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Les nouvelles frontières de la santé

Avec AXA
© Julia Caesar

La santé ne se limite plus au corps humain. Entre exposome, One Health et interdépendances planétaires, le rapport prospectif d'AXA dessine les contours d'une médecine élargie, où microplastiques et maladies mentales révèlent les liens invisibles entre environnement et bien-être individuel.

Depuis les années 1990, 97 % de la population de vautours a disparu en Inde à la suite de la démocratisation d’un anti-inflammatoire vétérinaire pour bovins, dont les carcasses constituaient la principale source de nourriture des volatiles. La disparition de ce système d’élimination naturel a favorisé la contamination de l’eau potable et la prolifération des rats et des chiens errants. En conséquence, les cas de rage se sont multipliés, obligeant le gouvernement à mener de coûteuses campagnes de vaccination. Sur le plan culturel, la disparition des vautours a obligé les Parsis - qui laissaient aux oiseaux le soin de consommer leurs morts - à abandonner une coutume ancestrale pour des raisons sanitaires…

Cet exemple parmi d’autres illustre l’émergence d’un nouveau rapport à la santé et aux risques associés. Dans le sillage d’une meilleure compréhension des interdépendances planétaires, les distinctions traditionnelles entre le corps et l’âme, les humains et les animaux ou les individus et l’environnement semblent de moins en moins opérantes. Ce changement de regard pose un certain nombre de questions prospectives pour le secteur de la santé, dont les frontières sont de plus en plus poreuses. Des projections que l’on retrouve au cœur du rapport Et si... nous expérimentions le futur ? , publié en 2025 par AXA.

Une extension du domaine de la santé

« La médecine, c'est un art qu'on exerce, en attendant qu'on le découvre », écrivait le poète Émile Deschamps. Le bon mot prend tout son sens face à l’évolution quotidienne de notre compréhension de la santé humaine. Les progrès scientifiques de ces dernières décennies nous invitent en effet à reconsidérer une forme d’anthropocentrisme sanitaire. Le changement de paradigme est majeur et nous amène à remettre en cause nos certitudes scientifiques mais aussi culturelles. C’est exactement la proposition du rapport Et si... nous expérimentions le futur ? lorsqu'il projette des connexions inédites entre pollutions humaines et propagation des cancers. Dans un scénario dédié, la publication d’AXA imagine un monde dans lequel les microplastiques ont brouillé la ligne qui sépare les cancers des maladies infectieuses. Une autre projection imagine la reclassification des pathologies mentales en maladies inflammatoires, transformant radicalement notre rapport au traitement : la dimension médicamenteuse passe alors au second plan et transforme la santé mentale en sujet sociétal, lié à l’environnement.

Vers une santé planétaire

Ces exemples s’inscrivent dans une vision holistique de la santé, dont les origines peuvent être situées dans les années 1960, lorsque le vétérinaire Calvin Schwabe met en avant des rapprochements entre santé humaine et santé animale. Le phénomène n’a cessé de gagner du terrain depuis et se cristallise dans le concept de « santé planétaire » (imaginé par la Rockefeller Foundation et la revue médicale The Lancet) ou dans le désormais fameux One Health, qui cherche à unifier santé humaine, santé animale et santé environnementale dans un seul mouvement.

Cette approche désilotée et transversale des enjeux sanitaires est au cœur des scénarios développés par AXA. Elle est également centrale dans l’évolution des métiers de l’assurance santé, qui - pour protéger les individus - étendent leur action bien au-delà de l’humain. L’engagement environnemental et les efforts de prévention sont aujourd’hui les deux piliers de cette transformation. La plateforme « Climat et moi » , mise en place par AXA Prévention, illustre ce mouvement. De l’éco-anxiété aux bénéfices de la marche, en passant par l’impact des perturbateurs endocriniens, elle propose des ressources pédagogiques pour mettre en valeur les liens cachés qui unissent environnements et santé.

La boîte à outils du futur

Pour accompagner cette nouvelle compréhension de la santé, un certain nombre de notions émergent et permettent « d’outiller le futur ». Un concept comme l’exposome, qui désigne l’ensemble des expositions auxquelles un individu est soumis tout au long de sa vie, est particulièrement emblématique. Des rayonnements à l’alimentation, en passant par l’air que l’on respire, il permet de cartographier les facteurs d’exposition environnementaux, responsables de 70 % des maladies non transmissibles.

L’exposome illustre également l'extrême complexité des enjeux liés à une vision plus holistique de la santé. Il est aujourd’hui impossible de décrire un exposome complet : le volume, la variété et la complexité des données nécessaires sont trop importants. De nombreux projets se concentrent donc sur des champs plus restreints qui débouchent malgré tout sur des découvertes très concrètes. Du lien entre Parkinson et les pesticides, à l’impact majeur des inégalités socio-économiques sur l’exposome, c’est tout un champ de recherche qui s’ouvre aujourd’hui. Le sujet est par ailleurs un espace d’exploration prometteur pour l’intelligence artificielle, qui formule la promesse d’un traitement automatisé du profil de chaque individu, et donne lieu à l’exploration des premiers modèles algorithmiques.

Alors que nous commençons à peine à comprendre les rapports complexes qui unissent santé individuelle et santé collective, mais aussi santé humaine et santé environnementale, la prospective nous permet de lever les œillères sur le sujet. Elle nous autorise un pas de côté essentiel afin de cultiver notre capacité d’adaptation à ce nouveau paradigme.

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