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    Portrait de Jean-Victor Blanc, médecin psychiatre et fondateur du festival Pop&Psy

    jean victor blanc

    Jean-Victor Blanc est membre de L’ADN Le Shift, le collectif du média L'ADN, son prolongement humain.

    Si vous deviez raconter votre parcours en quelques lignes… quel fil rouge relie vos différentes vies professionnelles et personnelles ?

    J.B. : La découverte de la psychiatrie lors de mes études de médecine a été une révélation: un métier qui mêle sciences, humanités et intérêt pour l'autre, quelle chance!
    Rapidement, j'ai aussi pris la mesure des conséquences de la discrimination qui touche les personnes concernées par un trouble psychique, leurs proches et ceux qui s'en occupent.
    En 2017, ma passion pour la pop culture m'a donné envie d'utiliser la puissance des fictions et de l'art pour changer de regard sur la santé mentale. C'était avant la pandémie, et à une époque où le mot même de psychiatrie faisait peur. C'est ainsi que Pop & Psy est né.
    Aujourd'hui je suis psychiatre addictologue à 60% et le reste du temps j'essaye de faire mieux comprendre les enjeux de santé mentale de plein de façons différentes.

    Aujourd’hui, qu’est-ce qui vous occupe l’esprit ou vous fait vous lever le matin (en dehors du café) ?

    J.B. : Mes journées sont très variées. Mais que ce soit avant de partir pour mes consultations à l'hôpital Saint-Antoine, donner un cours en médecine à Sorbonne Université, aller sur le plateau du Mag de la santé ou pour une conférence en entreprise, j'ai cette chance de me sentir utile en me levant le matin ! Enfin, uniquement après mon café et la lecture du Monde version papier, mon rituel !

    Y a-t-il une rencontre, une date ou un moment qui a changé votre manière de voir le monde ?

    J.B. : Cela peut paraître futile, mais le 11 Février 2012, j'apprends la mort par overdose de Whitney Houston, l'idole de ma jeunesse. J'étais interne en psychiatrie, et j'ai été très peiné qu'elle disparaisse, après des années de souffrance exposée dans les tabloïds. Je peinais à comprendre comment on avait pu la laisser mourir ainsi. Être psychiatre, c'est essayer d'empêcher de telle tragédie.

    Les œuvres (romans, films, expositions, séries, BD, musiques…) qui vous ont retourné ou que vous glissez volontiers dans les mains de vos amis ?

    J.B. : Il y en a tant, j'ai écrit deux livres sur le sujet ! Je dirai le film Melancholia de Lars Von Trier, la série I May Destroy you de Michaela Coel, le livre Ce que je sais de toi d'Eric Chacour, l'album Blackout de Britney Spears et le Giardino dei Tarocchi de Nikki de Saint Phalle en Toscane.

    Mutation ou transformation : quel grand changement (sociétal, technologique, culturel…) vous semble le plus déterminant pour votre secteur ?

    J.B. : Le rapport à la vérité, mis à mal en ce moment, et qui pourtant est un fondement en psychiatrie et plus largement en science. Si on ne peut plus se mettre d'accord sur le fait que la Terre est ronde ou dire que la transidentité existe, ça va être très compliqué d'exercer mon métier.

    Une collaboration, un projet ou une initiative dont vous êtes particulièrement fier ?

    J.B. : Le Festival Pop & Psy, que j'ai cofondé avec Florence Tredez et Emmanuelle Fellous, et dont la 5e édition aura lieu en Octobre 2026 à Communale. Il réunit personnes concernées, artistes, experts, activistes dans une ambiance ludique, inclusive et scientifique.

    Votre manière d’innover : comment cultivez-vous la curiosité ou la créativité dans votre quotidien professionnel ?

    J.B. : C'est mon métier de m’intéresser aux gens, sans cela on ne peut pas aider en psychiatrie. C'est parfois épuisant de passer d'un exercice à l'autre, mais aussi tellement passionnant. Je peux regarder une série un soir, qui va me faire penser à un échange avec un patient, qui m'aide dans l'écriture de mon livre, qui me donne envie d'approfondir la biographie d'une célébrité... Et quelques jours plus tard j'en fais une chronique !

    Une personnalité ou un courant de pensée qui influence votre manière de voir le monde du travail ?

    J.B. : Je me permets d'en citer deux : Frantz Fanon, grand psychiatre et penseur de la décolonisation et Jennifer Lopez, showgirl infatigable, qui ne lâche rien.

    Vous faites partie de L’ADN Le Shift, ce think tank un peu hors-norme : qu’avez-vous envie d’y trouver, ou d’y apporter ?

    J.B. : J'ai la chance d'avoir été un "early adopter" du Shift, en 2020. Béatrice Sutter m'a interviewé puis invité à déjeuner. Elle m'a parlé de TikTok, du metaverse, de K-Beauty, de l'intelligence artificielle... J'avais l'impression d'être propulsé dans de la science-fiction lors de la conversation. Et puis quelques mois plus tard, ces sujets étaient partout. Pour moi, c'est ça Le Shift: la force de la rencontre, l'éclectisme des sujets et un lien profondément humain.

    Votre ambition ou vos rêves pour demain : quel impact aimeriez-vous avoir sur votre organisation, votre secteur ou la société ?

    J.B. : J'aimerais normaliser les troubles psychiques. Ce sont des maladies qui peuvent être incapacitantes : si on arrivait déjà à enlever le poids du stigma et de la honte, je pense sincèrement que notre société serait meilleure.

    Enfin, si vous deviez résumer votre raison d’être en une phrase, une maxime, une réplique culte ou même une punchline… Ce serait ?

    J.B. : I go through life like a Karate Kid.

     

     

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