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coandco : portrait d’agence

« Contrairement aux produits de grande consommation, les marques de luxe sont destinées à être immortelles » . Rencontre avec Olivier Conan, fondateur de coandco, l’agence de haute création publicitaire.

Après une formation de directeur artistique, Olivier Conan rentre chez Young & Rubicam Paris avant de s’envoler pour New York. « En sortant de l’école, on a des notions, une sensibilité et une connaissance, mais le métier s’apprend vraiment sur le tas ». Il travaille pendant deux ans sur des marques internationales. C’est le début de l’informatique aux Etats-Unis. « Nous avions accès à des machines incroyables, on faisait de la post-prod, de la retouche ». Le retour à Paris et au crayon le pousseront à prendre son indépendance et à mettre en application tout ce qu’il a pu apprendre. « La France était un peu en retard au niveau informatique. J’étais jeune et libre, j’ai monté Reflex Créations avec un associé, avant de voler de mes propres ailes de de créer coandco en 1993 ».

 

Au fil des rencontres, Olivier Conan développe une vision, une sensibilité, et une personnalité qui l’orientent vers l’univers du luxe. « Ce sont des gens qui m’ont initié au luxe et qui m’en ont ouvert les portes. Jacques Helleu, directeur artistique de Chanel, ou Bruno Pons, patron des ateliers ABC ont été des personnes qui m’ont fait prendre cette direction ».

Chez coandco, pas d’actionnaires. « Être indépendant nous permet de ne pas avoir à faire du développement commercial pour le principe ». Olivier Conan reste honnête par rapport à ce qu’il fait : il privilégie la relation, « la communion avec les clients ». L’agence a le sens du temps, une culture de la sensibilité et de l’exclusif. « Nos interlocuteurs sont des directeurs artistiques ou des créateurs. Nous n’avons pas de direction marketing en face de nous : elles n’ont pas le pouvoir de décision ». Cela permet aux équipes de ne pas être dans « la séduction, la conviction, ou la manipulation. On est dans l’émerveillement, la vision, la magie ». Il en résulte une relation de respect et de confiance avec les annonceurs. « Chanel, ça fait 22 ans que l’on travaille pour eux. On exprime les marques plus qu’on ne les communique ».

 

Olivier Conan ne voit pas de contradiction entre luxe et digital. « Ca n’empêche pas le côté sensoriel ». Le numérique n’est plus un média, mais un outil d’expériences. « Cela permet une immersion sur-mesure, une nouvelle relation. Le luxe a toujours été à la frontière des sciences et des arts ».

Il préfère utiliser les talents à contre-emploi : « nous avons été amenés à faire travailler des photographes ou des réalisateurs dans des domaines qu’ils n’avaient jamais explorés. Par manque d’opportunité, ou parce qu’il n’y avait personne pour faire le lien entre l’univers de la marque et une production ».  Cela permet d’apporter un décalage et une qualité de regard aux clients. « Nous sommes une petite équipe : nous avons un véritable ressenti par rapport à ce que l’on propose ». Au-delà des titres, les équipes ont des caractères, des parcours uniques. « On ne met pas les gens dans les cases : la pluralité crée de la richesse ».

 

Si chaque époque cherche à redéfinir le luxe, l’agence préfère se concentrer sur le beau. « Le luxe est un art de vivre, on cherche à rester authentiques et cohérents : c’est en ce sens que l’on promeut des artistes et des talents, notamment en étant mécènes du Palais de Tokyo  ». Olivier Conan sait que ses clients l’attendent sur des idées et leurs réalisations. « On ne peut pas se démultiplier à l’infini, notre culture est unique ». Pour lui, pas besoin d’être un grand groupe international pour séduire les marques. « Il y a d’autres manières de faire qui existent, il faut travailler l’humain ». La solution n’est pas non plus de créer des départements luxe au sein de structures, et de leur appliquer les recettes des marques de grande consommation. « Il faudrait plutôt comprendre qu’on peut potentiellement appliquer les codes du luxe à toutes les marques ». Pour rendre le monde plus beau…

 

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Crédit photo : Géraldine Aresteanu

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