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Groupe Up : Portrait de marque

Le 5 juin 2016

Comment le groupe Up (anciennement Groupe Chèque Déjeuner) fait sa révolution digitale en mode open innovation.

Le 2 mai dernier, le groupe Up recevait le Prix Open Innovation d’Acsél’R. La nouvelle peut surprendre. Autant être clair, si Up n’a pas à rougir de ses résultats financiers, ni de sa place de numéro 3 mondial sur les marchés des titres de services, le groupe ne s’était jamais illustré dans l’innovation digitale. Mais en un an, la coopérative a réussi à embarquer ses collaborateurs dans une démarche d’innovation ouverte, et à lancer une vingtaine d’expérimentations ou de partenariats avec des startups. « Nous sommes une ETI de 3 000 salariés, présente dans 17 pays. Nous n’avons pas les moyens des grands groupes, mais nous avons voulu adapter leurs modèles d’open innovation à notre taille, et nos spécificités » explique Sylvie Nourry, Directrice stratégie et développement de Up. Et ça marche !

 

D’abord, impliquer les collaborateurs

L’open innovation, c’est d’abord une histoire de culture : apprendre à considérer l’externe (comme l’interne) non plus comme un champ de compétition, mais plutôt comme un immense gisement d’opportunités, d’enseignements et de collaborations possibles. La chose n’est pas aussi intuitive qu’on pourrait le croire. Il est donc fondamental d’engager les salariés dans le mouvement. Et l’enjeu s’avère plus facile au groupe Up qu’ailleurs : « Par nature, la forme coopérative génère des collaborateurs impliqués qui ont envie de partager ». Mais question innovation, il faut quand même encourager chacun à s’emparer d’un langage commun. Pendant plusieurs mois, à l’heure du déjeuner, le groupe a mis en place des conférences ouvertes à tous. Sujet : qu’est-ce que la transformation numérique, qu’est-ce que l’écosystème des startups…

Pour donner corps à cette première étape, un défi a été proposé aux équipes. Sur une plateforme dédiée, sur trois grandes thématiques, chacun des 1 000 salariés français avait un mois pour proposer en équipe une idée ou une solution et expliquer en quelques lignes en quoi cela correspondait à une problématique utilisateurs. Résultat ? « 20 % des salariés ont répondu, 38 dossiers ont été évalués, puis ont été soumis au vote auprès de l’ensemble des salariés, et 650 d’entre eux ont voté. »

Au final, six projets ont été retenus. Pendant deux jours, en mode design thinking, des partenaires extérieurs, et des salariés du groupe ont travaillé sur la viabilité des concepts puis présenté un pitch aux collaborateurs et à la direction générale. « Nous avons choisi un projet que nous nous sommes engagés à expérimenter en 2016. C‘était  une première édition, et notre but était d’obtenir rapidement des résultats concrets. »

 

Et collaborer avec les startups

Si l’interne a ses ressources, il faut reconnaitre que la culture numérique ne connait pas de meilleur creuset que chez les startupeurs. Mais entrer en contact, et initier des projets avec eux ne s’improvisent pas. « Notre premier acte très structurant a été de nous rapprocher du fond d’investissement Idinvest. Leur force est de rencontrer plus de 1 000 startups par an. Cela nous permet d’être très en amont des tendances, et de nous faire une veille très qualitative, en temps réel, pour sourcer des idées qui peuvent être complémentaires, ou qui valident nos propres réflexions. » Mais ce n’est pas tout. « Nous faisons des opérations de croissances externes depuis 50 ans, mais quand on le fait avec une startup, aucun de nos repères ne sont les bons… Nous sommes donc en mode apprentissage pour savoir choisir puis initier des collaborations avec cet écosystème. »

Pour soutenir cet élan, sur des sujets identifiés, le groupe Up a également mis en place des appels à innovations destinés aux startups. « Faire avec d’autres permet d’être plus rapide, plus agile, plus collé au besoin du marché. » Et là encore, le Groupe n’hésite pas à passer en mode apprentissage. « Nous avons mis en place tout un réseau (Club Open Innovation, Paris&Co, l’Institut Open Innovation…) pour gagner en légitimité et en retour d’expérience. Puis nous avons élaboré une charte pour ne pas faire n’importe quoi avec les startups et travailler conforment à notre culture de coopérative et à leurs besoins. » Plusieurs collaborations sont déjà déployées : en France, en Italie, en Espagne, en Roumanie et d’autres ne tarderont pas à l’être. Par ailleurs, depuis le mois de septembre, le groupe Up a lancé son accélérateur. Sur cinq projets sélectionnés, deux sont déjà entrés en phase d’expérimentation, mais tous ont été choisis pour l’intérêt qu’ils pourraient avoir à travailler avec le groupe.

 

Co-développer avec ses clients

« En tant que coopérative, il nous parait essentiel d’impliquer aussi ceux avec lesquels nous travaillons au quotidien : nos clients, nos utilisateurs… Nous lancerons donc plusieurs initiatives. La première s’est déroulée en France : nous voulions repenser les produits proposés aux RH et imaginer des solutions en co-développement avec eux. »

 

L’ensemble du dispositif a été réalisé en quelques mois, et va se déployer dans la durée. Une affaire à suivre donc…

 

Crédit photo : sabooj

Béatrice Sutter - Le 5 juin 2016
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