
Trois productions pour prendre la température des réalités créées par nos usages du numérique.
Eye of the Tiger : ce compte TikTok vous aide à repérer les vidéos générées par IA
Un kangourou animal de soutien psychologique refusé d'accès à un avion, des lapins qui sautent sur un trampoline, un géocoucou (l’oiseau qui a inspiré les cartoons de Bip Bip et Coyote) poursuivi par un coyote sur une route du Nevada… Depuis quelques mois, des vidéos hyperréalistes générées par IA envahissent nos feeds et sèment régulièrement la confusion. Dans ce capharnaüm, Jeremy Carrasco, spécialiste des productions vidéo et des usages de l’IA, fait un travail salutaire. Sur TikTok, il décrypte les vidéos les plus virales du moment et nous donne tous les détails – souvent de petites hallucinations visuelles – permettant de détecter l’usage de l’IA.
ChatGPT parano : voyage absurde au bout des psychoses par IA
Que se passe-t-il quand un bot conversationnel comme ChatGPT vous brosse tellement dans le sens du poil que vous finissez par perdre les pédales ? C’est exactement le pitch du mockumentaire d’Eddy Burback intitulé ChatGPT made me delusional.
Inspiré par les nombreux témoignages évoquant des utilisateurs tombés dans une spirale psychotique à cause du côté sycophante du bot d’OpenAI (surtout la version 4.0), Eddy se lance dans une drôle d’aventure. En discutant avec son IA, il explique vouloir prouver au monde entier qu’il était « le bébé le plus intelligent de sa génération ». ChatGPT, ne reconnaissant pas l’humour absurde, va donc soutenir le vidéaste coûte que coûte, le menant dans un road-trip paranoïaque et régressif dans le désert californien.
Coupé de tous ses proches et exclusivement nourri de petits pots pour nourrissons, il va finir par recouvrir intégralement une chambre de motel de papier d’aluminium ou encore procéder à un rituel de transfert d’énergie avec un rocher, toujours sous le tutorat bienveillant de l’IA.
Beat the meat : qui sont les « gooners », quels sont leurs réseaux ?
Désolé, mais il va falloir parler de « gooning ». Pour ceux qui ont la chance de ne pas encore connaître la réalité derrière ce mot, il s’agit d’une forme de masturbation extrême née pendant le confinement et devenue une véritable subculture sur les réseaux.
Dans un excellent reportage intitulé The Goon Squad publié dans Harper’s Magazine, le journaliste Daniel Kolitz est parti à la rencontre de ces hommes de retarder le moment de la jouissance pour atteindre le « goonstate », un état modifié de conscience proche de la transe.
Derrière cette pratique se cache les sombres écueils de notre époque : la solitude masculine, la place centrale de la pornographie, et surtout la tentation du suicide social.





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