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    Gwénaël Rigolé, directeur général chez Actinuum

    Rigolé

    Gwénaël Rigolé est membre de L’ADN Le Shift, le collectif du média L'ADN, son prolongement humain.

    Si vous deviez raconter votre parcours en quelques lignes… quel fil rouge relie vos différentes vies professionnelles et personnelles ?

    G.R. : Comme beaucoup, ma trajectoire prend racine dans mon enfance : une vie simple et heureuse au cœur d’une cité, la découverte très tôt de la différence comme une richesse, la maladie comme apprentissage de la résilience, et la mer comme et source d’inspiration. Cette période a ancré en moi trois moteurs : la relation, la ténacité, le rêve et la nature.
    Ma première vie professionnelle se joue dans l’ingénierie d’affaires : un métier passionnant fait de rencontres, de résolution de problèmes et d’écoute active. J’y croise deux futurs mentors – un coach de dirigeants et un expert du pilotage de projet — qui influenceront profondément la suite.
    Envie de « passer du vendre au faire », je pars trois ans au Canada où je me forme au management de projet et développe des compétences de chef de projet en cabinet de conseil.
    De retour en France, je cofonde Actinuum avec mes deux mentors, devenue aujourd’hui SAM, avec l’ambition d’accompagner les organisations dans leurs transformations avec et par les femmes et les hommes. Pendant plus de dix ans, nous formons et accompagnons les ESN, bureaux d’études, ingénieries et éditeurs dans la montée en compétence de leurs managers et consultants — sur la gestion de projet, l’agilité, les relations humaines et le leadership.
    SAM est aujourd’hui un retour à l’essentiel : développer des compétences vivantes et avancées pour aligner culture managériale et stratégie. Nous souhaitons ainsi aider les organisations à s’adapter aux révolutions RSE, à l’arrivée massive de l’IA et à la complexité croissante des environnements.
    Mon fil conducteur : passer d’un univers à l’autre, se nourrir des meilleurs experts, créer des ponts entre l’entreprise et la connaissance, et contribuer modestement à ce que les acteurs du travail génèrent de la performance, du respect et de l’engagement.

    Aujourd’hui, qu’est-ce qui vous occupe l’esprit ou vous fait vous lever le matin (en dehors du café) ?

    G.R. : L’envie de servir et de créer du sens commun.
    J’aime découvrir, apprendre et engager.
    Je suis fondamentalement motivée par l’envie de progression. La complexité du monde (économique, sociétale, technologique) m’inspire plus qu’elle ne m’inquiète : elle donne l’occasion de régénérer l’actif social, financier et environnemental.
    Ma motivation prend sa source dans la volonté d’aider les équipes à relever ces défis en développant leurs compétences et leadership.

    Y a-t-il une rencontre, une date ou un moment qui a changé votre manière de voir le monde ?

    G.R. : La rencontre avec Paul-Louis Madelenat, figure singulière : sage et impertinent, érudit et enfant, explorateur et observateur du monde. Coach de hauts dirigeants, il est l’un de ceux capables de voir le meilleur en chacun et de l’élever par une écoute et une confiance rare.
    Il m’a appris qu’on ne transforme jamais sans reconnaître d’abord la beauté de l’autre. Il m’a transmis sa confiance et sa soif d’observation et d’action sur le monde.

    Les œuvres (romans, films, expositions, séries, BD, musiques…) qui vous ont retourné ou que vous glissez volontiers dans les mains de vos amis ?

    G.R. : BD : Le Petit Prince pour le rêve de l’enfant, l’invitation au voyage et à regarder autrement.

    Livre : Vingt mille lieues sous les mers pour la beauté du monde sous-marin, les dilemmes moraux du capitaine Nemo, l’utopie technologique et cette tension entre liberté et enfermement qui dit tant de la nature humaine.

    Musique : l’Adagio la musique de mon père : une émotion douce-amère, une invitation à l’introspection. J’aurais aussi pu citer The Wall des Pink Floyd pour sa force d’avancer et de casser les briques de notre mur intérieur.

    Film : Forrest Gump parce que la gentillesse, la pureté d’intention et la neurodivergence y sont montrées comme des forces capables de toucher le cœur, aller à la découverte du monde et faire des choses extraordinaires.

    Mutation ou transformation : quel grand changement (sociétal, technologique, culturel…) vous semble le plus déterminant pour votre secteur ?

