui ont participé à un test, ils étaient 57% à retenir un texte écrit en Sans Forgetica – contre 50% pour un texte en Arial. Il s'agit donc de premières pistes de réflexion et non d'un résultat définitif.

Dans une interview accordée au Guardian, le typographe australien Stephen Banham explique d'ailleurs que Sans Forgetica est plus adaptée à des textes courts. « Lire un roman dans cette police, c’est s’assurer un mal de crâne ». On veut bien le croire…

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.