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Soirée de lancement du Cooperathon vue de haut

Comment réussir sa compétition d'innovation ? En choisissant les bons outils

Le 3 oct. 2018

Educathon, dansathon, techathon, editathon... En matière de compétition d’innovation (hackathon), on pensait avoir tout vu, et pourtant. Le format choisi par la BRED pour son Coopérathon s’annonce prometteur, avec à la clé le lancement de 30 projets à impact social d’ici la fin du mois.

Une compétition qui s’étale sur un mois plutôt que 48h, qui fait intervenir des méthodes très poussées de design thinking. Ce 26 Septembre, le Coopérathon a été lancé simultanément au Québec et en France (Paris, Normandie et Tahiti). De par les méthodes déployées à cette occasion, et les encouragements entendus de la bouche des partenaires de l’évènement, celui-ci se distingue d’ores et déjà des autres compétitions d’innovation auxquelles on a pu assister ces dernières années.

 « Notre époque fait face à de véritables défis. Or ce n’est pas une fatalité », lance en introduction Eva Sadoun, nommée leader inspirante de cette première édition française. Et la co-fondatrice de la pateforme lita.co de poursuivre : « Il faut donner aux citoyens les moyens, les outils, le pouvoir de changer les choses. C’est ce qui va se passer au cours de ce Coopérathon ».

 « Se lancer, expérimenter, s'en sentir capable »

« Quand nous nous sommes lancés, poursuit-elle, à 24 ans, avec mon associé Julien Benayoun, nous n’avions ni millions sur un hedge fund, ni 20 ans d’expérience, ni un réseau long comme le bras ». Et pourtant, leur plateforme de Crowd Equity lita.co fête aujourd’hui son quatrième anniversaire. Finaliste du prix de l’Entrepreneur social et solidaire de l’année, Eva Sadoun clôt son intervention sur un vibrant appel à « se lancer, à expérimenter, à s’en sentir capable ».

L’instant d’après, depuis la proue de bateau qui décore le Comptoir Général à Paris, Lucia Baldino directrice Europe de Desjardins Lab, et Alexandre Dupont-Vernon responsable de l’innovation à la BRED, donnent officiellement le départ du Coopérathon, ce 26 Septembre au soir à Paris.

Tour à tour, ils rappellent qu’au terme de ces 4 semaines, ce sont 30 projets entrepreneuriaux avec un impact fort qui vont voir le jour, Et ce grâce à l’engagement citoyen des personnes inscrites pour cette première édition, et qui prennent de leur temps libre pour venir participer. 

La directrice Europe de Desjardins Lab et le responsable de l'innovation de la BRED au lancement du Cooperathon

« Donner aux citoyens le pouvoir de changer les choses » 

En effet, sitôt les discours terminés, les équipes de MakeSense et du Laptop prennent les choses en main. Pour eux aussi l’enjeu est de taille. Il s’agit de faire dialoguer ensemble les membres de ce public très hétérogène de curieux, de porteurs de projets, de citoyens qui veulent s’engager. Au cœur de la foule, circulent déjà les facilitateurs, reconnaissables à leur T-shirt frappés du logo du Coopérathon.

Pour briser la glace, ceux-ci commencent par distribuer des flyers sur lequel chacun inscrit son nom, le super pouvoir qu’il aimerait détenir et le genre de défi auquel il aimerait apporter une solution. Les encouragements, les premiers éclats de voix se font entendre. 

Le public est ensuite invité à regagner sa « zone ». L’espace a été aménagé de manière à ce que chacune des 4 thématiques Finance, Santé, Environnement et Education aie son espace délimité. Au coeur de chacune de ces zones, la foule se rassemble autour des partenaires de l’évènement, venus en personne présenter les enjeux et apporter leur soutien aux participants : Thomas Derichebourg, pour la partie Environnement, Fabrice Haccoun CEO d’Advanced Schema, pour la Santé, Olivier Lendrevie, Directeur Général Adjoint de la BRED pour la partie Finance, Eric Lamarque Directeur de l’IAE Paris - Sorbonne Business School pour la partie Education. 

Un dialogue respectueux

Après un mot d’accueil et d’encouragement, ils invitent les porteurs de projets, ceux qui sont venus avec une idée plus ou moins précise en tête, à se présenter à voix haute et à « pitcher » leur solution. Munis d’un panneau, ceux-ci inscrivent le nom –provisoire- de leur projet. Ensuite chacun vient y coller sa fiche participant dûment remplie. 

« Personne ne veut proposer un projet autour de la consommation de Patafix et de post-it dans ce genre d’événements ? » plaisante un facilitateur rompu à l’exercice. 

Au cours de cette séquence « speed dating », les facilitateurs veillent à ce que tout le monde prenne la parole, et soit entendu. Les projets les plus aboutis ne doivent pas faire de l’ombre à ceux qui peinent à naître, ou à s’affirmer. Le dialogue s’engage à deux ou à plusieurs. Quand bien même les participants ne s’entendent pas sur le fond ou sur la démarche, tout le monde s’écoute, respectueusement. Des premiers groupes se forment, scellent leur alliance autour d’un verre et se donnent rendez vous samedi matin à 9h au Cargo.

