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    Portrait d'Arnaud Chaigneau, Fondateur et Dirigeant de Jiminy & Co

    Arnaud CHAIGNEAU
    © DR

    Arnaud Chaigneau est membre de L’ADN Le Shift, le collectif du média L'ADN, son prolongement humain.

    Si vous deviez raconter votre parcours en quelques lignes… quel fil rouge relie vos différentes vies professionnelles et personnelles ?

    A.C. : Si je devais résumer ce qui guide mon parcours, ce serait cette phrase d'Hermann Hesse : "Au début de toute chose il y a un charme." Mon métier, depuis la création de ma première entreprise, est de lier les gens et de parvenir à créer des coopérations entre des personnes ayant des parcours, des compétences et des valeurs différentes, mais portées par une même attention au Monde. On me demande souvent comment je parviens à créer ces liens. J'ai tenté d'apporter des réponses méthodologiques mais, en vérité, c'est d'abord accepter une rencontre, être sans jugement, écouter vraiment et se laisser porter par son intuition. Je crois qu'on ne l'entend pas assez et j'ai fait le choix de la suivre, souvent. En suivant ce fil conducteur, j'ai créé des entreprises, des communautés, des tiers-lieux. J'ai réalisé des levées de fonds, accompagné des entrepreneurs dans leurs succès et je ne les ai pas lâchés dans leurs périodes difficiles. Je pense donner beaucoup mais je me nourris aussi énormément, et je crois que cela me place à un endroit particulier entre ces communautés et ces projets que j'accompagne.

    Aujourd’hui, qu’est-ce qui vous occupe l’esprit ou vous fait vous lever le matin (en dehors du café) ?

    A.C. : J'ai la chance aujourd'hui de choisir mes sujets et de travailler une forme de cohérence. Les missions que j'accompagne sont nécessairement liées et les enjeux des uns nourrissent ceux des autres. Sur ces derniers mois et les prochains, je développe la communauté Life After Exit d'Asterion Ventures — une communauté que j'ai fait grandir de 80 à 315 entrepreneurs ayant réalisé une exit en dix mois. Je suis mandaté pour lancer Climate House en Nouvelle-Aquitaine. Et j'accompagne le philanthrope Yann Borgstedt, fondateur de Womanity, sur les enjeux de philanthropie que le contexte mondial actuel invite à transformer. Dans les prochains mois, au terme de ma mission pour Climate House, je lancerai avec plusieurs associés une alternative au marché de l'art : un fonds pour soutenir la création contemporaine française.

    Y a-t-il une rencontre, une date ou un moment qui a changé votre manière de voir le monde ?

    A.C. : En 2017, je suis invité à une retraite d'une semaine. La projection du film La Glace et le Ciel est proposée et nous sommes six dans la salle. À ma gauche et devant moi, trois messieurs grisonnants. Le film est pour moi une claque et lorsque la lumière revient, j'ai mille questions en tête, sans réponses. À ce moment-là, les trois messieurs se lèvent et se proposent de répondre à nos questions. Il y a Luc Jacquet le réalisateur, Jean Jouzel et Gilles Boeuf. Les jours qui suivent, j'apprends énormément et décide d'orienter la suite de mon parcours sur les enjeux de biodiversité, de climat et d'inclusion.

    Les œuvres (romans, films, expositions, séries, BD, musiques…) qui vous ont retournée ou que vous glissez volontiers dans les mains de vos amis ?

    A.C. : Le "Köln Concert" et "Sun Bear Concerts" de Keith Jarrett.
    Tous les livres de Paul Auster et David Lodge.
    Magellan de Stefan Zweig et son adaptation en BD par Christian Clot.
    Les films Emilia Pérez récemment, et si j'ose, Idiocracy — qui n'est pas un chef-d'œuvre mais qui me revient un peu trop souvent en tête à la lecture de l'actualité. : -)

    Mutation ou transformation : quel grand changement (sociétal, technologique, culturel…) vous semble le plus déterminant pour votre secteur ?

    A.C. : Le lien. Maintenir le lien et l'échange entre des personnes qui se radicalisent dans leurs convictions. C'est, je crois, la clef de tout. Sans ce lien et sans avoir la capacité d'écoute réelle — sans supposer ce que vit l'autre, sans comprendre et sans accepter, pour certains, de "perdre" pour que d'autres s'épanouissent — ce sera impossible. Pour moi, tout le reste : la culture, le politique, la technologie, doit servir cet enjeu.

    Une collaboration, un projet ou une initiative dont vous êtes particulièrement fière ?

    A.C. : Sur le sujet de la philanthropie, j'ai écrit avec Yann Borgstedt une tribune qui sera publiée et qui réunit aujourd'hui une centaine de co-signataires. Cette initiative est le début d'un autre projet, plus grand, fédérateur, et qui peut vraiment sauver des vies. Je suis extrêmement fier d'accompagner ce projet. À la publication de ce portrait, la tribune sera peut-être en ligne.

    Votre manière d’innover : comment cultivez-vous la curiosité ou la créativité dans votre quotidien professionnel ?

    A.C. : Je "navigue" entre plusieurs communautés choisies. Surtout, il y a quelques mois, une de mes meilleures amies m'a interpellé sur le fait que je parlais souvent de mes rencontres mais qu'elle était frustrée de ne pas les connaître. Alors j'ai créé un format simple qui est devenu une expérience réunissant une centaine de personnes : mes belles rencontres professionnelles. Cela s'appelle les "Jiminy Fellows" et c'est aujourd'hui ce qui me nourrit le plus car cela se concentre sur le flux. Chacun peut inviter ou recommander quelqu'un, ce qui nourrit la communauté. Je vois ce qui s'y produit et j'en suis extrêmement heureux. C'est devenu mon cœur de réseau et une clef personnelle et professionnelle.

    Une personnalité ou un courant de pensée qui influence votre manière de voir le monde du travail ?

    A.C. : L'Écocentrisme, le Post-anthropocentrisme ou plus poétiquement l'Hypothèse Gaïa. Je ne suis pas activiste sur ce concept mais je pense que si nous changeons notre rapport au Vivant, nous changerons notre rapport aux autres.

    Vous faites partie de L’ADN Le Shift, ce think tank un peu hors-norme : qu’avez-vous envie d’y trouver, ou d’y apporter ?

    A.C. : L'ADN est pour moi un endroit clef. J'y rencontre des penseurs, des scientifiques, des entrepreneurs. C'est une communauté d'une grande élégance qui fait du bien. C'est une belle illustration de cette phrase d'Hermann Hesse que je cite en début d'interview.

    Votre ambition ou vos rêves pour demain : quel impact aimeriez-vous avoir sur votre organisation, votre secteur ou la société ?

    A.C. : Je souhaite travailler à l'apaisement sans pour autant accepter la défaite des idées. C'est une ambition forte dans une séquence difficile.

    Enfin, si vous deviez résumer votre raison d’être en une phrase, une maxime, une réplique culte ou même une punchline… Ce serait ?

    A.C. : “Being a strong man includes being kind. There’s nothing weak about kindness and compassion. There’s nothing weak about looking out for others... You’re not a sucker to have integrity and to treat others with respect.” B. Obama

     

     

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