Rosapark a trois ans, déjà. L'occasion de rencontrer Jean-Patrick Chiquiar et Gilles Fichteberg, deux des trois co-fondateurs de l’agence. Ils partagent avec nous leur modèle et leur vision du marché.
Créé le 2 janvier 2012, Rosapark a vu le jour sous l’impulsion de Jean-Patrick Chiquiar, Gilles Fichteberg et Jean-François Sacco. L’agence est installée dans une ancienne tannerie et ses patrons tiennent à ces locaux. « Sur plusieurs étages, on mélange les expériences et les profils », explique Jean-Patrick Chiquiar. Sur la terrasse, un barbecue. « L’idée est de responsabiliser les gens. Ici, c’est ‘work hard, play hard’ : tu gères ton temps comme tu veux et le travail est bien fait ». A l’étage des partners, un espace vaste pour accueillir les clients et les prospects. « Nous avons un mode de fonctionnement collaboratif : l’objectif étant que les gens se sentent ici chez eux. On n’est pas proches de Boulogne, ou du triangle d’or… Pour nous, les nouveautés et les talents bouillonnent ici, dans l’est parisien. Le choix du quartier n’est pas anecdotique : nous sommes des artisans, avec de l’ambition ».
« On a la volonté d’aller toujours plus loin », confie Gilles Fichteberg. Et Rosapark est née de cette impulsion. Jean-Patrick Chiquiar vient de chez Publicis Conseil. « C’est une agence qui m’a offert un terrain de jeu assez formidable ». Lorsqu’il y est, l’agence se transforme et développe son potentiel créatif. « J’ai eu la chance de travailler sur des marques comme AXA, Orange, PMU ou RATP ». Avant, il avait fait ses armes chez Young & Rubicam et Leo Burnett. « Le choix de l’agence est capital. J’ai à chaque fois cherché un challenge supplémentaire : mes choix ont été guidés par des gens, des expertises, et un goût du risque. C’est ce qui m’a fait me rapprocher de mes deux camarades pour construire Rosapark : leur talent, leur culture des marques, et nos valeurs communes ». Ses deux camarades, Gilles Fichteberg et Jean-François Sacco, sont à l’origine de campagnes pour EDF, Total ou encore Pepsi. Ils se sont rencontrés en 1999 chez Saatchi & Saatchi. Ils partent ensuite chez Young & Rubicam, où ils rencontrent Jean-Patrick Chiquiar. Très tôt, ils ont l’opportunité de partir chez CLM BBDO. « On y a fini vice-présidents en charge de la création ». A l’époque, ils ont le sentiment de faire partie « d’un des plus beaux réseaux au monde, mais quelque part on avait déjà envie de créer notre propre agence : quand on était juniors, on voulait être seniors, quand on a été seniors on voulait être directeurs de création, quand on a été directeurs de création on voulait être patrons mais une fois patrons, on savait que ce que l’on voulait c’était créer notre boîte ». Ils se retrouvent tous les trois animés par une même volonté : celle d’assumer leur vision. Plus question d’évoluer dans un système en demi-teinte. « Quand tu crées ton agence, tu as la main pour faire ce que tu penses devoir faire. Il n’y a plus d’excuse. A toi de mettre en place l’agence que tu penses idéale », selon Jean-Patrick Chiquiar. Gilles Fichteberg, quant à lui, évoque une « envie de confronter ses propres conceptions au métier. Quand tu te lances, il faut te dire que ta vision et ta manière de faire ce métier sont les bonnes. L’entrepreneuriat, c’est de l’excitation en CDI ».
« On adore ce métier. Se dire que tu peux mettre ta patte dans une agence quand tu en es le patron, c’est aller au-delà de la simple gestion », précise Gilles Fichteberg. « Ce qui compte, c’est l’impact, la valeur ajoutée, l’esprit que tu mets dans ta boîte pour qu’elle avance et qu’elle se transforme. Les managers doivent clairement faire la différence ». L’aventure est humaine avant tout : en agence, on passe du temps avec les gens. L’association avec BETC s’est faite naturellement : « Nous avons beaucoup de respect pour eux. BETC, c’est une belle culture avec du courage ».
Pour eux la place de Rosapark est en France. « La France était en retard par rapport aux nouveaux modèles. Les agences qui avaient une grosse notoriété au début des années 2000 étaient en train de s’essouffler ». Le marché français a besoin d’offres particulières. Pour Jean-Patrick Chiquiar, les dernières années ont été propices à la création d’agences. « Certains l’ont fait par dépit, parce-que leurs expériences s’étaient mal terminées ». Ça n’a jamais été leur cas. « C’est presque quand ça va trop bien qu’il faut se re-challenger ».
