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Éco-conception, FSC, biosourcé : petit lexique de la durabilité

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Comment s'y retrouver dans la jungle des termes et labels quand il s'agit de faire l'acquisition d’objets ou de meubles durables ? Entre les critères écologiques, le commerce équitable et le fameux made in France, difficile de faire un choix pleinement informé. Décryptage avec ce lexique de la durabilité.

Les grands concepts

Éco-conception : C’est la prise en compte de l’environnement et des principes de développement durable lors de la conception d’un produit. Le but pour les entreprises est de réduire au maximum les impacts environnementaux de leurs biens ou services. « Cette approche permet de limiter les pollutions, d’économiser de l’énergie et des matières premières, réduisant ainsi la pression sur les ressources, l’environnement et les émissions de GES » , précise l’Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME). Et cela à toutes les étapes du cycle de vie du produit : de l’extraction des matières premières à sa fin de vie.

Éco-responsable : « L’écoresponsabilité fait référence à un ensemble de comportements qui s’inscrivent dans une perspective de développement durable » , rappelle le ministère de l’Environnement du Québec. Ainsi, effectuer un achat éco-responsable, c’est opter pour un produit qui permet directement de réduire l’impact sur l’environnement. Par exemple, les gourdes ou les pailles en inox sont des produits éco-responsables.

Recyclable : La norme ISO 14021 définit le terme recyclable de la façon suivante : « Caractéristique d’un produit, d’un emballage ou d’un composant associé qui peut être prélevé sur le flux des déchets par des processus et des programmes disponibles, et qui peuvent être collectés, traités et remis en usage sous la forme de matières premières ou de produits. » Pour faire simple, un produit ou un emballage recyclable peut être traité pour être réutilisé à nouveau.

Upcycling : On le traduit en français par « recycler par le haut » , c'est une forme avancée de recyclage qui consiste à faire du neuf avec du vieux. L’idée est simple : récupérer des objets ou matériaux dont vous ne vous servez plus pour en fabriquer de nouveaux. Un moyen de valoriser ou de récupérer des objets, mais aussi d’inventer de nouveaux usages.

Biosourcé : On parle de matériaux biosourcés quand ils sont issus de matière organique renouvelable, d’origine végétale ou animale. « Ils peuvent être utilisés comme matière première dans des produits de construction et de décoration, de mobilier fixe et comme matériau de construction dans un bâtiment » , précise le ministère de la Transition écologique. Paille, bois, ouate de cellulose ou même chaume sont des ressources fréquemment utilisées.

Slow design : Théorisé en 2002 par l’universitaire britannique Alastair Fuad-Luke, le slow design invite les designers à se mobiliser contre les objets de décoration standardisés. Tout comme le mouvement international slow food dont il s’inspire, le slow design a pour vocation de soutenir les traditions et l’environnement dans la création contemporaine. Concrètement il s’agit de concevoir des objets uniques, faits à la main, en mobilisant des techniques traditionnelles, des matériaux recyclés et respectueux de la planète dans la mesure du possible.

Se repérer au sein des labels généralistes

NF Environnement : Créée en 1991 par l’Association Française de Normalisation (AFNOR), la certification NF Environnement permet à l’éco-consommateur « de faire le choix d’un produit respectant des critères écologiques et de qualité, ou ayant un impact moindre sur l’environnement » , indique le portail spécialisé en développement durable Vedura. Quels sont les produits concernés ? Équipement de la maison, bricolage, jardinage, papeterie, produits industriels et même services peuvent obtenir l’éco-label. En ce qui concerne les critères pour le domaine de l’ameublement, il en existe 20. Parmi eux, « connaître l’origine forestière et les modes d’approvisionnement du bois » , la non-utilisation d’OGM, s’approvisionner en textile conforme aux critères écologiques, ou encore « utiliser des emballages recyclables ou réutilisables » .

