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Tony Stark smart

Smart Grid : l’intelligence au service des maisons connectées

Le 2 nov. 2016

Nous entendons de plus en plus parler de maison intelligente. L'agence Tapptic décrypte le phénomène.

Dans nos sociétés actuelles, tout est sujet à la digitalisation pour améliorer notre quotidien et nos foyers ne vont pas échapper à cette tendance. Depuis quelques temps déjà, nous entendons régulièrement parler de « maison intelligente » ou de « maison connectée ». Si pour l’instant, le marché peine à décoller, il est évident que l’arrivée de grandes entreprises technologiques comme Google et Apple lui permettra de se démocratiser et de gagner en puissance. Pour le moment, les applications ou des services dédiés à la domotique ne font que commencer à entrer progressivement dans nos foyers. Ces outils rendent nos maisons plus adaptées à nos besoins, plus modernes et parfois même moins gourmandes en énergie. Nous allons voir qu’il existe plusieurs manières de faire intervenir ces « smart devices » au sein de notre foyer.

 

Une consommation plus intelligente.

Tout d’abord, l’un des premiers avantages de l’intégration du smart gridest avant tout économique, principalement avec l’optimisation de la quantité d’électricité utilisée. Qui n’a jamais entendu : « Pense à éteindre la lumière en partant » ? Ce geste, auparavant si anodin, est devenu avec le temps plus complexe, en partie à cause du nombre croissant de nos appareils. La technologie peut nous aider à utiliser l’électricité uniquement au moment où nous en avons vraiment besoin et ainsi baisser nos dépenses, en réduisant le coût de notre consommation via les tarifs « heures creuses / heures pleines » mais aussi en diminuant notre impact environnemental. Grâce à cette optimisation, nous pourrions limiter le coût de l’électricité sans pour autant renoncer à nos usages habituels.

Des entreprises telles que Nest Labs ont d’ailleurs compris l’enjeu de la « home automation ». Rachetée par Google plus de trois milliards de dollars, devenant ainsi sa troisième plus grosse acquisition, Nest Labs est, bel et bien, la preuve de l’engouement grandissant pour cette tendance. Le mois dernier, Nest Labs s’est associée à Southern California Edison pour le « Nest Power Plan » qui s’est donné comme objectif de réduire la température des foyers de leurs clients pendant les heures creuses. Ainsi, de très importantes économies d’énergies ont été réalisées. Nest Labs a en effet proposé à ses clients d’installer un thermostat intelligent capable de détecter la présence des habitants au sein du foyer et d’en ajuster la température. L’entreprise a considérablement gagné en influence grâce à ce projet et cela lui a permis de recruter de nouveaux clients.

Les « smart devices » peuvent également permettre aux consommateurs de gérer leur propre production d’énergie. De plus en plus de foyers sont équipés de panneau photovoltaïque ou d’éolienne domestiques pour générer leur propre énergie renouvelable, leur production dépend donc de conditions météorologiques. L’installation d’un système intelligent pourrait alors permettre de coordonner le lancement des récepteurs d’énergie au moment le plus propice de manière à optimiser leur production. Nous pourrions imaginer un « smart device » capable de suivre un scénario donné indiquant que l’eau doit être chaude à 7 heures du matin. Le « smart device » devra alors être capable d’adapter l’heure de démarrage de la chaufferie en fonction des conditions climatiques et des heures creuses afin de bénéficier du tarif le plus avantageux. Ce scénario est un exemple d’application des principes « smart grid » avec une optimisation de l’usage de l’électricité tout en gardant le même confort de vie.

Une standardisation nécessaire à la démocratisation.

A l’heure actuelle, le manque de normes de standardisation dans la « home automation » est l’obstacle principal à sa démocratisation. Chaque marque fonctionne indépendamment les unes des autres rendant le marché très fragmenté. Il n’existe pour le moment que peu de méthodes standardisées qui soient en mesure de connecter différents appareils entre eux. Jusqu’à maintenant, au point de vue de la connectivité, les moyens les plus démocratisés étaient, bien évidemment le WiFi, le Bluetooth, le Zigbee ou encore la référence sur le marché : le Z-Wave. Cependant, les API de contrôle des différents appareils sont, quant à eux, très peu standardisés et leurs accès sont souvent bien protégés.

