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Cybersécurité : êtes-vous prêts pour le Q-Day ?

© Dust CT

Le risque post-quantique plane déjà sur nos systèmes de chiffrement, promis à être obsolètes d'ici 2030-2035. Les hackers, eux, s'y préparent déjà en volant des données chiffrées à décrypter plus tard.

« Harvest now, decrypt later », ou « moissonner maintenant, déchiffrer plus tard ». C’est par cette pratique qui n’a rien d’agricole que des hackers très prévoyants volent aujourd’hui des données chiffrées pour les décrypter demain, une fois qu’un ordinateur quantique sera assez puissant. Le risque n’a rien de théorique : dans une publication d’avril 2026, l’ACPR appelle les institutions financières à préparer dès maintenant leur migration vers la cryptographie post-quantique.

Pas de date, mais des échéances

Alors, c’est pour quand exactement, cette nouvelle menace ? Personne ne sait dater précisément le « Q-Day », le jour où un ordinateur quantique pourrait casser les principaux systèmes de cryptographie à clé publique. Les autorités ne donnent pas de date, mais des échéances de migration : le groupe d’experts cyber du G7 recommande de faire migrer les systèmes critiques d’ici 2030-2032, puis les autres d’ici 2035. Google vise 2029 pour ses propres services. La migration prendra des années.

Le sujet ne concerne pas seulement les entreprises qui investissent dans le quantique. Il concerne à terme toutes celles qui utilisent des systèmes de chiffrement vulnérables. Dans une enquête Thales menée auprès de 3 120 professionnels de la sécurité et des technologies, 61 % citent déjà le « Harvest now, decrypt later » comme leur principale préoccupation quantique.

Côté assureurs, le risque est encore largement invisible. Un rapport conjoint du courtier en réassurance Aon et du groupe d’analyse financière Moody’s, publié en août 2026, estime que le marché de la cyberassurance n’a pas encore véritablement intégré le risque quantique dans ses produits, et les sinistres associés.

Des sinistres qui, on l'a compris, pourraient survenir des années après le vol initial. Une publication de la Professional Liability Underwriting Society (PLUS), l’association professionnelle des acteurs de l’assurance de responsabilité, évoque déjà une garantie qui financerait la migration vers la cryptographie post-quantique après la détection d'une interception de données. Pour les assureurs, le défi sera d'inciter leurs clients à adopter « l'agilité cryptographique », soit la capacité d'un système à remplacer rapidement ses algorithmes, clés ou protocoles de chiffrement sans perturber le fonctionnement de l'infrastructure globale.

Carolina Tomaz

Journaliste, rédactrice en chef du Livre des Tendances Business de L'ADN.

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