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une main robotique sur des touches de piano
© getty images/iLexx

La prochaine star de la musique sera-t-elle une IA ?

KPMG
Le 12 févr. 2019

Les artistes récompensés lors de la cérémonie des Victoires de la Musique 2019 étaient tous humains. Mais d'ici quelques années, les algorithmes et les programmes d’aide à la composition pourraient bien prendre la place des artistes classiques. 

Lundi 5 février 2019, l’orchestre symphonique de Londres a réalisé un spectacle que l'on pensait impossible à faire. En effet les musiciens ont interprété, en entier, la symphonie n°8 de Franz Schubert, également baptisée « la symphonie inachevée ».  À sa mort, le compositeur viennois avait laissé une somme colossale de notes, mais n’avait jamais terminé cette oeuvre. Pour compléter la symphonie, la firme chinoise Huawei a fait travailler ses algorithmes, en s’appuyant sur ses connaissances et son avancée en matière d’intelligence artificielle.

Pour réaliser cet exploit, une puce équipée de réseaux de neurones a compilé en direct l’équivalent d’une bibliothèque remplie de notes et de partitions de Schubert. Un logiciel les restituait ensuite sous forme de bribes de mélodies. Celles-ci étaient transmises au compositeur américain Lucas Cantor, qui les interprétait et guidait l’orchestre symphonique. Une performance qui a nécessité pas moins de neuf mois de travail et de répétitions.

Spotify se met aussi à la musique générée par des machines

À l’instar de Huawei, de nombreuse entreprises s’intéressent de près au potentiel de l’IA pour assister les artistes, notamment dans la phase de composition. C’est le cas du géant du streaming Spotify qui a récemment ouvert à Paris un centre de recherche en intelligence artificielle (le Spotify Creator Technology Research Lab), sous la supervision d’un spécialiste, le français François Pachet.

Véritable vétéran de l’IA au service de la musique, ce dernier avait déjà fait parler de lui au travers de plusieurs projets très médiatisés. Avec Hello World, il avait été le premier à composer un album entier avec une intelligence artificielle. Auparavant, sa start-up Flow Machine s’était associée avec le Sony Computer Science Laboratories Paris pour créer Daddy’s Car, une rythmique pop produite grâce à des algorithmes.

Les GAFAM sont dans la course

Dans le monde, les géants du net ne sont pas en reste. Google dispose de Magenta, une IA de composition musicale. Facebook planche sur un programme similaire. IBM a déjà sorti un single grâce à Watson. Et le chinois Baidu a choisi lui de s’inspirer de l’art pour créer les bandes sons parfaites pour les toiles de maître. De là à envisager que les intelligences artificielles remplacent un jour les artistes, il n’y a qu’un pas… que ne franchirait en aucun cas le spécialiste François Pachet. Cité dans cet article très complet, il se veut rassurant : « Les musiciens électro travaillent déjà avec des machines. [Mais ils] gardent évidemment la main mise sur le partie créative et le choix artistique. » Pour le moment.

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