
Des startups, des agences spatiales et des États s'activent pour transformer les astéroïdes en mines à ciel ouvert. Si les opérations « sur le terrain » ne sont pas pour demain, les technologies avancent, les coûts chutent... et les questions restent.
Dans son film catastrophe de 1998, Michael Bay envoie des spécialistes du forage pétrolier dans l’espace placer une charge nucléaire au cœur d’un astéroïde qui menace la Terre. Si le scénario d’Armageddon reste assez fantaisiste, son principe de base – à savoir le forage spatial – n’est plus une idée de science-fiction.
Techniquement, des acteurs sont déjà dans la course. La startup AstroForge a lancé en février 2025 sa sonde Odin avec l'objectif de sonder la surface de l'astéroïde 2022 OB5, situé à 8 millions de kilomètres de la Terre. Le contact avec l'engin a été perdu dès le lendemain du lancement, victime d'une panne de station au sol en Australie. Un revers que la startup revendique comme une étape d'apprentissage : AstroForge prépare déjà Vestri, une mission d'atterrissage sur l'astéroïde. Pour un minage effectif, il faudra cependant attendre un peu, et son fondateur, Matt Gialich, reconnaît qu’il ne devrait pas avoir lieu avant plusieurs décennies.
Partenariat avec la NASA
Cela étant, c’est surtout le bond récent des technologies spatiales qui motive ce regain d'intérêt. L’analyse spectrographique permet par exemple d’identifier plus précisément la composition des astres. Sur la question de l'extraction, la startup TransAstra s'est associée à la NASA pour développer sa technologie de capture d'astéroïdes — un partenariat qui s'est traduit en septembre 2025 par un contrat de 2,5 millions de dollars de l'agence spatiale, dans le cadre d'un financement total de 5 millions de dollars. En toile de fond, les progrès du secteur New Space permettent de diminuer les coûts de lancement.
Pour les nouveaux chercheurs d’or, le jeu en vaut la chandelle. On estime notamment que l'astéroïde Psyche, un des plus gros de la ceinture d'astéroïde, pourrait être constitué à 50 % de métal, ce qui correspondrait à plusieurs millions d’années de production terrestre de fer ou de nickel.
Au-delà de la faisabilité, le sujet pose une question d’ordre légal. Le traité sur l'espace, ratifié en 1967, stipule qu’aucun État ne peut s’approprier l'espace extra-atmosphérique. Mais ce texte fondateur est suffisamment général pour laisser place à toutes les interprétations… Un certain nombre d’États tentent donc de faire avancer le cadre légal, souvent à leur avantage. Le « Space Act » américain signé en 2015 permet ainsi aux citoyens américains de « s’engager dans l’exploration et l’exploitation commerciale des ressources spatiales ». Depuis, le Japon, le Luxembourg ou les Émirats arabes unis ont voté des lois similaires, sans pour autant régler le fond du problème…





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