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Ils font Shifter l'époque
Arnaud Pagès - Le 9 déc. 2020
Portrait de Pascale Guiffant
© DR

Portrait de Pascale Guiffant, cofondatrice d'Open Lande

Ingénieure diplômée de l'Ecole Supérieure d'Agriculture d'Angers et de Montpellier SupAgro, détentrice d'un MBA Leadership & Business Education obtenu à Sciences-Po Paris, Pascale Guiffant a été Deputy VP Sustainable Developpement de Suez et Board member de Sanergy. Très engagée sur les questions de développement durable, elle a co-fondé Open Lande en 2019, une communauté de talents qui développe des projets afin de "réparer la Terre" et de mieux sensibiliser les entreprises aux enjeux climatiques.

L’ADN Le Shift est né d’une volonté de vous inviter à vivre ce que nous vivons en tant que média : vous connecter à ces pôles d’énergie de l’époque, initier les rencontres, faire naître d’authentiques conversations, et créer des relations durables. Aujourd’hui, en pleine crise sanitaire mondiale, nous avons besoin plus que jamais de créer du lien, de nous rencontrer et de vous présenter celles et ceux qui pensent et font le monde de demain. C’est pour cette raison que nous avons souhaité publier les portraits des membres de L’ADN Le Shift. Un portrait, une rencontre.

 

Open Lande se définit comme une fabrique de projets évolutionnaires... Qu'est ce que cela veut dire exactement?

Pascale Guiffant : Nous accompagnons les professionnels et les territoires sur les questions de transition écologique. Nous souhaitons sensibiliser un maximum de personnes à ces enjeux. Notre objectif est de favoriser l'émergence de l'économie régénérative. Nous aidons les organisations et les individus à passer à l'action en mettant à leur disposition un certain nombre de connaissances et d'outils. Nous plaçons le vivant au cœur de nos projets... Il peut s'agir de la renaturation d'un site pollué en zone urbaine ou de la refonte d'une chaîne de valeur pour en réduire l'impact écologique... Nous accompagnons également de jeunes entrepreneurs à impact qui ont envie de développer leurs propres projets. 

 

Que proposez-vous exactement ?

P.G. : Nous sommes une structure hybride, à la fois association et entreprise à mission. Nous avons un lieu de coworking à Nantes avec une salle multi-usage qui accueille des conférences et des expositions. Nous avons développé un format de conférences baptisé #Catalyse que nous proposons gratuitement toutes les deux semaines. L'objectif est de sensibiliser à la transition énergétique et écologique mais aussi de montrer que des organisations et des individus sont déjà en route sur ce chemin. Nous voulons prouver que c'est possible et qu'il faut s'engager vers l'action. Aujourd'hui, il ne s'agit plus seulement de prendre conscience. Il faut agir. Nous avons également une offre de formation qui s'adresse aux personnes qui souhaitent monter en compétence sur ces sujets. Enfin, nous avons une partie transformation / innovation avec la Fabrique, un incubateur de projets à impact.

 

Quels sont les résultats concrets ?

P.G. : Depuis notre lancement, nous avons sensibilisé 7600 personnes. Nous en avons formé plus de 150 et avons accompagné 15 projets portés par des individus ou des organisations. Nous sommes sollicités par des entreprises basées sur notre territoire - PME ou ETI - et nous échangeons depuis peu avec plusieurs grands groupes. Nous travaillons principalement sur les questions de l'habitat, de l'immobilier, de l'alimentation, de l'énergie, et du numérique. C'est assez varié. Nous leur amenons une vision radicale qui pousse le curseur un peu plus loin. Nous les aidons à mettre au point des prototypes pour qu'ils puissent rapidement expérimenter et inventer des offres alternatives.

 

Aujourd'hui, la RSE est-elle suffisante pour permettre aux entreprises de changer ?

P.G. : Je pense que les gens qui travaillent dans les départements RSE connaissent vraiment bien les sujets, le climat, la biodiversité, l'économie circulaire.... Ils ont réellement envie d'innover et d'avancer. Cependant, une grande partie de leur temps est accaparée par le reporting. Pour ce qui est du développement de prototypage, il est plus pertinent d'avoir un acteur extérieur qui va venir avec une méthodologie précise et la possibilité d'interpeller les équipes innovation et produit. C'est clairement une aide pour la RSE qui facilite la communication en interne et l'intermédiation avec les différents acteurs. Nous sommes persuadés qu'une révolution écologique est en train de se produire au sein des organisations. Elle nécessite une évolution de la culture interne pour développer l'impact sur l'ensemble des projets.

 

Votre objectif pour 2021?

P.G. : Nous souhaitons développer le modèle Open Lande en open source pour qu'il puisse profiter à d'autres communautés dans d'autres villes en France. C'est notre grand projet pour 2021. L'idée est de démultiplier l'impact de notre activité. Dans les années à venir, nous souhaitons développer un lieu totem à Nantes qui sera un démonstrateur de l'économie régénérative. Un lieu inspirant par sa construction, ses fonctionnalités et son écosystème de services.

 

Pascale Guiffant est membre de L’ADN Le Shift.
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Arnaud Pagès - Le 9 déc. 2020
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