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    Dalibor Frioux, Conseiller auprès du Président du Conseil économique, social et environnemental

    Dalibor Frioux

    Dalibor Frioux est membre de L’ADN Le Shift, le collectif du média L'ADN, son prolongement humain.

    Si vous deviez raconter votre parcours en quelques lignes… quel fil rouge relie vos différentes vies professionnelles et personnelles ?

    D.F. : La curiosité, les rencontres, le besoin d'avoir plusieurs vies et d'occuper plusieurs endroits à la fois. Je me sens très vite enfermé dans un milieu social ou professionnel, ou même dans le cercle des humains, d'où un vif intérêt pour le non-humain, l'astronomie ou le monde animal.

    Aujourd’hui, qu’est-ce qui vous occupe l’esprit ou vous fait vous lever le matin (en dehors du café) ?

    D.F. : Je ne suis pas du tout du matin, et mon esprit est surtout occupé le soir! Mais comme tout candidat à l'écriture, c'est le prochain livre à écrire, qui est à la fois un territoire de découvertes, de concentration et de rencontres.

    Y a-t-il une rencontre, une date ou un moment qui a changé votre manière de voir le monde ?

    D.F. : Parisien de naissance, le moment où vers 28 ans, à la fin de mes études, dans les dernières années 1990, j'ai du mal à respirer l'air de ma ville. Je comprends qu'il est pollué, que des gens s'en préoccupent, qu'ils s'appellent les écologistes, et je découvre, très tard mais dans ma chair, la politique.

    Les œuvres (romans, films, expositions, séries, BD, musiques…) qui vous ont retourné·e ou que vous glissez volontiers dans les mains de vos amis ?

    D.F. : Dernièrement, le film "Silent Friend", ode incroyable aux alliances entre l'homme et le végétal, ou encore la série documentaire PhantasIA, sur Arte, qui explore les mille manières dont les musiciens, les photographes, les cinéastes, les écrivains se sont déjà emparés de l'IA, parce que les artistes seront toujours, par-delà bien et mal, irrésistiblement attirés par ce qui les aide à réaliser leur vision.

    Mutation ou transformation : quel grand changement (sociétal, technologique, culturel…) vous semble le plus déterminant pour votre secteur ?

    D.F. : Sans surprise, l'intelligence artificielle générative, qui va redéfinir les notions d’œuvre d'art, de texte, d'auteur, de spectateur et de lecteur. Nous n'avons pas encore pris toute la mesure de cette révolution, sans doute plus importante que l'Internet et l'imprimerie réunis, car on touche aux racines de l'esprit.

    Une collaboration, un projet ou une initiative dont vous êtes particulièrement fier·e ?

    D.F. : Je suis fier d'avoir œuvré pendant cinq ans au Conseil économique, social et environnemental (CESE), troisième assemblée constitutionnelle, dont les travaux sont des plongées passionnantes dans le réel, des vecteurs de solutions et d'innovations partagées, mais que la classe politique, avec le succès éblouissant qu'on lui connaît, a décidé d'ignorer ou de dénigrer. Nous ne sortirons pas des crises multiples que nous traversons sans les dizaines de millions de citoyens engagés que représente le CESE, sans une démocratie continue, une démocratie qui ne dépende plus d'une campagne électorale tous les 5 ans, de plus en plus biaisée et hystérisée.

    Votre manière d’innover : comment cultivez-vous la curiosité ou la créativité dans votre quotidien professionnel ?

    D.F. : J'ai du mal avec les réseaux sociaux. L'innovation et la technologie de pointe, qui ont fait leurs preuves depuis des siècles, ce sont l'attention et la concentration, très mal en point. Il faudrait les inscrire comme biens immatériels au patrimoine mondial de l'Unesco !

    Une personnalité ou un courant de pensée qui influence votre manière de voir le monde du travail ?

    D.F. : Sans hésitation Marx, Gorz, Dejours, Arendt.

    Vous faites partie de L’ADN Le Shift, ce think tank un peu hors-norme : qu’avez-vous envie d’y trouver, ou d’y apporter ?

    D.F. : J'ai envie d'y trouver des gens aussi variés que possible, ouverts aux rencontres et aux débats, ce qui fait du Shift un lieu précieux à l'heure où chacun s'épuise à tourner dans ses bulles de filtre ou un même milieu social. J'ai envie d'y apporter un regard de créateur, à mi-chemin entre la littérature et le débat d'idées.

    Votre ambition ou vos rêves pour demain : quel impact aimeriez-vous avoir sur votre organisation, votre secteur ou la société ?

    D.F. : En tant qu'écrivain, je souhaite déjà que les gens retrouvent le goût de la lecture, qui est bien plus qu'un besoin de s'informer. Et si mes livres pouvaient les y aider, ce serait parfait...

    Enfin, si vous deviez résumer votre raison d’être en une phrase, une maxime, une réplique culte ou même une punchline… Ce serait ?

    D.F. : Va voir ailleurs si tu y es !

     

     

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