
Alerte job de rêve ! Pokémon Company recherche un·e scientifique, spécialiste en agriculture et écologie. Cela fait longtemps que Pokémon incorpore la science dans ses univers. L’entreprise en a fait un manuel, Pokécology.
Vous êtes un·e scientifique spécialisé·e en ingénierie et agriculture ? Vous avez une expérience en écologie animale et végétale ? Vous parlez anglais et japonais ? The Pokémon Company a un job pour vous.
Pokécology : le manuel biologique
Ce n’est pas la première fois que la firme collabore avec des scientifiques. Le biologiste Yoshinari Yonehara, doctorant de l’université de Tokyo et spécialiste des comportements animaux, accompagne le développement des créatures depuis au moins Légendes Pokémon : Arceus, en 2021. En 2025, il a publié An Illustrated Guide to Pokémon Ecology – Pokécology. Il est illustré par sa collègue, Chihiro Kinoshita, elle aussi doctorante du programme en biologie environnementale et agricole de l’université de Tokyo. Disponible seulement en japonais, la sortie en anglais de l’ouvrage est prévue pour avril 2026.

En se basant sur les informations du Pokédex, une base de données qui recense tous les Pokémons, leurs caractéristiques et leurs évolutions, il classifie de nouveaux aspects des Pokémons sous la perspective de l’écologie comportementale, présente La Pokémon Company sur son site. « Par exemple, pour les Pokémons répertoriés comme ayant un « territoire », Yonehara a décomposé cet aspect en plusieurs possibilités : comment le Pokémon signale son territoire aux autres, comment il met en garde les intrus potentiels sur son territoire, comment il défend physiquement son territoire, etc. De cette manière, Yonehara a affiné les données sur les comportements et les caractéristiques des Pokémons en s'appuyant sur notre compréhension des créatures qui peuplent notre monde réel. »
Réensauvagement : Pokémon is the new castor
Dans le dernier jeu publié par Pokémon à l’occasion de leurs 30 ans, Pokopia, fini les univers foisonnants des précédents opus. Derrière des allures d’Animal Crossing, le kawaï sert un discours post-apocalyptique. Après avoir provoqué et caché une catastrophe climatique, les humains ont fui dans l’espace. Le joueur incarne Métamorph, un Pokémon capable de se transformer et de prendre l’apparence de ses adversaires – une caractéristique qui, contrairement aux humains, lui permet de comprendre le langage des autres Pokémons.
L'histoire ne livre pas d'emblée ses secrets : on la découvre au fil du jeu, à travers des fragments de journaux intimes, des articles de journaux et des lettres dispersés dans les décors. Ainsi par exemple (attention spoiler), on apprend le rôle des datacenters. « Nous savons tous que les services de streaming musical tant appréciés sont contraints de fermer les uns après les autres en raison de la forte augmentation des frais de serveur partout dans le monde », dit l’une de ces notes.
Dans ce monde de désolation vidé de ses humains, fini les duels pour capturer les créatures. Ici, Métamorph doit restaurer les habitats des Pokémons pour les attirer et recréer un environnement où « les humains et les Pokémons peuvent à nouveau vivre en harmonie ».
Pour la vulgarisatrice scientifique Savannah Geary, le jeu met en scène le processus de réensauvagement. En effet, le·la joueur·se ne met pas en scène un humain chasseur de Pokémons, mais un Pokémon chargé de restaurer l’habitat pour sa propre espèce. « L’idée est de réintroduire ou cultiver une espèce particulière et qui va avoir un effet domino environnemental dans une zone donnée. » Ainsi de la réintroduction des castors, illustre-t-elle, qui non seulement construisent des barrages qui affectent l’humidité des sols, mais permettent également aux espaces d’avoir davantage de soleil, en faisant tomber des arbres pour les besoins de leurs constructions.
Les scientifiques engagés par la firme seront-ils chargés de modéliser les interrelations complexes de nos mondes vivants ? Ce qui est sûr c’est que dans les prochains opus, dont la sortie est prévue en 2027, les Pokémons évolueront dans « l’environnement luxuriant de la région et y ont même développé des écosystèmes uniques », présente The Pokémon Company sur son site. De quoi créer de riches interactions.
Une nouvelle génération de scientifiques
Les créateurs de Pokécology ont pensé leur ouvrage comme « une introduction agréable et utile à l'univers des créatures qui peuplent le monde réel qui nous entoure », présente l’entreprise. Ils donnent d’ailleurs aux enfants un guide d’observation pour faire une classification scientifique de Pokémon.
Le pari semble déjà gagné. En février dernier, à l’occasion des 30 ans de la franchise, le magazine scientifique de référence Nature rencontrait des scientifiques à travers le monde dont le travail a été inspiré par l’univers Pokémon. « Ça a influencé ma vision de ce que les animaux et l’histoire naturelle étaient, avant même que je ne sache ce que sont les animaux dans le monde réel », confie l’un d’entre eux. Après la découverte du monde vivant, sa préservation ?





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