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Les grandes entreprises vont-elles sauver le monde ?
© RyanKing999 via Getty Images

Les grandes entreprises vont-elles sauver le monde ?

Le 9 juill. 2019

Elles ont la puissance, les ressources et une assise internationale. Aujourd’hui, les grandes entreprises sont les mieux placées pour faire face aux enjeux sociétaux. Ok, mais comment ?

Les start-up ne sont plus les seuls leviers du changement. Désormais, pour impulser de nouvelles manières de faire, de produire et de consommer à grande échelle, les grandes entreprises sont incontournables. « Il est clair qu’aujourd’hui, si on veut avoir de l’impact, si on veut véritablement changer les choses à l’échelle mondiale, il faut agir avec celles et ceux qui ont les ressources, qui ont les moyens, qui ont accès au marché et qui font partie des grand groupes », reconnaît volontiers Michel Lévy-Provençal, cofondateur et CEO de Boma, interrogé dans le podcast The Good Galaxy enregistré lors de The Good Day.

Et selon lui, ce n’est que le début d’un mouvement bien plus large. « Nous sommes entrés dans l’ère de la B-Corp nation. Comme disait l’oncle de Spiderman, “avec de grands pouvoirs viennent de grandes responsabilités”. Et il est temps que les grands groupes prennent cette responsabilité en main. » Sans loi, c'est parfois aux grandes entreprises de montrer la voie. Alors on enfile sa cape de superhéros et on se retrousse les manches!

Écoutez l’échange entre Michel Lévy-Provençal et Anne Thévenet-Abitbol, de Danone, avec l’épisode « l’entreprise du XXIè siècle sera citoyenne » de la série  « The Good Galaxy »  enregistré par Binge et l’Agence CLE ici : 

S’appuyer sur l’intelligence collective

Le monde de demain se construit sur des idées neuves. Pour continuer d’inventer des solutions audacieuses, avec un impact positif, les entreprises peuvent mobiliser en interne et s’appuyer sur leurs salariés, à l’image de Danone.

L’entreprise a mis en place trois programmes d’empowerment dont son emblématique programme EVE, conçu pour aider les femmes à progresser en entreprise. « Toute l’idée qui sous-tend Eve, c’est de dire que si on veut des choses, il faut commencer par se changer soi-même, explique Anne Thévenet-Abitbol, directrice prospective et nouveaux concepts chez Danone, qui a mis en place ce programme. Notre point de vue, c’est que nous sommes co-responsables du plafond de verre. Par conséquent, il faut aider les femmes à prendre confiance en elles, à savoir davantage ce qu’elles veulent et à l’exprimer et à aider les organisations, donc la plupart du temps les hommes, à prendre conscience que les femmes fonctionnent différemment. »

Depuis son lancement il y a neuf ans, environ 3 000 personnes ont participé à ce programme, qui n’est pas réservé qu’aux femmes. “En deux jours et demi, on arrive vraiment à transformer les choses”, assure Anne Thévenet-Abitbol. Un déclic qui a permis à certaines de trouver la force d’oser demander une augmentation ou un changement de poste. Autres programmes mis en place par Danone, Octave (qui oeuvre à rapprocher les différentes générations d’une entreprise autour d’une culture commune) et Noé (un séminaire de leadership qui promeut une approche durable et humaniste de l’innovation) participent à cette volonté de faire bouger les choses en s’appuyant sur l’intelligence collective de l’entreprise. Et ce n’est pas un hasard si de multiples initiatives menées par différentes entreprises éclosent un peu partout au même moment.

Le temps de l’action est-il enfin arrivé ?

« On vit un moment clé dans l’histoire de l’humanité. La révolution technologique est majeure, on parle de singularité technologique, et en même temps, il existe d’autres phénomènes : la singularité environnementale et la singularité sociale, note Michel Lévy-Provençal. Face à ces enjeux, il faut agir. » Agir c’est quoi ? « C’est aussi imaginer les futurs possibles. Et pour répondre à cette question, il faut mobiliser le plus de monde possible, réhabiliter l’imaginaire, nous donner la possibilité de réinventer les solutions que nous avons. C’est ce que veut faire Boma. C’est un lieu et un temps qui donne à quiconque la possibilité d’inventer les futurs possibles. »

À écouter ces initiateurs de changement à l’enthousiasme contagieux, on arriverait presque à oublier que toutes les entreprises n’en sont pas encore là ! Certaines rencontrent encore des freins qui les empêchent de s’engager et de mettre en place une transition qui permettrait de réconcilier performance économique, développement durable et intérêt général. « Il n’y a plus d’obstacles externes, le frein est systémique », estime ainsi Arnaud Herrmann, actuel directeur du développement durable du groupe Accor.

Repenser l'impact

Pourtant, ces réticences peuvent être levées. En intégrant la durabilité dans chaque métier pour commencer. Et en optant pour une posture d’humilité. Car créer de l’impact positif au sein des entreprises, cela ne signifie pas forcément renverser la table. « On parle beaucoup des entreprises à mission, qui doivent avoir un impact sociétal. Le problème, c’est qu’on en parle souvent de manière schizophrène, comme si l’impact était une obligation. Or l’impact n’est pas une obligation mais une opportunité, tempère Michel Lévy-Provençal. Si on considère que l’impact positif, autrement dit la capacité à transformer le monde et à trouver des solutions aux problèmes qui nous font face, comme des opportunités de marché, on n’est plus dans cette schizophrénie mais dans une logique où l’impact positif est aussi une affaire de business. » Entreprises, à vous de jouer !

Quatre podcasts pour aller plus loin

Pour aller vers un monde zéro carbone et continuer d’inventer des solutions audacieuses, avec un impact positif, il est nécessaire de donner à chacun les moyens et la liberté d'entreprendre, avec son corollaire, le droit d'échouer. Quatre autres podcasts de la série « The Good Galaxy » en français et en anglais, sur le rôle crucial de l’entreprise et de l’entrepreneuriat à écouter ci-dessous :

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