doigt d'honneur

85% des millennials détestent les millennials

Le 12 juill. 2017

... et c'est de notre faute. A trop être épiés, les Millennials ont fini par ne plus pouvoir se voir en peinture.

Qu’on leur lâche la grappe ! A force de vouloir les « comprendre », les faire rentrer dans des « cases » prédéfinies, ou de les observer comme des bêtes sauvages, les Millennials ont fini par avoir une image complètement faussée et dégradée d’eux-mêmes. On les dit paresseux, insolents, égocentriques… Mais leur a-t-on seulement donné la parole ? Avant que l’on se mette à décortiquer la nouvelle « génération » tendance, les Xennials, arrêtons-nous un instant sur celle qui a tant fait parler d'elle, malgré elle.
Évitons donc de mettre la charrue avant les bœufs, et intéressons-nous de plus près à cette fameuse « génération ».  En association avec l’agence La Chose, la société d’études et de conseil BVA a donné la parole à 2 114 jeunes, âgés de 18 à 30 ans. Le constat est sans appel : les Millennials ont fini par… détester les Millennials.

En effet, ils sont 85 % à utiliser un adjectif négatif pour décrire leur génération. « A force d’avoir essayé à tout prix de les décrire et de les analyser, note l’étude, notre société a fini par dresser un portrait des Millennials dans lequel eux-mêmes ne se reconnaissent pas. » Et ils sont les premiers à en faire les frais. Pour preuve : les jeunes se décrivent avant tout comme « travailleurs » (39 %), « responsables » (38 %) et « généreux » (38 %). Pour autant, ils perçoivent leurs pairs, les Millennials donc, comme majoritairement paresseux, insouciants et égoïstes ! Afin de dresser un portrait-robot plus « juste » du « Millennials », l’étude s’est attelée à confronter le « jeûne » à plusieurs stéréotypes qui lui sont régulièrement associés.

Sortir des clichés

Premier stéréotype : les Millennials seraient « révoltés et révolutionnaires » et se construiraient « dans l’opposition ». Faux, archi faux. Le maintien de l’ordre public apparaît comme important pour 88 % des jeunes interrogés. De même concernant le « respect des traditions » qui obtient 73 % d’opinion favorable. Enfin, « l’armée et la police ont une image positive auprès des jeunes, à 79 % et 70 % », révèle l’étude.
Les Millennials, des petits Eric Zemmour en puissance ? Oui et non. Car, si les valeurs conservatrices ont la cote auprès d’eux (la famille est une valeur refuge, la « fidélité et le mariage sont connotés positivement à 91 % et 78 % »), ils demeurent foncièrement optimistes quant à leur avenir. « A l’inverse de leurs aînés », ajoute l’étude qui précise que les jeunes sont « optimistes concernant leur accès à un logement (78 %), leur situation amoureuse (76 %) et leur situation professionnelle (75 %). »

Hyper connectés, vraiment ?

Autre stéréotype : les djeuns ne jureraient « plus que par internet et les réseaux sociaux ». Là encore, nos fantasmes dépassent la réalité puisque, parmi les personnes interrogées, seuls 27 % se disent « très connectés ». D’autre part, les réseaux sociaux évoquent pour 37 % d'entre eux quelque chose de négatif !
Dernier stéréotype passé à la moulinette : les Millennials seraient fainéants. Bon… Sur ce point, soyons honnête… L’étude a beau dire que c’est « faux », il faut avouer que les chiffres mis en avant ne vont pas vraiment dans ce sens. Seuls 39 % se décrivent comme travailleurs. Toutefois, 73 % des répondants reconnaissent que l’entrée dans la vie active constitue « la principale marque de passage dans l’âge adulte ».

Génération paradoxale

L’étude conclue alors en disant qu’il s’agit là d’une « génération paradoxale » : « Les Millennials oscillent entre un attachement très fort à des valeurs intemporelles, celles qui ont aidé à construire le monde d’hier… Et une furieuse envie d’en découdre avec l’avenir, de façonner le monde de demain à leur image, portés par un optimisme sans faille et un très grand respect de la valeur travail ».  « Cette ambivalence, ajoute l'étude, est également de mise [dans leur rapport aux marques]. Dans le top 10 des marques préférées des Millennials, les marques qui rassurent côtoient celles du changement. »
Le Bon coin, Snapchat, Facebook, Samsung, Amazon, Google et Bose, synonymes de changement, côtoient Ikea, Decathlon, Lu, Panzani, Kinder, Nutella, et Haribo, associés à des valeurs plus conservatrices. Plus largement, l’authenticité, la transparence et la cohérence des actions sont les trois valeurs les plus importantes aux yeux des Millennials dans leur rapport aux marques.
Commentaires
  • C'est intéressant de comparer notre représentation de nous même avec celle que nous avons de notre génération, pour découvrir le paradoxe de la nouvelle génération.
    En faisant faire l'exercice à chaque génération et en présence des autres générations, on permet d'organiser un dialogue intergenerationnel fructueux dont le premier bénéfice est de prendre conscience de ses a priori pour dépasser les stéréotypes.

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