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IA responsable : vers une tech qui rend des comptes

Avec SAS
© Anshita Nair

L'IA s'est imposée partout, mais la confiance, elle, n'a pas suivi. Biais, opacité des modèles, déficit de gouvernance : la tech ne peut plus se contenter de performer, elle doit rendre des comptes. La responsabilité s'impose désormais comme le vrai avantage compétitif de demain. Décryptage.

Une tribune de Christine Coudert, Vice President Marketing EMEA, SAS

L’IA a beau accélérer, la confiance reste toujours en retrait. L’Europe l’a bien compris : la question de l’IA n’est plus seulement technique, mais sociétale. Ce sont les acteurs qui conçoivent, déploient et exploitent ces technologies qui doivent désormais rendre des comptes et rassurer. Pour restaurer la confiance, la gouvernance s’impose comme l’infrastructure invisible d’une innovation qui veut tenir ses promesses.

Une adoption massive, une confiance conditionnelle

En 2025, 78% des organisations dans le monde utilisent l'IA dans au moins une fonction métier, selon McKinsey. L’IA s'impose et inquiète tout autant. Mais selon une enquête publiée par la Commission Européenne, si la confiance reste forte envers la science, elle se fragilise dès que l’IA influence des décisions sensibles. La centralisation des données, la complexité des modèles et la collaboration homme-machine suscitent une réticence croissante.

Rien d’étonnant : une technologie qui intervient dans notre quotidien engage ceux qui la conçoivent. Le secteur de la tech ne peut plus se réfugier derrière la performance brute ; il doit assumer la responsabilité des modèles qu’il met en circulation. Efficacité et innovation ne suffisent plus, il faut montrer comment les décisions sont produites, selon quelles règles et limites. La responsabilité technologique devient un préalable à l’adhésion et à l’adoption de l’IA.

La responsabilité, nouvel actif stratégique

Une étude d’IDC commanditée par SAS révèle que 78 % des organisations se déclarent confiantes dans leurs systèmes, alors que 40 % seulement ont investi dans une gouvernance. Les risques de cette non-gouvernance sont réels : biais non détectés, décisions difficiles à expliquer, exposition juridique. Les travaux de l’OCDE montrent que les secteurs les plus matures en IA - télécommunications et numérique - ont structuré leurs pratiques de supervision.

La responsabilité devient un avantage compétitif. L’Europe a compris cette dynamique. L’AI Act, adopté en 2024, impose documentation, gestion des risques et supervision humaine pour les systèmes à haut risque. Ce cadre crédibilise l’innovation.

La gouvernance : rendre transparents les choix technologiques

La gouvernance organise la manière dont l’IA est conçue, entraînée et supervisée. Elle exige de retracer les données, identifier les biais, documenter et expliquer les choix techniques tout en maintenant une supervision humaine. Le Comité européen de la protection des données rappelle que l’IA doit rester éthique et alignée sur les droits fondamentaux.

Le superviseur européen (EDPS) insiste sur les analyses d’impact et la transparence, notamment pour l’IA générative. Une IA responsable n’est donc pas parfaite : elle peut être interrogée, expliquée et corrigée. Certaines entreprises européennes qui communiquent sur leur gouvernance montrent que ces pratiques renforcent l’appropriation interne et l’acceptabilité externe.

La gouvernance instille une culture qui reconnaît l’impact social, économique et humain de l’IA. La plupart des États européens convergent vers un principe commun : l’IA doit servir les personnes. Le défi est d’aller au-delà de la conformité minimale pour installer une pratique durable, fondée sur la transparence et la responsabilité. C’est cette maturité qui permettra à la Tech de gagner la confiance nécessaire à une adoption durable.


Cette tribune proposée par notre partenaire SAS a été publiée initialement dans le Livre des Tendances Business 2026 de L'ADN. Pour vous procurer un exemplaire, c'est par ici !

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