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Changer le monde en un clic

Devenez acteur du changement grâce à la puissance du clic et de Bassita, startup engagée dont le siège est en Egypte. Une autre manière de s’engager positivement et sans dépenser d’argent : le Clickfunding.

Alban de Ménonville faisait ses études à Montréal quand il rencontre Salem Massalha qui lui propose de venir s’installer en Egypte. Il vit maintenant depuis 7 ans au Caire. Pendant la révolution du 25 janvier 2011, ils assistent à la forte mobilisation de millions de personnes sur les réseaux sociaux, avant même qu’elles ne descendent dans la rue. « Avec Salem, nous avons eu alors un déclic. Grâce à l’impact des réseaux sociaux, un dictateur qui était là depuis 30 ans avait été destitué. Ce sont des outils puissants, ils peuvent changer les choses.», explique-t-il.

Alban de Ménonville a étudié la philosophie et le droit des affaires. Salem Massalha a étudié le management. Ils unissent leurs compétences et montent Bassita il y a un an et demi. Le principe : proposer aux webusers de soutenir des causes en donnant de la visibilité aux sponsors. Le tout par un simple clic.

« Si les réseaux sociaux peuvent avoir un réel impact sur le terrain, nous avons pensé que nous pouvions trouver un modèle pour mobiliser les gens dessus. Et puisqu’un clic donne de l’argent et qu’un clic donne de la visibilité, nous avons eu une idée : plutôt que de payer Google pour un référencement ou Youtube pour de la promotion de vidéo, pourquoi ne pas demander aux internautes d’être à l’origine de cette visibilité à titre gratuit, en partageant, en likant ou en postant un tweet ? En contrepartie, le sponsor, au lieu de payer l’internaute, paie pour une action positive sur la société. »

C’est donc un bon échange de procédés et l’impact à la fin est bénéfique pour tous. Les Egyptiens sont majoritairement sur Facebook, Twitter est réservé à une petite élite. Instagram en termes d’usage progresse mais c’est encore restreint.

« En fait le modèle est très simple, nous avons été surpris que personne n’y ait pensé auparavant ; à notre connaissance, pour l’instant, on est les seuls à le faire. », confie Salem Massalha. Pour parvenir à cet échange webusers/sponsors, Bassita réalise une petite vidéo sur une cause : ils la proposent à une société qui, si elle souscrit, indique le nombre de vues qu’elle souhaite pour résoudre une cause. Partages, tweets, likes, nombres de vues, tout est pris en compte pour évaluer la visibilité. Une fois tombés d’accord, la startup égyptienne lance la vidéo sur les réseaux.

« Nous avons notamment travaillé avec une des plus grandes marque d’optique égyptienne : Baraka Fashion Optics. Nous avons réalisé un film sur des femmes brodeuses qui, passé un âge, ne pouvaient plus travailler : elles avaient de terribles maux de tête, car elles n’avaient pas les moyens d’avoir des lunettes de vue, et forçaient sur leurs yeux pour broder des points très fins. Baraka Fashion Optics a souscrit au deal : pour 10 000 vues sur cette vidéo, la société s’engageait à donner jusqu’à 1 000 paires de lunettes. », raconte Alban de Ménonville.

Ce nouveau modèle marketing est un moyen efficace pour les sponsors de gagner en visibilité et permet à des gens qui ‘n’ont pas forcément les moyens de faire la charité ou d’aider financièrement une cause. Concret et très simple. Bassita signifie d’ailleurs facile, simple, en arabe.

Salem Massalha donne un autre exemple :  « Avant-hier, nous avons démarré une autre campagne pour une école primaire privée : celle-ci ne veut pas être réduite à une école pour enfants favorisés, c’est avant tout une école qui est consciente de l’environnement dans laquelle elle se trouve. Contre 30 000 vues, elle enverra des enfants qui n’ont pas les moyens en vacances, à la mer. »

« Pour l’internaute c’est extraordinaire, car rien que par un clic il crée quelque chose de concret. Nous pensons d’ailleurs qu’avec un clic on peut créer n’importe quoi : voyage à la mer, lunettes, vélos, œuvre d’arts… si on arrivait à toucher un milliard de webusers et donc à générer un milliard de clics, on pourrait par exemple créer un million de panneaux solaires. », espère Alban de Ménonville.

La prochaine campagne sera pour Unicef et avec elle, Bassita souhaite toucher un million d’internautes et apporter de l’eau courante à 10 000 personnes en Egypte. « Juste en cliquant on soutient une cause, c’est ce qu’on appelle le clickfunding. Nous passons notre temps à cliquer. Si à la fin du mois, on recevait le bilan du clic on serait certainement surpris. On perd conscience que le clic peut avoir une très grande valeur. Je pense vraiment qu’il faut le valoriser »

Aujourd’hui Bassisa espère étendre son modèle à d’autres pays et effectuer une levée de fonds pour janvier pour s’installer à Paris.

 

Bassita fait partie des startups de l’accélérateur Thinkers & Doers.

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