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    Marc-Arthur Gauthey, directeur marketing et communication de la Fabrique by CA et romancier

    Marc-Arthur Gauthey

    Marc-Arthur Gauthey est membre de L’ADN Le Shift, le collectif du média L'ADN, son prolongement humain.

    Si vous deviez raconter votre parcours en quelques lignes… quel fil rouge relie vos différentes vies professionnelles et personnelles ?

    M.G. : On m'a dit un jour que je suis un homme de lisière, j'ai trouvé l'image élégante. J'explore les émergences et la façon dont elles préfigurent les transformations de la société en tâchant de les anticiper. Cela force à se tenir en veille pour interroger le monde, admettre sa complexité et refuser les idées simples, en particulier dans les industries innovantes. Donc si je ne devais choisir que deux mots pour parler de mon parcours, je dirais la liberté et l'engagement. J’ai toujours investi des causes et des projets qui m’ont semblé porteurs et m’ont passionné. Je pense en particulier à OuiShare qui a été une aventure collective et intellectuelle formidable pendant dix ans, à SOS MEDITERRANEE où j'ai été en première ligne de l'urgence humanitaire, et aujourd'hui au sein de la Fabrique by CA où nous inventons de nouveaux services financiers à la croisée de la banque et des ruptures technologiques.

    Aujourd’hui, qu’est-ce qui vous occupe l’esprit ou vous fait vous lever le matin (en dehors du café) ?

    M.G. : Ce qui me préoccupe le plus, c'est la recomposition des équilibres géopolitiques mondiaux et ses conséquences sur nos économies et nos démocraties. C'est à la fois inquiétant, et un formidable territoire d'opportunité. En tant qu'Européens, qui avons grandi biberonnés à « la fin de l'Histoire », le réveil est un peu brutal. Mais nous avons tous les atouts, intellectuels, industriels politiques et économiques, pour nous organiser et rester maîtres de notre destin. Cela implique de faire l'inventaire de ce qui nous rend dépendants et donc vulnérables. La globalisation atteint ses limites, le défi de notre génération est immense pour penser et opérer une alternative souhaitable et résiliente.

    Y a-t-il une rencontre, une date ou un moment qui a changé votre manière de voir le monde ?

    M.G. : J'ai eu la chance de rencontrer Marc-Antoine Brillant de VIGINUM, il y a quelques mois. Sincèrement mon meilleur match depuis des années. Si j'avais déjà parfaitement conscience que la France est la cible d'opérations de déstabilisations permanente sur les réseaux, je crois que je n'en mesurais pas l'ampleur, les conséquences, ni la capacité des puissances étrangères à s'organiser militairement pour fissurer notre société. Mieux comprendre les enjeux de la guerre cognitive et informationnelle permet de mesurer la valeur d'une information fiable et vérifiée.

    Les œuvres (romans, films, expositions, séries, BD, musiques…) qui vous ont retourné ou que vous glissez volontiers dans les mains de vos amis ?

    M.G. : Une BD. Sans hésiter, Ailefroide, altitude 3954m de Jean-Marc Rochette. Premier tome d'une trilogie des Écrins. Sa façon de croquer la montagne n'a pas d'équivalent, et son histoire personnelle d'aspirant guide devenu dessinateur force l'admiration.
    Un livre. Martin Eden, de Jack London. C'est l'histoire d'une vocation littéraire sans bonne étoile. Un ami me l'a glissé un jour, en me disant qu'il me parlerait. Alors c'est à mon tour d'en recommander la lecture.
    Un film. Impitoyable. J'ai toujours adoré voir Clint Eastwood dans ce rôle d'antihéros. Un ancien tueur à gage sur le déclin remonte en selle au côté de Morgan Freeman pour une dernière mission. Le film n'est qu'une lente montée en tension vers la scène finale. Gene Hackman est terriblement méchant. Grandiose.

    Mutation ou transformation : quel grand changement (sociétal, technologique, culturel…) vous semble le plus déterminant pour votre secteur ?

    M.G. : Nous ne mesurons pas encore l'impact du déclin démographique sur notre société. Il est urgent de s'interroger sur les conséquences politiques, économiques, sociales d'une société vieillissante. Le bad buzz de la SNCF avec les wagons sans enfants récemment est saisissant, parce qu'un pays sans jeunesse est surtout un pays sans avenir.

    Une collaboration, un projet ou une initiative dont vous êtes particulièrement fier ?

    M.G. : J'ai publié un livre pour la naissance de chacun de mes enfants. Je crois que c'est une jolie preuve d'amour.

    Votre manière d’innover : comment cultivez-vous la curiosité ou la créativité dans votre quotidien professionnel ?

    M.G. : Je lis beaucoup la presse en essayant de varier mes sources, je vais à des conférences sur des sujets que je connais peu, j'y rencontre les gens, je questionne et j'essaye autant que possible de me trouver dans des situations ou des lieux inattendus. Malheureusement, je scrolle aussi beaucoup trop.

    Une personnalité ou un courant de pensée qui influence votre manière de voir le monde du travail ?

    M.G. : Je me situe à la croisée d'Hannah Arendt et Mike Horn. Chez la première, on trouve le terreau intellectuel qui prépare l'idée que l'accomplissement de soi par le travail est la grande supercherie du XXe siècle. Chez le second, la notion de défi et d'exigence illustre à l'idée que la vie est trop courte pour ne pas s'employer à faire chaque chose avec passion.

    Vous faites partie de L’ADN Le Shift, ce think tank un peu hors-norme : qu’avez-vous envie d’y trouver, ou d’y apporter ?

    M.G. : De l'intelligence, des connexions, de la joie, et de l'esprit critique. L'ADN a une façon très singulière de dénicher les sujets inattendus pour les explorer sans complaisance.

    Votre ambition ou vos rêves pour demain : quel impact aimeriez-vous avoir sur votre organisation, votre secteur ou la société ?

    M.G. : Comme dit Orelsan  « Plus personne n'écoute, tout le monde s'exprime ». Nos vies sont devenues trop bruyantes. Tâchons de cultiver le goût du silence et de la contemplation. C'est un premier pas vers la connaissance.

    Enfin, si vous deviez résumer votre raison d’être en une phrase, une maxime, une réplique culte ou même une punchline… Ce serait ?

    M.G. :   « La jeunesse n'est pas une période de la vie, elle est un état d'esprit. »
    Général Douglas Mac Arthur.

     

     

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