Écolabel européen : Il a vu le jour en 1992 sous l’impulsion de la Commission européenne, et a pour vocation d’aider les consommateurs à identifier les produits les plus respectueux de l’environnement tout au long de leur cycle de vie. Utilisable dans l’ensemble des pays membres de l’UE, il vise « à concevoir et promouvoir des produits (biens et [PR1] des services) respectueux de l’environnement et de la santé tout au long du cycle de vie (de l’extraction des matières premières à leur utilisation, en passant par leur fabrication) » , précise l’ADEME. En septembre 2020, la Commission européenne recensait 24 catégories de produits et services éligibles (multimédia, produits d’entretien, équipement de la maison, habillement) et 76 000 références de produits en Europe.

Origine France Garantie : Créé en 2011, Origine France Garantie n’est pas un label officiel mais une marque de certification privée reconnue par le ministère de l’Économie. Initiée par l’association Pro France, elle « assure aux consommateurs la traçabilité d’un produit en donnant une indication de provenance claire et objective » , précise le site du ministère. Pour l’obtenir, deux critères cumulatifs doivent être respectés : « entre 50 % et 100 % du prix de revient unitaire du produit est français et le produit doit prendre ses caractéristiques essentielles en France » , nous apprend l’AFNOR.

Faire le choix d’un textile durable

OEKO-TEX : Ce label assure, grâce à une petite étiquette, l’absence de substances nocives dans les textiles. Vêtements, linge de lit, matelas, canapés ou fauteuils, le label OEKO-TEX ou OEKO-TEX Standard 100 garantit que le produit n’est pas dangereux pour la peau ni la santé du consommateur et qu’il a été testé pour une centaine de produits chimiques comme les pesticides ou colorants. En revanche, ce label ne certifie pas forcément que le produit est écologique ou responsable. L’association allemande à l’origine du label a créé la certification Made in Green, peu répandue, qui certifie que les produits ont été conçus dans le respect de l’environnement et dans des conditions de travail éthiques.

GOTS : Le label Global Organic Textile Standard (GOTS) certifie trois éléments : que la production du textile[PR2]  est respectueuse de l’environnement, que les conditions de travail pour le concevoir sont dignes mais aussi qu’il n’est pas nocif pour le consommateur. Certifié par 19 organismes indépendants, le label GOTS exige une présence de fibres biologiques comprise entre 70 et 95 %, ainsi que l’interdiction d’OGM tel que le coton modifié. GOTS s’intéresse également aux conséquences de la production du textile certifié en minimisant les déchets, en imposant des emballages recyclables ou certifiés FSC ou PEFC.

Les principales certifications pour acheter du bois qui respecte les forêts

PEFC : Le Programme de reconnaissance des certifications forestières (PEFC) est une certification créée en 1999 par des propriétaires forestiers européens. Cette certification garantit aux consommateurs que le bois qui compose un produit est issu d’une forêt gérée durablement et raisonnablement. Selon l’Office national des forêts (ONF), cette certification engage à contribuer au renouvellement de la forêt, à garantir la préservation du sol par l’enrichissement naturel et assure la qualité du travail ainsi que la sécurité des acteurs. La certification est présente dans 50 pays et concerne plus de 303 millions d’hectares de forêt. 100 % des forêts domaniales françaises sont certifiées PEFC.

FSC : Le Conseil de Soutien de la forêt (FSC) est une ONG ainsi qu’un label international qui garantit que le bois utilisé respecte la gestion durable des forêts. Créé en 1993, un an après le sommet de la Terre de Rio, le FSC repose sur dix principes dont le respect des lois, le droit des travailleurs, les bénéfices générés par la forêt et la planification de la gestion. Selon WWF, le FSC est le seul système de certification « suffisamment exigeant face aux enjeux des marchés des produits forestiers. » En France, seules 0,2 % des forêts sont certifiées FSC.


Cet article est issu de « Beau et Responsable » , un dossier complet réalisé par L'ADN en collaboration avec Maisons du Monde. Pour accéder aux autres contenus qui le composent, c'est par ici !

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