Néanmoins, quand il s’agit de s’équiper de « smart devices », la seule option possible est de se tourner vers les marques de domotiques qui choisissent d’intégrer dans leurs produits des fonctions « smart », soit pour réduire la consommation d’énergie, soit pour augmenter le confort des utilisateurs. Ces entreprises prennent alors en charge l’ensemble du « smart service», de l’électronique au contrôle, le plus souvent via une application sur smartphones ou sur tablettes. Cependant, pour le moment, les fournisseurs de systèmes d’intégration n’ont aucun moyen d’interagir avec les équipements présents sur le marché actuel. En effet, les initiatives d’interopérabilité sont rares, et sont souvent dépendantes des accords passés entre une entreprise de « home automation » et une marque domotique, comme ce fût le cas pour Qivicon avec Deutsche Telecom. Cela risque néanmoins de fortement évoluer dans les années à venir, car les fournisseurs d’équipement commencent à planifier une introduction systématique de la dimension « smart » sur leurs appareils.

Une analyse plus poussée de notre consommation

Pour le moment, la seule solution réalisable pour digitaliser nos équipements existants est d’ajouter un composant de mesure et de contrôle sur les différentes lignes d’alimentation de notre maison. De cette manière, il est alors possible de jouer sur l’état « on/off » de l’appareil et surtout d’avoir une vision plus globale et plus complète de notre consommation. Cette analyse peut être également réalisée grâce à une prise électrique connectée à Internet, les plus connues sont notamment Belkin Wemo ou encore Fibaro Wall Plug. Une fois stockées sur le boîtier, les données pourront ensuite être analysées. Cette fonction est souvent liée à d’autres possibilités de la « home automation » comme la mesure de la température ou alors des options sécuritaires, Fibaro propose notamment cette fonction.

Ces options engendrent logiquement un coût supplémentaire. Une prise intelligente connectée par un protocole sans fil coûte entre 60 et 70 euros et le prix du boitier central peut grimper jusqu’à 500 euros. A ce rythme, il est évident que digitaliser sa maison représente un investissement certain. Investissement qui, certes, peut être quelque peu amorti par des économies sur la facture d’énergie. Mais, cela reste dans une moindre mesure, car, de notre expérience, nous considérons qu’une facture baisse en moyenne de 10%. C’est pourquoi, il paraît périlleux d’investir dans les « smart devices » uniquement pour des raisons économiques, les fournisseurs de « home automation » préfèrent donc axer leurs discours sur le gain de confort et de modernité.

Un enjeu sécuritaire non négligeable

Il est certain que ces nouveaux outils domotiques connectés peuvent effrayer d’un point de vue sécuritaire et cela pour de bonnes raisons. Vendredi 21 octobre, une faille de sécurité de grande ampleur a eu lieu principalement aux Etats Unis. En effet, le malware Mirai s’est attaquée non pas à des ordinateurs, mais bel et bien à des objets connectés, provoquant ainsi une panne géante qui a touché un grand nombre de sites notamment Twitter, Netflix ou encore Linkedin.

Ces innovations peuvent donc représenter une menace pour la sécurité de ces utilisateurs. Pour l’instant, même si cela semble anecdotique, si les outils de « home automation » se démocratisent, il y a de fortes chances qu’une cybercriminalité soit également amenée à se développer. Une fois branché, rien ne peut empêcher un hacker de prendre le contrôle de l’un de vos appareils et les rendre dangereux envers vous-mêmes. Cela représente une menace pour la vie privée des utilisateurs mais surtout pour leur sécurité.

Pour autant, d’autre objets connectés promettent une plus grande sécurité à leurs usagers en leur indiquant en temps réel ce qu’il se passe au sein de leur domicile. Une fois installée, la Nest Protect est en mesure de détecter tout départ d’incendie et d’en avertir l’utilisateur via une notification push. D’autre part, si le client a également doté son domicile d’une caméra de surveillance reliée à son smartphone, type Nest Cam, il pourra voir en temps réel ce qu’il se passe chez lui.

Vers une systématisation de la « home automation » ?

Pour résumer, nous pouvons affirmer que nous ne sommes qu’au début de l’ère de la « home automation ». Pour l’instant, les seules possibilités pour rendre notre maison plus compatible au « smart grid » passent avant tout par la compréhension et l’analyse de la consommation électrique du foyer. Dans l’immédiat, les challenges techniques demeurent le frein majeur au développement principalement par le manque de standardisation et d’importants problèmes de sécurité. Malgré tout, cela risque d’évoluer très rapidement. Ce secteur reste prometteur et le monde des « smart grid » va rapidement se voir submergé d’opportunités business pour les entreprises technologiques, avec le lancement de nombreux objets domotiques connectés. Il y a fort à parier, que d’ici quelques années, les nouvelles constructions seront systématiquement équipées de ces solutions domotiques intelligentes, ce qui risque également d’engendrer un véritable essor autour des métiers d’intégrateur pour tout ce qui concerne les « central home automation » et sans doute les solutions cloud qui les accompagnent.

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