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De l’art du pitch

Le 1 juin 2015

Michael Rickwood est ce que l’on appelle un expert de l’art oratoire. Son passé de comédien et d’acteur l’a amené à rejoindre Ideas On Stage, où il enseigne la prise de parole en public. Utile pour les startups qui veulent pitcher… comme pour les autres. Interview.

Quels sont les impératifs pour une bonne présentation ?

M. R. : Il y a trois axes à garder à l’esprit lorsque l’on élabore une présentation. Tout d’abord, le contenu. Il faut se concentrer sur les messages clés, l’histoire que l’on veut raconter. Il y a un équilibre à respecter entre l’éthique, la logique et l’émotionnel, mais aussi l’introduction, le développement et la conclusion. Ensuite, il faut bien choisir son speaker : tout est important. La position, la respiration, la voix, l’articulation… Le débit de parole doit être juste, la formulation des phrases correcte et l’intonation agréable. Enfin, le design compte énormément. Il faut apprendre à rendre les slides plus simples et claires tout en les gardant originales et surtout liées au contexte : les images et le style doivent être choisis avec soin.

 

Quels conseils donneriez-vous aux startups qui veulent se lancer ?

M. R. : Quand on manque de temps, on a beaucoup de choses à dire… La 1ère étape, c’est de convaincre les investisseurs. Il faut expliquer l’essence du projet, pourquoi il va marcher, le tout sans trop rentrer dans les chiffres… Je dirais qu’il faut être précis et concis, et répondre à trois questions : qu’est-ce que c’est ? A quel problème répond le projet ? Comment va-t-il créer de l’argent ?

 

Avez-vous identifié certaines différences entre la France et le Royaume-Uni ?

M. R. : Il ne faut pas croire que les anglophones se débrouillent forcément mieux que les Français. Pour moi c’est avant tout une question d’écosystème. Tous les jeunes Français que je rencontre au NUMA sont déjà bien là-dedans. A contrario, des présentations qui concernent des grosses structures du secteur public peuvent paraître archaïques. C’est toujours compliqué de changer les mauvaises habitudes : dans certains secteurs, ou parmi certains intervenants, c’est parfois compliqué de faire prendre conscience des erreurs…

 

Pensez-vous que tout le monde puisse être doué  pour la présentation ?

M. R. : Il y a, bien sûr, des gens plus à l’aise que d’autres sur scène. Certains savent comment jouer avec le public. Cela ne veut pas dire pour autant qu’ils sont doués pour écrire leurs propres discours ! Ils ne savent pas forcément non plus trouver de belles structures, ou choisir les meilleures images. Il ne s’agit pas de tout miser sur une personne, mais de développer les points forts de chacun. Les meilleures présentations sont toujours celles qui allient contenu et idées. Il faut toujours ajouter « le plus de soi » possible. Il y a des astuces pour réussir : il faut faire des efforts, mais même quelqu’un de très complexé peut (et doit) s’y mettre. Si vous êtes timide, misez sur des visuels forts, des vidéos. Le plus important, c’est la répétition : il faut trouver un endroit, quand tout est en place, pour s’entraîner plusieurs fois. Idéalement, il faut le faire avec un public. Cela permet d’apprendre à gérer le timing.

 

Qu’en est-il de la technique du par cœur ? Cela peut-il aider pour une présentation dans une autre langue ?

M. R. : J’aurais tendance à la déconseiller : il vaut mieux élaborer autour d’une colonne directrice. C’est plus vivant et donne plus d’animation à l’intonation. A quelqu’un qui ne maîtrise pas l’anglais, je conseillerai de faire un cours express, même si l’idéal reste de choisir la personne qui maîtrise le mieux la langue au sein d’un groupe pour se charger de la présentation. Il faut savoir que la plupart du temps, le problème ne vient pas de la langue mais de la présentation en elle-même… Avec une bonne structure, une idée claire et un contenu simple, les fautes de langue sont pardonnées. Sinon on risque d’ennuyer son public : c’est cela le plus déstabilisant.

 

Un dernier conseil ?

M. R. : Lorsque l’on croit vraiment en quelque chose, la passion suit. C’est un facteur de réussite : les speakers les plus passionnés ont toujours été les plus mémorables, pour le meilleur et pour le pire. Jerry Weissman a déclaré : « if you make it easier on your audience, your audience is going to make it easier on you ». Il faut respecter son public pour qu’il se rappelle de nous.

 

Mélanie Roosen - Le 1 juin 2015
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