    G.R. : La révolution la plus déterminante est sans conteste l’IA. non pas pour ce qu’elle remplace, mais pour ce qu’elle exige de nous. Face à elle, nos capacités deviennent presque infinies : accès au savoir, vitesse d’analyse, puissance d’exécution. Mais cette abondance appelle une intelligence augmentée des femmes et des hommes, pas seulement des machines.
    Cela signifie renforcer nos compétences d’analyse, de discernement, de décision et d’orientation.
    Mais surtout, remettre au centre ce qui ne se délègue pas : les vertus. La capacité à faire la différence entre le bien et le mal, à choisir le juste, à orienter la puissance technologique vers le progrès humain et non l’inverse.
    L’IA nous transforme et nous oblige à nous transformer pour devenir de meilleurs humains.

    Une collaboration, un projet ou une initiative dont vous êtes particulièrement fier ?

    G.R. : Le projet entrepreneurial SAM (Solutions avancées de Management). Plus de 60 000 personnes accompagnées avec une ambition : contribuer à un environnement professionnel plus harmonieux, performant et respectueux.
    Notre travail sur le profilage managérial pour donner aux organisations la capacité d’exécution de stratégies vertueuses. Notre démarche s’appuie sur un scan rapide pour identifier les leviers de performance managériale, des parcours multimodaux de montée en compétences et de la mesure d’impact opérationnel.

    Votre manière d’innover : comment cultivez-vous la curiosité ou la créativité dans votre quotidien professionnel ?

    G.R. : Par les rencontres. Le goût des autres et des différences.
    Les temps “off”, les voyages, les lectures, les discussions improbables.
    Par l’ADN et par SAM à travers notre Advisory Committee qui croise experts, chercheurs et praticiens.
    Et surtout par l’observation : tout commence par écouter.

    Une personnalité ou un courant de pensée qui influence votre manière de voir le monde du travail ?

    G.R. : Un jour, au sommet d’une montagne, j’ai rencontré un prêtre. Nous avons parlé longtemps du sens du travail et du rôle des leaders dans un monde bousculé. C’est lui qui m’a fait découvrir les travaux d’Alexandre Havard sur le leadership vertueux, que j’ai ensuite approfondis. Ce courant place au centre les vertus du cœur. La magnanimité, qui élève la vision. L’humilité, qui rappelle le sens du service et les vertus cardinales : prudence, courage, justice, tempérance. Des appuis concrets pour agir juste, décider mieux et incarner un leadership fondé sur le caractère plutôt que sur la posture. Ces principes m’accompagnent depuis : ils donnent du relief au rôle de manager et rappellent que la transformation commence d’abord à l’intérieur de soi.

    Vous faites partie de L’ADN Le Shift, ce think tank un peu hors-norme : qu’avez-vous envie d’y trouver, ou d’y apporter ?

    G.R. : J’y cherche de l’ouverture : des idées neuves, des tendances émergentes, des signaux faibles qui éclairent le monde qui vient. Mais surtout, des rencontres. Des personnes qui questionnent, créent, explorent, et qui acceptent de se laisser transformer par la conversation. Ce que je souhaite y apporter : un regard transversal sur la transformation, le leadership et le développement humain, nourri par quinze années d’accompagnement et d’observation des organisations. Et contribuer, à ma mesure, à faire émerger des perspectives communes dans un monde qui se fragmente.

    Votre ambition ou vos rêves pour demain : quel impact aimeriez-vous avoir sur votre organisation, votre secteur ou la société ?

    G.R. : Traverser un océan au sens propre comme au figuré. Et, plus encore, aider notre société à retrouver de l’harmonie : entre humains, espèces, mer et les écosystèmes qui nous portent. Mon ambition est de participer à une transformation plus intérieure : remettre du sens, du respect et du vivant dans nos façons de travailler. Faire en sorte que les organisations deviennent des lieux qui élèvent, qui protègent et qui permettent l’accomplissement plutôt que l’usure.

    Enfin, si vous deviez résumer votre raison d’être en une phrase, une maxime, une réplique culte ou même une punchline… Ce serait ?

    G.R. : « Le vrai pouvoir n’est pas dans la voix qui commande, mais dans l’âme qui inspire. »
    Et comme j’ai du mal à respecter les règles et que j’en veux toujours plus, une deuxième :
    « Un leader est un jardinier : il cultive des forces qu’il admire sans jamais les posséder. »

     

     

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