JOUR 1 : le coaching des porteurs de projet  

Samedi matin à 9h, au Nord de Paris. Les participants se pressent devant la porte du Cargo, l'incubateur parisien, mis à disposition par GFi.

Bientôt accueillis et conduits au 6e étage par les facilitateurs de MakeSense et du Laptop. En arrivant, les participants découvrent d’abord la vaste terrasse ensoleillée qui jouxte la grande salle Hublot. Laquelle s’avèrera particulièrement modulable au fil de la journée, et des ateliers. Pour l’heure la centaine de participants massés dans la salle principale écoutent la présentation de Samuel et Pauline, du Laptop. Un café à la main, ils détaillent leur méthode de design thinking. Au programme aujourd’hui : définir le problème auquel doit répondre sa solution et dresser des profils types d’utilisateur.

« Ayez confiance en la méthode » insiste Morgane Soulier, la fondatrice de Feel Eat une application destinée à venir en aide à ceux qui souffrent de troubles alimentaires.

« Ne vous lassez pas de répéter, de pitcher votre projet, pour voir les arguments qui font mouche, pour peaufiner votre argumentaire ». Ses propos font écho au discours des facilitateurs du Laptop juste avant.  En leur apportant une dimension concrète, tangible. 

« N’ayez pas peur de vous faire voler l’idée. Ne la gardez pas pour vous. Au contraire, plus vous allez en parler, plus vous aller l’affiner ». 

Ou encore : « Prenez votre temps, ne vous précipitez pas. Entre l’idée et la réalisation ça prend toujours plus de temps que prévu ». 

Et enfin, « Sollicitez les gens qui sont concernés par cette problématique. » Sur ce dernier point, elle est rejointe par les organisateurs, qui rappellent les critères à respecter pour réussir une interview : Inutile de se tourner vers personnes trop proches, avec qui vous partagez trop de références. Poser des questions ouvertes, etc.

Pour définir les caractéristiques d’un service, il faut bien partir du réel, du vécu 

L’objectif est précisément d’identifier les frictions, les tensions et de mettre le doigt sur d’éventuels points de contact. « Savez vous pourquoi on vous met à disposition des bonbons à la menthe à l’arrière des Uber ? » lance un facilitateur. « Parce que d’expérience, les chauffeurs notent que la majorité des passagers ont l’haleine chargée d’alcool. Pour définir une solution, et les caractéristiques d’un service, il faut bien partir du réel, du vécu », souligne-t-il.

Une immense horloge mécanique trône à la vue de tous : signe que les séquences vont être minutées et que des timers vont retentir à intervalles réguliers.

La phase d'idéation en cours au Cooperathon

Des pitches aux groupes de travail 

C’est particulièrement vrai au moment des pitches. La règle : une minute pas plus. Il s’agit aujourd’hui d’évoquer la problématique à laquelle on se propose d’apporter une solution. Pas de faire trop long sur la solution en elle-même, ce qu’elle peut devenir à terme. « Ne regardez pas trop loin, pensez déjà à ici et maintenant ». Une vingtaine de participants se pressent au micro, pour présenter leur idée en quelques phrases, convaincre, recruter pour compléter leur équipe, voire lancer un appel pour trouver des personnes à interviewer en lien avec leur thématique ». 

Devant les hésitations des uns, l’assurance des autres, la salle se montre bienveillante, et écoute tout le monde avec la même attention marquée. Et malgré le nombre de participants qui occupent l’espace, les étapes s’enchaînent de manière fluide.

Des pitches on passe aux groupes de travail. Les chaises valsent, chacun investit un espace et embraie sur des discussions très animées. Le tout chapeauté par les facilitateurs, reconnaissables à leur T-shirt blanc frappé du logo du Cooperathon. « Allez, on passe à l’étape suivante »

Des méthodes d'accompagnement qui font mouche

Les idées fusent, les regards se croisent les sourires s’échangent. De l’extérieur on croirait tout sauf une séance de travail. Et pourtant. « Vous connaissez Trello ? Sinon on pourrait commencer par se créer un groupe What’sApp » suggère un participant.  

Attentifs au bon déroulé et au respect du timing, les facilitateurs gravitent autour des groupes, veillent à ce que personne ne manque de rien, déplacent les tables, font apparaître du scotch, des post-it, des stylos. Mais surtout, accompagnent la démarche des groupes en train de se former. Des méthodes qui vont laisser des traces, témoigne une participante. Elle estime avoir reçu une véritable formation accélérée qui va lui servir au quotidien dans son travail. 

En attendant, les participants esquissent des réponses à la question « Comment pourrions nous remédier à cette problématique ? » Certains programment déjà des interviews dans la semaine en dehors du cadre du Cooperathon, en prévision de la prochaine étape, Samedi prochain au Cargo consacrée au design de la solution, et qui s’annonce là aussi encore intense. 

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