Aujourd’hui, le marché est en pleine évolution. « On a encore deux énormes monstres que sont Publicis et Havas, et de l’autre côté, toutes ces nouvelles offres émergent à la place des agences anglo-saxonnes ». Ces dernières subissent quelques désagréments… « Elles avaient une réputation, une existence, et elles sont en train de s’éteindre doucement », constate Jean-Patrick Chiquiar. Pour Gilles Fichteberg, c’est plutôt une bonne nouvelle : « il n’a jamais été aussi excitant de faire ce métier, véritablement ». Le métier s’est transformé par l’interactivité, la façon qu’ont les gens d’interpréter et de transformer un message. « On a vécu une période où les grosses agences ont essayé de faire leur mutation, mais c’était impossible. Tu ne peux pas arrêter un gros bateau : tu peux faire monter des gens par des petits canaux mais le temps qu’ils s’intègrent, ça prend du temps. Nous, on a choisi de sauter à l’eau. Il y a peut-être des requins, la mer est froide… Mais c’est beaucoup plus intéressant ». L’intérêt de l’aventure est aussi présent pour le client : « n’avoir qu’une agence intégrée, ça permet quand même d’assurer une cohérence rendue plus difficile quand tu multiplies les interlocuteurs ». Jean-Patrick Chiquiar continue : « c’est presque plus compliqué de travailler au sein d’un groupe : chaque patron défend les intérêts de sa propre agence et les problématiques de marques seront interprétées différemment au sein de chacune d’elles. Chaque groupe construit des expertises particulières qui ont un mal fou à vivre ensemble. Il est rare que le client puisse avoir un interlocuteur responsable, chacun se renvoie la balle ».
Or, chez Rosapark, la responsabilité est maître-mot. « On est responsables vis-à-vis des marques et de nos talents en agence ». Car leur objectif est bien de construire une agence de talents. « Plus on en a, et plus on est contents. On pousse vraiment les gens à donner plus que ce pourquoi ils sont là. Un de nos leitmotiv, c’est d’encourager les équipes à prendre le pouvoir ». Gilles Fichteberg ajoute que l’agence n’est pas un « système ego-nomique. Nous proposons des solutions, de façon proactive. En ce sens, c’est important que les gens se sentent responsables ici. C’est même une question de survie ! Quelqu’un qui viendrait ici en attendant qu’on lui dise quoi faire pourrait attendre très longtemps… »
L’équipe capitalise sur le sens du collectif, du collaboratif. « A un moment, l’intelligence collaborative c’est de se dire que tout le monde est au courant de tout. Tout est partagé, on croit aux gens qui sont là ». Les profils recherchés doivent être motivés et avoir une personnalité plutôt que de rentrer dans un moule prédéfini. « Les gens qui viennent ici doivent avoir envie de manger le monde », selon Gilles Fichteberg. La réalité, c’est qu’aujourd’hui il faut trouver une façon de ré-attirer les talents vers la publicité. « On est en train de payer 15 ans d’immobilisme », dit Gilles Fichteberg. « La pub avait vendu un modèle de modernité qu’elle était incapable d’assumer ».
Les nouveaux modèles qui émergent sont plus agiles, « avec une relation très impliquée de la part des managers, une créativité débridée et en ce qui nous concerne une vraie capacité à pouvoir s’appuyer sur des structures très solides », explique Jean-Patrick Chiquiar. Des structures et des expertises qui permettent à l'agence d'avancer sur des sujets européens, comme avec Marionnaud et Thalys. « On aime les marques qui sont créatives, avec un vrai propos de fond et une brillance dans l’exécution. Ce n’est pas parce qu’on est tout jeunes qu’on doit s’occuper de petits sujets. Au contraire ».
L’ambition de l’agence, c’est d’être aussi bien une agence de création qu’une agence de stratégie. Pour Jean-Patrick Chiquiar, « tout est une histoire de profils. Nous avons confié la direction de création à une équipe internationale, ce n’est pas anodin. Ils ne sont pas dans le cynisme français, cette espèce de boboisation des créatifs parisiens ». Le modèle permet d’avancer vite, de façon positive, et toujours en collaboration avec le client. « La campagne est l’aboutissement d’une relation. Elle se fait en accompagnement. Il n’y a pas de surprise, c’est la concrétisation d’un partenariat », ajoute Gilles Fichteberg.
L’une des prérogatives de Rosapark, c’est de comprendre l’époque. Ce qu’elle apporte, quelles sont les technologies qui pourront être utiles aux marques, décrypter les tendances… « On essaye de comprendre au mieux les gens ». Une philosophie qui s’incarne dans l’agence dans son ensemble. « Le nom de l’agence, Rosapark, traduit ce que l’on est. Des urbains, des enfants de la ville... La ville a un rythme particulier : comment créer une parenthèse à la frénésie ? » L’idée du parc s’impose comme un « poumon de respiration ». Le « K » traduit la culture skate des fondateurs. Et pour apporter une touche de douceur plus féminine, Rosa s’appose au park. Pour eux, pas question d’avoir un acronyme pour nom d’agence. « Ca prévaut sur des egos, des personnalités, des volontés de se mettre en avant. Ici, on parle d’une seule voix autour de Rosapark » confie Jean-Patrick Chiquiar.
Enfin, Gilles Fichteberg et Jean-Patrick Chiquiar insistent sur la nécessité de trouver le bon juste rythme. « Il faut avancer pas à pas sur toutes les étapes et ne surtout pas les brûler. C’est important de garder un équilibre, entre l’esprit et la création ». Les fondateurs se définissent comme des tuteurs qui ont pour ambition de transformer un peu le métier de la publicité. « On a les cartes en main. Il y a encore plein de boulot pour être plus remarquables, meilleurs, continuer sur notre lancée. The journey is the destination, disait Dan Eldon… Et c’est vraiment ça. Tous les jours on s’éclate. On y va ». Rendez-vous dans les mois à venir…
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